Le contrôle des insectes piqueurs est là pour rester à Shawinigan et Trois-Rivières.
Le contrôle des insectes piqueurs est là pour rester à Shawinigan et Trois-Rivières.

Contrôle des insectes piqueurs: Shawinigan et Trois-Rivières poursuivent l'épandage de Bti

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Shawinigan — Alors que Nicolet a récemment décidé d’arrêter le contrôle biologique des moustiques, Trois-Rivières et Shawinigan continueront d’aller de l’avant avec cette pratique.

En appui à cette déclaration, le maire de Shawinigan, Michel Angers, mentionne qu’une grande majorité des Shawiniganais ayant répondu à un sondage mené le printemps dernier s’étaient dits favorables au contrôle des insectes piqueurs.

En effet, l’enquête menée par Cible Recherche qu’avait commandée la Ville avait révélé que 87 % des répondants étaient favorables au maintien de ce service. Précisément, 64 % des répondants avaient exprimé leur accord tandis que 23 % n’étaient ni pour, ni contre. Également questionnés sur leur perception des effets de l’épandage du Bti sur la santé, 75 % des répondants estimaient qu’il ne représente aucun danger. Quant à son impact sur l’environnement, 69 % des citoyens considéraient qu’il n’est pas dangereux. Finalement, 73 % des personnes questionnées avaient affirmé ne pas utiliser de produits pour se protéger contre les insectes piqueurs, et ce, malgré qu’ils étaient 66 %, à reconnaître avoir un inconfort face aux maringouins et aux mouches noires.

«Le sondage était assez clair. Les gens veulent que ça continue, et ce, pour leur qualité de vie. Il y a des personnes qui n’avaient pas mangé à l’extérieur depuis très longtemps et qui peuvent le faire à nouveau», explique le maire.

Ce dernier précise que certains secteurs de Shawinigan se retrouvent littéralement dans la forêt, d’où l’accueil favorable de ses concitoyens pour cette mesure selon lui. De plus, le maire rappelle régulièrement le mécontentement citoyen de 2015, alors que la Ville avait suspendu l’épandage en raison d’un contexte financier serré, comme preuve que les Shawiniganais tiennent au contrôle des insectes piqueurs.

Fait à noter, chaque porte de Shawinigan est imposée d’une taxe annuelle de 39,75 $ pour financer le programme de contrôle. Le contrat a été donné à la firme trifluvienne GDG Environnement.

Rappelons que des propriétaires fonciers du secteur Saint-Gérard-des-Laurentides s’étaient unis contre l’utilisation du Bti le printemps dernier. Lors d’une séance virtuelle du conseil municipal, l’un d’eux avait demandé la tenue d’un registre public pour connaître le nombre de citoyens qui souhaitaient interdire l’épandage de Bti. Il affirmait alors avoir recueilli 53 formulaires d’interdiction dans la portion nord de Shawinigan, et ce, tout juste avant le confinement.

Trois-Rivières 

À Trois-Rivières, il n’est pas non plus question pour le moment de changer la pratique de l’épandage de Bti. Selon Dominic Thibeault, chef de la division environnement pour la Ville de Trois-Rivières, l’épandage du produit demeure encadré tant par le ministère de l’Environnement que par le gouvernement fédéral. Ce dernier reconnaît que la science n’est pas tranchante sur la question de l’impact du Bti sur la biodiversité, mais qu’en s’en remettant à l’encadrement gouvernemental, c’est de cette façon que la Ville de Trois-Rivières applique le principe de précaution.

Les élus ont été invités par des citoyens ayant publié une lettre d’opinion dans nos pages, mardi matin, à assister à la conférence de la biologiste spécialiste en écologie des eaux douces, Ginette Méthot, qui a publié à l’été 2020 un article sur le Bti dans la revue de l’Association des biologistes du Québec, relatant notamment les plus récentes études sur le Bti.

Le maire Jean Lamarche a indiqué, mardi soir, que bien que cette scientifique dit s’appuyer sur la science indépendante, la Ville s’appuie pour sa part sur les deux paliers de gouvernement qui encadrent cette pratique. La Ville rappelle, par ailleurs, que le plus récent sondage mené en 2019 sur le taux de satisfaction quant à ce service indique que 70% des répondants se disent satisfaits ou totalement satisfaits du service d’éradication des insectes piqueurs.