Actuellement, il n'existe pas de cas dans la littérature de transmission du coronavirus dans un avion.
Actuellement, il n'existe pas de cas dans la littérature de transmission du coronavirus dans un avion.

Coronavirus: la Direction de la santé publique du Québec contacte des voyageurs

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Les autorités de la santé publique du Québec contactent actuellement des personnes qui ont volé d'Istambul à Montréal il y a une dizaine de jours au côté d'une passagère en provenance d'Iran, un cas diagnostiqué de coronavirus.

Seules les personnes qui, dans ce vol d'Air Canada, étaient assises dans les trois rangées devant et les trois derrière la voyageuse sont contactées.

En conférence de presse lundi à Québec, le directeur de la Santé publique (DSP), Horacio Arruda, a justifié cette approche plus ciblée.

«On a fait une analyse des contacts étroits qu'il y aurait pu y avoir dans les segments de vol (...), je pense que c'est “précautionneux” et adéquat, l'avenir nous le dira», a-t-il déclaré, en indiquant que c'est le même type de démarche que pour la tuberculose.

Actuellement, il n'existe pas de cas dans la littérature de transmission de la maladie dans un avion, a-t-il poursuivi, et en outre il ne faut pas «surinquiéter les personnes».

La personne infectée ne savait apparemment pas qu'elle était porteuse du virus, était peu symptomatique et ne s'est pas beaucoup déplacée durant le vol, a-t-il expliqué. Il a ajouté que contrairement à d'autres maladies plus contagieuses comme la varicelle et la rougeole, le Covid-19 est seulement transmissible par gouttelettes.

Les autorités recommandent aux passagers qui ont côtoyé la dame de s'astreindre à un isolement volontaire et de passer des tests, «même si la probabilité qu'ils aient été infectés est faible», a précisé le Dr Arruda.

La femme effectuait un vol Istambul-Montréal, puis Montréal-Vancouver. Les autorités québécoises s'occupent d'entrer en contact avec les passagers qui étaient à bord du vol Istambul-Montréal, tandis que les autorités britanno-colombiennes, qui ont diagnostiqué la voyageuse, ont pris en charge de contacter les passagers à bord du vol intérieur.

Quant à savoir si Air Canada n'aurait pas dû contacter tous les passagers à bord des deux vols, la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, s'est portée à la défense du transporteur.

«La personne ne savait pas elle-même qu'elle était nécessairement porteuse du coronavirus, a affirmé Mme Hajdu à Ottawa. Et pourquoi l'aurait-elle su? Il n'y avait aucune indication en Iran qu'il y avait même un seul cas (au pays).»

La Direction de la santé publique est-elle forcée de revoir ses méthodes et protocoles maintenant que plusieurs nouveaux foyers, dont l'Iran et la Chine, sont apparus hors de la Chine?

«Dans les faits, le risque n'est pas plus élevé, a lancé comme message à la population le Dr Arruda. Au Canada et au Québec, le risque n'est pas très élevé.»

Sur le plan du «portrait épidémiologique», toutefois, il faut admettre que les stratégies pour contenir la maladie sur le territoire chinois sont maintenant dépassées, a suggéré le patron de la santé publique du Québec.

«Vous voyez qu'il y un parapluie, des petits feux d'artifice qui s'installent un peu partout», a-t-il relaté. Trop tard pour empêcher la présence du coronavirus au Canada.

«On va dans un mode de gestion de réduction des méfaits», soit s'assurer que les personnes malades soient correctement prises en charge, que les plus vulnérables ne soient pas exposées au virus, s'assurer que la capacité de traitement et l'organisation des services hospitaliers puissent suivre.

«On n'est pas encore là, mais je vous parle de ce qui pourrait arriver», a-t-il conclu.

Rappelons qu'aucun cas n'a encore diagnostiqué en sol québécois.