Diane et Bernard Ménard
Diane et Bernard Ménard

Coronavirus: le couple de Gatinois est finalement guéri 

Le couple de Gatinois qui a été infecté par le coronavirus au cours des dernières semaines sur le paquebot Diamond Princess est finalement guéri. Diane et Bernard Ménard pourront enfin rentrer au Canada.

C’est leur fille Chantal qui a annoncé la « bonne nouvelle » tôt dimanche matin par le biais de son compte Facebook.

« Le médecin a signé l’autorisation pour qu’ils quittent l’hôpital, lance-t-elle en entrevue avec Le Droit. Là c’est la nuit pour eux, mais ce soir, ce sera leur matin et ils seront transportés dans un hôtel où ils attendront leur vol d’avion. »

« Hier, on a appris que ma mère avait passé un premier test négatif, mais elle ne voulait pas qu’on en parle tant que le deuxième test n’avait pas été passé lui aussi, raconte Chantal. On a gardé ça en famille et cette nuit, à 4 h du matin, quand j’ai texté ma mère pour savoir si elle avait du nouveau, elle m’a dit “non”. Sauf qu’elle avait déjà reçu son deuxième test négatif depuis deux heures, mais elle attendait que ma sœur se lève pour nous le dire. À 6 h du matin, on a reçu un appel FaceTime de notre groupe famille et ma mère nous a appris la bonne nouvelle. On va enfin pouvoir reprendre une vie normale. »

Chantal Ménard et sa famille peuvent maintenant se réjouir. Ses parents, Diane et Bernard Ménard, qui avaient contracté le COVID-19 sur le bateau de croisière Diamond Princess au Japon, sont maintenant guéris et devraient être rapatriés au pays au courant des prochaines semaines.

Alors que ses parents ont été placés en quarantaine depuis près d’un mois, Chantal a en effet dû modifier son style de vie pour garder contact avec eux.

« On a vécu les heures du Japon, donc on a vécu à l’envers, explique-t-elle. Il me fallait des médicaments pour vivre avec eux et le jour je ne pouvais pas vraiment dormir. Heureusement, j’ai un employeur flexible qui m’a laissé faire du télétravail, mais c’était difficile sur tout le monde. »

« Honnêtement, pendant un certain temps on pensait vraiment les perdre, poursuit-elle. Dans le temps de Tout le monde en parle, quand mon père a été branché à l’oxygène pendant 4-5 jours et qu’il n’était plus capable de nous parler au téléphone, on pensait vraiment que c’était la fin. »

La compagnie aérienne avec laquelle Diane Ménard, 72 ans, et son conjoint Bernard, 75 ans, seront rapatriés au pays demeure pour l’instant inconnue. Toutefois, leur fille Chantal assure que ce ne sera pas avec Air Canada.

« Ce n’est même pas le gouvernement qui s’occupe du rapatriement, c’est le Diamond Princess », déplore-t-elle. 

Cette dernière se dit d’ailleurs « déçue » de la façon dont le gouvernement Trudeau a géré cette crise sur le paquebot.

« Je suis déçue, oui, mais en même temps, je crois que tout le monde a été pris par surprise, dit-elle. Je pense qu’ils ont mal géré la crise du bateau au début, mais je ne veux pas les blâmer parce qu’honnêtement, c’est une scène de film d’horreur. Je pense que personne ne savait vraiment comment réagir et en plus, ils devaient faire affaire avec les autorités japonaises, ce qui n’est pas évident. Je ne pense pas qu’ils exécuteraient le même plan d’action si c’était à refaire, mais moi, dès le Jour 1, je savais qu’il fallait qu’ils sortent les Canadiens de là. Je n’ai même pas un diplôme universitaire et je voyais ça venir, ça ne prend pas la tête à Papineau pour savoir que ce n’était pas la bonne chose de les laisser là-dedans. »

Le retour de Diane et Bernard Ménard au Canada devrait se faire au cours de la semaine prochaine. Questionnée à savoir si le couple sera mis en quarantaine une fois arrivé au pays, Chantal n’en a « aucune idée ».

