Serge Corbin

Corbin de retour!

TROIS-RIVIÈRES — Serge Corbin est de retour! Le Roi de la rivière Saint-Maurice reprendra du service à Cooperstown à la fin du mois, alors qu’il fera équipe avec Guillaume Blais lors la General Clinton Canoe Regatta, première épreuve de la triple couronne dans l’univers nord-américain du canot long parcours.

Corbin, véritable légende, en sera à une première épreuve depuis 2010. C’est une vilaine blessure à une épaule qui l’a gardé sur les lignes de côté durant huit ans. Il a quelques fois tenté un retour mais chaque fois, son épaule le laissait tomber. Cette fois, elle a tenu le coup ce printemps, ce qui a pavé la voie à cette association avec Blais, l’un des meilleurs canotiers de sa génération.
«J’ai recommencé à faire du canot ce printemps pour me garder en forme. J’allais avec les gars sur l’eau, je côtoyais notamment Guillaume. L’épaule va bien, je suis très content. J’ai su que Guillaume n’avait pas de partenaire pour Cooperstown, je lui ai offert qu’on s’entraîne ensemble pour lui donner un coup de main. Au départ, il n’était pas question d’un retour, c’était juste pour l’entraînement. Mais bon, avec le temps, j’ai fini par me laisser tenter», confie Corbin au Nouvelliste.
Blais n’allait certainement pas laisser passer pareille occasion. Corbin est presque aussi renommé dans l’État de New York qu’en Mauricie. Il a 28 titres à son palmarès en 29 présences à Cooperstown! «Ça va être plaisant, je vais revoir plein d’amis. J’ai mis les organisateurs de Cooperstown au courant, tout le monde est emballé là-bas. Une station de radio m’a approché pour me commanditer. C’est un beau cadeau que je me fais, surtout en compagnie de Guillaume. Je pense qu’on va être compétitifs.»
Corbin refuse par contre de faire des plans pour le reste de la saison. Pour l’instant, ce retour n’est que pour Cooperstown. À 61 ans, il ne croit pas être en mesure de se bagarrer pour la tête à la Classique internationale de canots de la Mauricie, une épreuve plus exigeante.
Or Serge Corbin ne se présente sur une ligne de départ que s’il a le feeling qu’il a des chances de finir en avant de la parade. «Cooperstown, c’est une chose. La Classique, une autre! Un jour comparativement à trois, avec des portages, c’est assez majeur comme différence. Je n’ai plus les mêmes jambes qu’à 40 ans», lance-t-il. «Je vais à Cooperstown pour le plaisir. Je n’ai pas d’attente», insiste-t-il.
Et si le duo faisait la pluie et le beau temps à Cooperstown? Se laisserait-il tenter par la Classique?
«Je ne pense pas que ça va arriver! Il y a d’excellentes équipes en lice. Cooperstown, ça reste une épreuve très difficile physiquement. À ma dernière présence là-bas, j’ai eu des crampes après une demi-heure sur l’eau, et j’ai dû composer avec ça pendant huit heures. Quand tu sors d’une épreuve comme celle-là, ton premier réflexe c’est toujours de te demander pourquoi tu t’imposes ça!», rigole-t-il.
«On verra bien ce qui va se passer. Mais Guillaume est un gagnant, moi aussi. C’est sûr que rendu sur l’eau, on va pousser! Je sais par contre que Guillaume a déjà un partenaire pour la Classique. Quant à moi, j’ai prévu aller à la pêche lors de cette fin de semaine-là. Ça m’étonnerait énormément que je change mes plans.»
Le duo Corbin-Blais pourrait réaliser une sortie préparatoire dès ce week-end. «Il y a une course à Cooperstown, une autre à Saint-Gérard-des-Laurentides. Ce serait bien de ramer ensemble une fois en situation de course. On va prendre une décision au cours des prochaines heures.»
Boileau aux aguets
Directeur général de la Classique, Stéphane Boileau va suivre de près les performances de Corbin. En espérant évidemment l’inciter à changer ses plans pour le début septembre!
«J’avais entendu des rumeurs sur un possible retour. Je suis tellement content que ça se concrétise. Corbin de retour, c’est juste magique. On va essayer qu’il étire ça jusqu’à chez nous», affirme Boileau.
«Ça fait quelques années que nous avons amorcé une petite campagne de séduction à son endroit. C’est excitant de savoir que son épaule ne le fait plus souffrir. Il y a beaucoup de compétition en ce moment dans notre sport, plusieurs gars ont de nouveaux partenaires. Imagine un gars comme Corbin qui se mêlerait à tout ça. Personnellement, je suis sûr qu’il serait encore compétitif. La forme physique n’est qu’un atout parmi tant d’autres. L’expérience compte beaucoup dans une compétition de trois jours, la technique aussi. Ce n’est pas un grand secret, nous allons accentuer nos efforts pour qu’il soit avec nous lors de la prochaine édition.»