Sur la photo, on voit de gauche à droite Nathalie Garon, directrice du programme jeunesse-famille, Robert Levasseur, directeur de la protection de la jeunesse et Carol Filion, président-directeur général par intérim du CIUSSS MCQ.

«Comme DPJ, c’est inacceptable»

TROIS-RIVIÈRES — Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) et le Directeur de protection de la jeunesse ont tenu à faire leur mea culpa sur les services fournis aux enfants placés en familles d’accueil dans la région.

Tant Carol Filion, pdg par intérim du CIUSSS MCQ, que Robert Levasseur, directeur de la protection de la jeunesse, ont reconnu que les services n’avaient pas toujours été à la hauteur. «Nos enfants, nos familles, doivent pouvoir compter sur le meilleur soutien qui soit lorsqu’ils font face à des difficultés. Je constate que cela n’a toujours pas été le cas et ça me dérange profondément», a déclaré Carol Filion.

Même son de cloche de la part de M. Levasseur. «Les recommandations sont claires et témoignent que nous n’avons pas été en mesure d’offrir des services exemplaires. Comme DPJ, c’est inacceptable», a-t-il ajouté.

Des changements ont d’ailleurs déjà été apportés et ce, depuis l’annonce de l’enquête de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Les critères de sélection des familles d’accueil ont notamment été resserrés et le soutien qui leur est accordé aurait également été amélioré. On promet maintenant de suivre les recommandations afin de transformer l’offre de services afin d’enrayer des situations non souhaitées.

Ainsi, le CIUSSS a annoncé que 70 à 80 postes dédiés à l’intervention de nature psychosociale seront créés et viendront s’ajouter aux 200 intervenants qui oeuvrent déjà dans ce secteur et ce, afin d’éviter des coupures de services comme cela a été le cas. Déjà, des discussions sont en cours avec le ministère afin d’obtenir les fonds nécessaires.

Le CIUSSS promet aussi de travailler en collaboration avec son partenaire syndical. «On va bonifier le soutien clinique pour qu’aucun de nos intervenants ne se retrouve seul face à une décision d’une grande complexité qui va transformer la vie d’un enfant. Il pourra compter sur l’appui d’un expert», a expliqué M. Filion. Plus encore, des mesures seront mises en place pour améliorer les conditions de travail, les rendre plus stimulantes et attrayantes.

Un programme de formation continue sera aussi élaboré avec les familles d’accueil pour les aider dans leurs tâches. On tentera également de valoriser la contribution sociale et l’action des familles d’accueil pour avoir un plus large potentiel. Enfin, le CIUSSS s’engage à faire des rapports régulièrement des gestes qui seront posés et des résultats.

M. Levasseur a pour sa part annoncé que les postes seront rehaussés, que les intervenants plus expérimentés sur le terrain seront appelés à soutenir les jeunes dans les premières années de leur carrière. Il entend également susciter davantage la participation des parents et de leurs familles pour améliorer les services. «Trop souvent, on a parlé de l’enfant et non pas avec l’enfant. C’est une chose qu’on veut remédier le plus rapidement possible», a-t-il déclaré.

Des mesures seront aussi déployées pour améliorer la qualité des plans d’intervention. L’objectif est de retrouver l’équilibre et la sécurité auprès des enfants. «Nous devons prendre les recommandations avec sérieux et comme un levier d’amélioration. Je suis entré en poste en octobre dernier et pour moi ces recommandations touchent l’ensemble des services de la DPJ», a-t-il ajouté tout en précisant qu’il allait respecter les délais de la Commission.

Quant à savoir ce qui a pu se passer au cours des dernières années pour expliquer de telles lacunes dans les services, M. Filion, qui est également nouveau en poste, estime ne pas avoir les réponses à cette question. Il affirme par contre avoir pris acte du rapport dont il vient d’obtenir une copie. «On s’est surtout attardé à mettre en place des actions qui nous permettent de regarder vers l’avenir», a-t-il conclu.