La scène était empreinte de réalisme.

Collège Shawinigan: 11 professions collaborent à une simulation plus vraie que nature

SHAWINIGAN — Un système d’alarme crie à tue-tête dans la Maison des jeunes, près du Collège Shawinigan. De la fumée s’échappe des fenêtres. Soudainement, une détonation fait bondir les témoins qui assistent, impuissants, à la scène. Peu à peu, des jeunes, certains horriblement brûlés, sortent de l’édifice en titubant. Certains aident leurs amis à s’extirper de cet enfer. Il y a malheureusement un mort et plusieurs grands brûlés.

À mesure que les secours arrivent, des parents et amis fous d’inquiétude accourent vers la scène, cherchant l’être cher parmi tous les blessés en hurlant son nom de toutes leurs forces. La situation a beau être fictive, elle est bien rendue et donne froid dans le dos.

C’est la simulation annuelle d’une catastrophe d’envergure organisée par le Collège Shawinigan. L’objectif est d’offrir à une centaine d’étudiants en soins infirmiers soins préhospitaliers d’urgence, technologie d’analyse biomédicale et agents administratifs dans le réseau de la santé et en arts, lettres et communication une occasion de mettre en pratique leurs apprentissages dans des conditions qui se rapprochent le plus de la réalité.

Les «blessés» ont été acheminés au Centre virtuel d’immersion clinique du Collège Shawinigan où les étudiants ont mis leurs connaissances à l’épreuve.

Encore cette année, le coordonnateur du CVIC au Collège, Luc Grenier, n’a pas ménagé les efforts pour impliquer le plus de partenaires possible dans l’événement, des partenaires qui ont accepté de se prêter au jeu. Airmédic est venu avec son hélicoptère pour transporter des blessés graves vers Québec. La Sûreté du Québec, le Service d’intervention d’urgence civile du Québec (SIUCQ) de même que les pompiers de Saint-Boniface, du Centre Mékinac et autres municipalités voisines ont pris part au projet.

Pour la toute première fois, cette année, une trentaine de finissants du domaine de la santé, dont des médecins résidents du CIUSSS-MCQ, des étudiants en technique d’inhalothérapie et anesthésie du Collège Ellis et les futures infirmières auxiliaires et préposés aux bénéficiaires du Centre de formation Bel Avenir étaient de la partie.

La scène étant d’un très grand réalisme, notamment parce que les acteurs et actrices avaient été maquillés en grands brûlés, pour l’occasion, par les élèves de 4e secondaire du Séminaire Sainte-Marie dans le cadre du cours de maquillage supervisé par l’enseignant Pierre Duplessis.

Des professionnels et étudiants de onze professions ont été impliqués dans la simulation.

Le Collège a avisé les résidants voisins que cette simulation aurait lieu lundi. «On met beaucoup d’énergie dans le réalisme parce que le cerveau enregistre quand c’est réaliste», souligne M. Grenier.

Rappelons que le Collège possède un petit hôpital, le Centre virtuel d’immersion clinique, où plusieurs «blessés» ont été acheminés et «traités» en bonne et due forme par les étudiants.

«Cette année, onze professions ont travaillé en collaboration», se réjouit Luc Grenier. «C’est énorme à orchestrer et pour le processus d’apprentissage», explique-t-il. Chaque étudiant participant devait en effet connaître son rôle et savoir jusqu’où pouvaient aller ses interventions, explique-t-il.

Les pompiers ont dû procéder au triage des blessés en séparant les personnes encore capables de marcher des blessés plus graves.

Le Collège avait prévu de nombreuses surprises, tout au long de la simulation. Les étudiants et les participants ne savaient pas à quoi s’attendre et tout le monde a donc dû utiliser sa formation pour intervenir comme ils l’auraient fait en situation réelle. «On n’avait pas tout dit à nos partenaires», indique M. Grenier.

À la fin de l’événement, tout ce beau monde a été invité à un débreffage et par la suite, à un travail d’analyse en équipe, question de voir si chacun des professionnels est allé au bout de son intervention.

Raynald Leclerc, directeur général du SIUCQ Mauricie, était présent avec l’autobus-hôpital de l’organisme. Cet organisme, implanté dans une cinquantaine de municipalités au Québec, vient en aide aux premiers secours en se chargeant du périmètre de sécurité, du contrôle routier, de la prise en charge des sinistrés et même de premiers soins, parmi autres interventions. Pour eux, tout comme pour les autres intervenants, l’exercice était bienvenu a souligné M. Leclerc.