Le Congrès national extraordinaire du PQ se déroule jusqu'à dimanche au Centre d'événements et de congrès interactifs de Trois-Rivières.

Congrès du Parti québécois: des militants de la région optimistes

TROIS-RIVIÈRES — Le Parti québécois (PQ) a choisi Trois-Rivières pour mener son congrès national extraordinaire, la fin de semaine dernière. Samedi et dimanche, les militants et députés du parti étaient invités à se prononcer sur le projet de modernisation du parti, qui consiste à revoir ses bases. C’était également l’occasion pour les militants, notamment ceux de la région, de réfléchir à des manières de donner un nouveau souffle au parti, qui a fait une piètre performance aux dernières élections provinciales et a été relégué au rang de troisième groupe d’opposition.

Loin de se décourager, des militants de la région espèrent surfer sur la vague bloquiste qui a déferlé sur le Québec en octobre, lorsque le Bloc québécois a fait élire 32 députés. Par ailleurs, même si le gouvernement élu en 2018 au Québec a été formé par la Coalition avenir Québec (CAQ), certains militants péquistes voient des similitudes entre les deux partis.

«Pour leurs mauvaises idées, si on parle des maternelles quatre ans et de tout ce qui est immigration, j’ai l’impression que c’est l’ADQ (qu’on voit), précise Jérôme Gagnon, président de l’association du PQ dans la circonscription de Nicolet-Bécancour. Mais quand ça gouverne bien, j’ai l’impression que c’est le PQ qui gouverne. Alors oui, ça peut nous faire mal (au PQ), mais une chose est sûre: c’est qu’on est indépendantistes et qu’on n’a pas peur de le dire.»

De son côté, Yves Rocheleau, ancien député du Bloc québécois dans Trois-Rivières et désormais président de l’association du PQ dans cette même circonscription, croit également que l’élection de la CAQ, même si elle s’est faite au détriment du PQ, peut avoir du bon pour ce dernier. «Il y a un sentiment de fierté renoué avec l’élection de la CAQ, alimenté par la victoire magistrale du Bloc, affirme-t-il. Ce que je trouve intéressant, c’est que les gens savent écouter au bon moment. À la dernière élection fédérale, les Québécois étaient à l’écoute, notamment sur le plan de la laïcité, et ils ont compris à quelle place il fallait qu’ils s’enlignent pour préserver l’avenir (du Québec).»

Le PQ comptait d’ailleurs remettre le projet de souveraineté à l’avant-plan dans son programme, alors qu’il a à plusieurs reprises dans le passé été remis aux calendes grecques. M. Rocheleau abonde dans ce sens et croit plus que jamais que le Québec n’a pas sa place au sein du Canada.

«La logique centralisatrice du système canadien, c’est une logique qui fait l’affaire de tous les Canadiens, de toutes les provinces, sauf du Québec, parce qu’on est une société francophone en Amérique qui n’a pas d’avenir décent au sein de ce pays-là. Si on continue là-dedans, c’est sûr qu’on va disparaître. On va tellement être affaiblis qu’on va devenir un gros Nouveau-Brunswick, l’Acadie et bientôt, la Louisiane», soutient-il.

Yves Rocheleau (à gauche), ancien député du Bloc québécois et président de l’association du PQ dans la circonscription de Trois-Rivières, et Jérôme Gagnon, président de l’association du PQ dans la circonscription de Nicolet-Bécancour.

Le défi de la relève

La dernière élection de députés péquistes dans la région remonte au 4 septembre 2012. Il ne restait alors que Noëlla Champagne, dans Champlain, et Luc Trudel, dans Saint-Maurice, pour représenter le parti en Mauricie, alors que sur la rive sud, dans Nicolet-Bécancour, Donald Martel a délogé Jean-Martin Aussant, ancien député péquiste qui avait quitté le parti pour fonder Option nationale. En octobre 2018, le PQ a connu sa pire défaite depuis 1976. Jérôme Gagnon met toutefois en garde ceux qui affirment que le parti ne se relèvera pas, en prenant comme exemple le Bloc québécois, dont la députation avait chuté drastiquement en 2015 et qui a failli perdre les quelques élus qu’il lui restait en raison d’une crise de direction.

«Arrêtons d’annoncer la mort des partis politiques, laissons les gens décider de ça. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé avec le Bloc», affirme-t-il.

Il assure par ailleurs que l’association qu’il préside se porte à merveille et accueille de nouveaux membres. Il reconnaît néanmoins qu’attirer et impliquer de jeunes militants est un défi dans Nicolet-Yamaska.

«C’est sûr qu’on a un défi supplémentaire: on n’a pas de campus ni de collège. Les gens qui militent dans les universités et les cégeps, on ne les a pas, alors c’est plus difficile d’aller les chercher. Avec les réseaux sociaux, c’est un plus, mais c’est un combat: les gens ne veulent pas nécessairement avoir une carte de membre, mais on peut aller les chercher avec des principes, des idéaux et ils viendront se joindre à nous au moment opportun», espère-t-il.

M. Gagnon croit également que l’âge des militants n’est pas le facteur le plus important dans le renouvellement du parti.

«Sur l’exécutif de Nicolet-Bécancour, il y a quatre nouveaux conseillers qui n’ont jamais milité, mais qui sont des gens dans la cinquantaine. Ce sont des gens qui se disent: c’est le moment de le faire. Ce n’est pas une question d’âge pour aller chercher des militants, c’est plus large», soutient-il.

Le militant ajoute avec humour que bien qu’il ne soit âgé que d’une trentaine d’années, il se considère comme un «membre d’expérience» au sein du parti.

M. Rocheleau affirme que la situation est comparable dans l’association de Trois-Rivières. «À la dernière assemblée générale, il y avait plusieurs nouvelles figures, dans la trentaine et même plus jeunes. Ce n’est pas pour dire qu’on n’a pas de besoin dans ce sens-là (de trouver de jeunes militants), mais ça va mieux que ça allait. Il y a beaucoup de jeunes au PQ, qui prennent une belle place. Je suis confiant là-dessus», assure-t-il.