Le maire de Shawinigan maintient que l’échantillonnage pour mesurer la consommation d’eau potable à Shawinigan ne vise pas à identifier des comportements discutables.

Compteurs d’eau à Shawinigan: «C’est contre mes valeurs!»

Shawinigan — Alors que la Ville de Shawinigan se prépare à procéder à une sélection aléatoire de propriétaires immobiliers pour l’installation de compteurs d’eau résidentiels, le maire, Michel Angers, assure que la démarche annoncée à l’automne 2015 ne vise aucunement à étendre cette politique à l’ensemble de la population.

Au cours des dernières semaines, l’administration municipale a relancé sa demande pour desservir 380 unités sur le territoire. L’exercice vise à estimer avec le plus de précision possible la consommation à Shawinigan, afin de se conformer aux objectifs de la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable.

À la fin mars, il manquait encore 240 unités résidentielles pour compléter l’échantillon visé. En séance publique mardi, M. Angers a voulu rassurer la population en réfutant complètement l’hypothèse selon laquelle la Ville ouvrait une porte pour éventuellement exiger l’installation de compteurs d’eau à l’ensemble de la population.

«Notre objectif, pour toucher notre part de la taxe d’accise, est de se plier à la volonté du gouvernement, qui nous demande d’en installer 380», explique-t-il. «Nous avons voulu être originaux en cherchant des volontaires. Depuis la deuxième demande, quelques-uns se sont manifestés, mais ça ne se pousse pas aux portes. C’est pour ça que je devais faire une mise au point.»

«Il n’est pas question, sous aucune considération, qu’on mette des compteurs d’eau (pour tout le monde). C’est contre mes valeurs! L’eau potable est un bien public. C’est la responsabilité de chacun de faire en sorte d’économiser au maximum l’eau potable. Nos jeunes nous poussent dans le dos, les gens sont conscientisés. Notre stratégie fonctionne, puisque nous réduisons notre consommation. Mais si on ne le mesure pas, on perd notre argent. Je dis donc aux gens de ne pas avoir peur.»

Les citoyens intéressés ne doivent rien défrayer. La Ville assure qu’elle n’utilisera pas les données recueillies pour facturer toute consommation abusive ou pour cibler des comportements qui contreviendraient à la réglementation municipale. Le maire insiste, il ne s’agit que d’un outil de mesure.

«Jamais, jamais je n’accepterai un principe de compteurs d’eau. Jamais!», réitère-t-il.

Lors de la séance publique de mardi, le conseiller du district des Montagnes, Claude Grenier, a présenté un avis de motion pour l’adoption prochaine d’un règlement sur la fourniture et l’installation de compteurs d’eau. C’est à ce moment que le maire a tenu à faire cette mise au point.

La Ville accepte les inscriptions sur une base volontaire pour faire partie de cet échantillonnage jusqu’au 12 avril. Selon toute vraisemblance, elle ne parviendra pas à recruter les 380 unités requises de cette façon. Elle procédera donc à une sélection aléatoire, puis à l’installation de ces compteurs d’eau.

Il semble que les propriétaires choisis au hasard pour compléter l’échantillonnage pourront difficilement contester leur sélection.

«Nous avons la possibilité d’indiquer qu’on doit permettre l’installation», souligne François St-Onge, directeur des communications à la Ville.

«Nous avons une obligation de résultat envers le ministère (des Affaires municipales et de l’Habitation). Nous n’avons pas le choix. Peu importe le moyen, nous devons fournir un échantillon.»