Gabriel Sansoucy, directeur de la Coopérative solidarité santé Le Rocher, devant l’emplacement où un agrandissement pourrait se produire si jamais son organisme accueillait les services ambulatoires du Centre Laflèche.

Coopérative de solidarité santé Le Rocher: toujours en préparation pour le Centre Laflèche

Shawinigan — Étant donné que les soins médicaux ambulatoires finiront bien par quitter le Centre Laflèche, la Coopérative de solidarité santé Le Rocher se prépare à nouveau à offrir ces services. Pour le moment, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec ne peut toutefois avancer aucune date de publication de ce deuxième appel d’offres.

En séance publique le 9 avril, le conseil municipal de Shawinigan a adopté un projet de règlement prévoyant une modification au zonage afin de permettre «des usages commerciaux liés à la santé au 750, 10e Avenue», dans le secteur Grand-Mère. Il s’agit d’une maison privée acquise par la Coopérative de solidarité santé Le Rocher en novembre 2014, au coût de 105 000 $. À la suite de cette transaction, l’organisme a pu bonifier son stationnement, mais éventuellement, cette propriété pourrait lui permettre d’agrandir sa superficie et d’offrir ainsi les services qui seront transférés du Centre Laflèche un jour ou l’autre.

Cette saga a connu plusieurs rebondissements. Les rumeurs de transformation du service et même de fermeture de l’urgence de l’ex-centre hospitalier Laflèche alimentent l’actualité depuis au moins une dizaine d’années. En 2014, le Centre de santé et des services sociaux de l’Énergie avait publié un appel d’offres pour la création d’un nouveau centre ambulatoire dans le secteur Grand-Mère, afin que Laflèche devienne un centre d’hébergement de soins de longue durée à part entière.

En janvier 2015, coup de théâtre: le CSSS de l’Énergie rejetait les soumissions, prétextant alors des coûts trop élevés. Depuis ce temps, le problème reste entier. Le Centre Laflèche offre toujours des services médicaux ambulatoires et leur déménagement, ailleurs dans le secteur Grand-Mère, demeure en suspens.

En 2017, l’ex-ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, prévoyait l’ouverture d’une superclinique à la Coopérative solidarité santé Le Rocher quelques mois plus tard. Lors de la dernière campagne électorale, les libéraux en promettaient 25 nouvelles à travers le Québec. Or, Trois-Rivières vient de célébrer le premier anniversaire de ce service et rien n’indique qu’une deuxième annonce semblable puisse se dessiner en Mauricie dans un avenir prévisible.

«La masse critique, pour une superclinique, est de 20 000 visites par année, dont 80 % par des patients orphelins», explique Gabriel Sansoucy, directeur de la Coopérative solidarité santé Le Rocher. «Le problème, c’est que nous n’avons pas cette masse critique de patients orphelins dans la région. Beaucoup d’énergie a été mise sur ce dossier, mais peu importe la façon dont les médecins analysaient le problème, ils n’arrivaient pas à répondre aux critères.»

Donc, retour à la case départ en ce qui concerne l’avenir des services ambulatoires du Centre Laflèche, puisqu’ils auraient très bien pu être intégrés à cette superclinique. M. Sansoucy s’attend à ce que le CIUSSS Mauricie - Centre-du-Québec lance un appel d’offres en 2019. Les démarches en cours avec la Ville de Shawinigan permettront à son organisation d’être prête au moment où les propositions seront reçues. Lors de l’assemblée de consultation sur ce projet de modification de zonage, le 29 avril, aucun citoyen ne s’est déplacé à l’hôtel de ville.

«Depuis l’an dernier, le transfert des services de Laflèche est revenu sur le tapis», explique M. Sansoucy. «Ça doit bouger pour libérer l’espace afin que le CHSLD joue son rôle normal. On attend depuis ce temps l’appel d’offres public. Il faut que ça bouge, mais on ne sait pas quand.»

Du côté du CIUSSS Mauricie - Centre-du-Québec, Guillaume Cliche, agent aux communications, réitère que les orientations générales déterminées pour le Centre Laflèche n’ont pas changé. Il ne reste qu’à obtenir quelques validations au ministère de la Santé et des Services sociaux avant de procéder au fameux appel d’offres.

«Nous voulons privilégier que l’ensemble des locaux soient dédiés aux résidents en centre d’hébergement», confirme-t-il. «Les autres services doivent être relocalisés.»

Plus précisément, il s’agit de soins infirmiers, de services médicaux ambulatoires, de physiothérapie, de radiothérapie et du service de prélèvements.

Investissements

La Coopérative de solidarité santé Le Rocher a connu une croissance assez phénoménale en termes d’offre de services depuis son ouverture. En fait, il ne reste présentement que deux locaux disponibles au sous-sol, de 750 pieds carrés chacun.

Pour accueillir les services du Centre Laflèche, il faudrait donc procéder à des travaux d’agrandissement, qui pourraient même inclure la maison acquise en 2014.

Pour le moment, la construction d’une nouvelle clinique d’ergothérapie est débutée au rez-de-chaussée, tandis qu’au sous-sol, une clinique de podiatrie sera aménagée prochainement. Depuis 2017, la coopérative a investi environ un million de dollars dans ses installations. La clinique médicale vient de procéder à l’ouverture de six nouveaux bureaux.

Près de 80 personnes, dont 20 médecins, travaillent dans cet immeuble, qui abritait autrefois une manufacture de chaussures.

«Nous avons 16 nouveaux médecins depuis six ans à Grand-Mère», relate fièrement M. Sansoucy.