« Les seules informations qu’on a aujourd’hui ce sont les détails médicaux qui proviennent de l’hôpital. On n’a aucune information concernant le rapatriement. On devrait en avoir plus lundi matin. »

Chantal et ses proches attendront d’ailleurs quelques jours avant d’avoir un contact direct avec le couple.

« On n’ira pas les voir directement. On espère que s’ils doivent faire une quarantaine, ils la feront à la maison. Comme ça, on pourra aller les voir pour leur dire bonjour à travers la fenêtre », illustre-t-elle en laissant tomber quelques rires.

La famille Ménard, composée de Isabelle, Diane, Bernard et Chantal (de gauche à droite)

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RAPATRIER LES CANADIENS «LE PLUS VITE POSSIBLE»

On pourrait penser qu’une page d’histoire va se tourner pour la famille Ménard, mais ce n’est pas encore le cas pour Chantal Ménard, une mère de famille qui a dû travailler de chez elle depuis le 4 février à travers toutes ses démarches entre le Canada et le Japon alors que ses deux parents ont été placés en quarantaine sur le paquebot Diamond Princess. 

Elle soutient qu’elle n’aura la tête tranquille que lorsque tous les autres Canadiens pris au Japon pourront enfin être rapatriés.

«Une partie de mon cœur est restée avec tous les Québécois et les Canadiens qui sont restés là-bas. J’espère que ça leur envoie un message d’espoir. Je sais que Flavie travaille fort pour Manon Trudel [sa sœur] et son conjoint Julien Bergeron. Je suis là pour eux et pour tous les autres. Il ne faut pas lâcher. Nos Canadiens, il faut les ramener le plus vite possible.»

Pendant son entretien avec La Presse canadienne dimanche matin, on peut comprendre que Chantal Ménard passe par toute une gamme d’émotions. La voix fatiguée, mais avec un esprit combatif, elle ne cache pas avoir eu très peur de perdre ses parents — sa mère souffrant de diabète, d’anémie et d’hypertension et son père étant déjà en rémission de cancer. Ces émotions ont cependant cédé la place au soulagement et aux rires, mais aussi à une grande reconnaissance.

«J’aimerais remercier tout le Québec en entier ! Si vous saviez tous les messages de compassion que j’ai reçus de gens que je ne connais même pas. J’ai vraiment senti que tout le monde était avec nous là-dedans, comme si c’était leurs propres parents et ça me touche beaucoup.»

En attendant de pouvoir éventuellement les serrer dans leurs bras, le couple Ménard aura bien des histoires à raconter. Si Bernard et Diane Ménard sont des habitués des voyages en croisière dans le monde, leur dernier périple en Asie sera sans doute le plus mémorable pour des raisons évidentes.

«On ne parlait pas du virus à ce moment-là lorsqu’ils ont décidé de faire cette croisière en décembre. Ils sont partis le 4 janvier. Ils ont passé un mois en Asie et ils devaient revenir le 4 février [...] On ne les a pas vus depuis les Fêtes ! On a hâte», conclut Chantal Ménard.

Quatre nouveaux cas présumés

Par ailleurs, quatre nouveaux cas probables du nouveau coronavirus ont été identifiés en Ontario, ont annoncé dimanche les autorités sanitaires de la province.

Le bilan de patients atteints du COVID-19 en Ontario s’élève désormais à 15. Trois d’entre eux sont toutefois considérés comme guéris.

Selon les responsables, les quatre patients vivent dans la grande région de Toronto. Tous ont récemment séjourné à l’extérieur du pays. L’un de ces cas est un quinquagénaire demeurant à Vaughan. Son frère a également été atteint du virus après être allé en Iran.

Un autre est un quadragénaire de la région de York qui est revenait de l’Iran. Sa femme était l’un des trois cas dévoilés samedi.

Le troisième patient est un homme âgé de la cinquantaine qui est lui aussi revenu d’Iran, il y a une semaine. Il s’était rendu vendredi à l’hôpital.

Le dernier cas est celui d’une septuagénaire de Newmarket. Elle est récemment allée en Égypte avec une autre personne dont le test au COVID-19 s’est aussi révélé positif.

Tous ces patients ont été placés en quarantaine chez eux.

Avec La Presse canadienne