Des infirmières du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont manifesté devant le bureau de Sonia LeBel, à Trois-Rivières, pour réclamer de meilleures conditions de travail.
Des infirmières du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont manifesté devant le bureau de Sonia LeBel, à Trois-Rivières, pour réclamer de meilleures conditions de travail.

Conditions de travail des infirmières: «On a peur que le réseau finisse par ne plus fonctionner»

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Des infirmières du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont manifesté devant les bureaux de la présidente du Conseil du trésor et députée de Champlain, Sonia LeBel, jeudi matin, pour réclamer de meilleures conditions de travail, alors qu’elles sont en négociations pour le renouvellement de leur convention collective.

Répondant à l’appel du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (SPS MCQ-FIQ), elles ont dénoncé le manque d’équipements de protection individuelle, le nombre élevé de démissions et de départs en congé pour maladie et le recours élevé aux heures supplémentaires, obligatoires et volontaires.

Rappelant que 247 professionnelles en soins ont remis leur démission ou sont parties à la retraite ces derniers mois dans la région, la présidente du SPS MCQ-FIQ craint carrément que le réseau de la santé dans la région ne puisse plus répondre aux besoins de la population.

«On a peur que le réseau finisse par ne plus fonctionner. Quand la COVID a commencé, beaucoup d’employés ont été retirés parce qu’ils ont été contaminés. Comment va-t-on faire pour donner des services? On était au printemps et là, on s’en va vers la période hivernale, où les urgences sont pleines, avec la période de la grippe. Ça nous inquiète. Et on veut arrêter de perdre des gens qui partent sur l’assurance-salaire, qui ne sont plus capables de travailler parce que le système de santé les a rendu malades», souligne Nathalie Perron.

Cette dernière indique par ailleurs que 176 employées de la catégorie un, soit les infirmières et les inhalothérapeutes, ont contracté la COVID-19 depuis le début de la pandémie.

«Les gens qui tiennent le réseau à bout de bras, pour qu’ils continuent à le faire, ça prend les conditions pour. C’est pour notre survie, mais aussi pour celle du réseau de santé public», affirme-t-elle.


« On veut arrêter de perdre des gens qui ne sont plus capables de travailler parce que le système de santé les a rendu malades. »
Nathalie Perron, présidente du SPS MCQ-FIQ

Le danger de pratiquer

L’action organisée jeudi matin visait également à souligner le deuxième anniversaire de l’accession de la Coalition avenir Québec (CAQ) au pouvoir. Or, selon le SPS MCQ-FIQ, plusieurs promesses électorales de la CAQ en matière de santé n’ont toujours pas été tenues, notamment la fin du recours aux heures supplémentaires obligatoires, une pratique qui demeure courante dans la région, selon les syndicats du réseau de la santé. Le ratio trop élevé de patients par infirmière est aussi dénoncé. Ces facteurs font en sorte qu’exercer la profession d’infirmière est devenu dangereux, tant pour les travailleuses que pour leurs patients, d’après Mme Perron.

«Si des fautes sont commises parce qu’on ne travaille pas dans de bonnes conditions, on peut perdre notre droit de pratiquer. C’est une source de stress pour les professionnelles. On a une formation, mais on n’est pas capable de donner des soins comme on nous a montré à le faire», indique-t-elle.