FRANÇOIS GERVAIS

«Combien vaut le rôle d’un élu?»

TROIS-RIVIÈRES — Après avoir procédé à une révision salariale répartissant les primes lies à certaines fonctions de façon équitable entre tous les élus, le conseil municipal de Trois-Rivières mandatera un expert pour étudier divers scénarios, dont celui d’une augmentation salariale. La décision en ce sens ne sera cependant pas prise avant l’élection du nouveau maire ou de la nouvelle mairesse, le 5 mai prochain.

Cette étude, qui devrait être réalisée au cours des prochaines semaines, veillera par ailleurs à considérer un ensemble de facteurs liés à la rémunération des élus municipaux, dont la prime de transition réservée aux élus municipaux ayant siégé au moins 24 mois au conseil municipal.

La mairesse par intérim, Ginette Bellemare, a confirmé mardi soir, en marge de la séance publique, l’intention du conseil municipal de mandater un expert en ressources humaines pour mener cette étude. «Ce qu’on veut déterminer, c’est combien vaut le rôle d’un élu? Présentement, avec nos nouvelles fonctions, la distribution des tâches aux différents comités de travail et la diminution du nombre de conseillers, c’est une moyenne de 41 heures par semaine que les conseillers consacrent à leur tâche pour la Ville», fait-elle remarquer.

Rappelons que selon la loi provinciale sur le traitement des élus, les élus municipaux au Québec touchent des allocations de départ lorsqu’un élu quitte ou est défait, après avoir siégé 24 mois au conseil municipal. Cette loi prévoit également des allocations de transition, dont le calcul est prévu par Québec, mais dont l’application demeure à la discrétion de chacune des municipalités.

Le conseil municipal a d’ailleurs été interpellé à ce sujet par un citoyen, Pierre Lanouette, en séance publique. Ce dernier a soulevé la question portant sur les élus qui sont défaits ou qui ne se représentent pas, qui touchent une allocation de transition, et peuvent ensuite se représenter à une autre élection. Il a notamment cité l’exemple du candidat à la mairie, Jean-François Aubin, de même que l’ancien conseiller municipal Guy Daigle, qui a songé à se lancer dans la course avant de se désister, «mais qui aurait tout le loisir de se présenter en 2021», note ce citoyen.

«Je considère que c’est inacceptable», a-t-il indiqué, réclamant que le conseil municipal abolisse le plus rapidement possible ces primes de transition.

Toutefois, le conseil municipal attendra les conclusions de l’étude qui sera menée prochainement, et surtout l’élection du 5 mai prochain avant de prendre position sur la question. Le conseiller municipal François Bélisle a fait remarquer qu’il sera aussi intéressant d’entendre les différents candidats et candidates à la mairie se prononcer sur cette question.