Quelle équipe occupera le futur colisée de Trois-Rivières?
Quelle équipe occupera le futur colisée de Trois-Rivières?

Colisée: le promoteur d'une équipe de la ECHL se dit inquiet que son projet soit écarté par le maire

Steve Turcotte
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Froissé par l’attitude du maire Jean Lamarche, Dean MacDonald a décidé d’interpeller directement les conseillers de la Ville de Trois-Rivières jeudi matin.

Le promoteur du projet d’installer un futur club-école du Canadien de la ECHL dans le nouveau Colisée a eu des nouvelles du maire jeudi matin, plus de trois semaines après avoir déposé son projet. Or la discussion a été très brève selon MacDonald. Plutôt que de l’inviter à négocier les modalités de l’utilisation du nouveau Colisée, Lamarche lui aurait dit que son projet était simplement écarté.

«À ma surprise, j’ai reçu un appel du maire Lamarche me disant que la Ville de Trois-Rivières avait décidé de prendre une autre direction. Pour ma part, je lui ai demandé de pouvoir s’asseoir ensemble le plus vite possible avec le conseil et les autres parties impliquées afin de travailler à développer un partenariat créatif», a expliqué l’homme d’affaires des Maritimes, déjà propriétaire des Growlers de St.John’s dans la ECHL, affiliés aux Maple Leafs de Toronto.

Dans son envoi, MacDonald réitère son désir de collaborer avec les Patriotes de l’UQTR et le hockey mineur. Il a également attaché l’envoi au maire le 14 novembre dernier, qui comprenait deux documents dont la fameuse lettre officialisant l’appui du Canadien de Montréal.

Selon plusieurs sources, le maire aurait plutôt fait son choix vers le projet des Patriotes de l’UQTR, projet notamment piloté par le PDG du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, un scénario sur lequel le conseil serait appelé à voter en séance publique, mardi.

Dean MacDonald.

Joint par Le Nouvelliste vendredi après-midi, MacDonald a préféré attendre avant de commenter à nouveau. «J’ai effectivement fait parvenir mon dossier à tous les conseillers afin qu’on soit tous sur la même page. Maintenant, par respect pour eux, je préfère voir les développements avant d’émettre d’autres commentaires. J’espère sincèrement qu’on m’invitera à négocier à Trois-Rivières. Je suis prêt à prendre le prochain avion.»

Lamarche nuance

Le courriel envoyé au conseil par Dean MacDonald est toutefois nuancé par le maire Jean Lamarche, qui réfute avoir balayé son projet du revers de la main. Selon le maire, il lui aurait plutôt demandé de préciser son plan d’affaires et, surtout, de démontrer par écrit comment le club de la ECHL serait viable dans le marché trifluvien. Une demande qui est restée sans réponse, jusqu’au courriel de vendredi matin.

Jean Lamarche indique avoir présenté, mercredi, l’ensemble des scénarios aux conseillers municipaux. Ces derniers lui ont demandé de tenter de nouvelles discussions avec Dean MacDonald, histoire d’avoir un portrait complet et de s’assurer de bien vider la question. «C’est ce que j’ai fait», assure Jean Lamarche.

Le maire de Trois-Rivières n’a pas l’intention d’exposer sur la place publique l’ensemble des démarches et des négociations. À savoir si Dean MacDonald aurait bel et bien demandé d’assurer la gestion du colisée, Jean Lamarche a simplement rappelé que lors de sa visite au mois d’août, M. MacDonald était accompagné de Marc-André Bergeron, qui s’est associé depuis à son projet, mais également d’un gestionnaire de bâtiments.

Il signale par ailleurs que la missive envoyée par l’organisation du Canadien mentionne l’intérêt du club pour Trois-Rivières ce qui, selon lui, ne devrait pas empêcher que la Ville peut de son côté poursuivre les discussions avec le club si cet intérêt est bel et bien réel.

Selon nos informations, les demandes du promoteur auraient aussi évolué au fil du temps, ce que Jean Lamarche a toutefois refusé de confirmer.

Le maire n’était pas en mesure, vendredi après-midi, de dire si d’autres discussions auraient cours, ou si une nouvelle rencontre avec le conseil, qui doit se prononcer mardi sur le scénario retenu, sera convoquée. Il s’affairait à joindre l’ensemble des conseillers afin de discuter avec eux de ces nouveaux développements.

Conseil

La réception de ce courriel a certainement fait réagir au sein du conseil, à commencer par la conseillère municipale Valérie Renaud-Martin, qui se demande si l’ensemble du dossier a été présenté aux conseillers mercredi. «Je veux en savoir plus sur l’offre de M. MacDonald, ça m’intéresse. Ce que j’ai lu là-dedans n’est pas l’ensemble de ce que nous avons eu comme information», déclare-t-elle.

Mme Renaud-Martin souhaite que les discussions avec le promoteur se poursuivent, elle qui croit qu’on ne peut pas rejeter aussi rapidement un projet associé aux Canadiens de Montréal. «Si effectivement, on a démontré cette fermeture au projet, je ne trouve pas ça approprié. Ça me dit que la discussion n’a pas été jusqu’au bout, et je veux qu’elle se poursuivre jusqu’au bout. Peut-être qu’au final, ce sera effectivement l’autre scénario qui sera le meilleur, mais peut-on creuser la question», se demande la conseillère, qui souhaite aussi qu’on envisage la cohabitation des équipes si ce scénario est viable.

«On doit voter mardi. Mais là, je me demande sérieusement sur quoi je vais devoir voter», ajoute-t-elle, espérant avoir de nouvelles informations d’ici à la séance du conseil afin de se faire une tête.

Son collègue Luc Tremblay a téléphoné au maire Lamarche vendredi, après avoir pris connaissance de la missive du promoteur. Il lui a réitéré sa demande d’obtenir de M. MacDonald des précisions, et cette fois par écrit.

«Présentement, on ne sait plus où donner de la tête, parce que c’est la parole de l’un contre la parole de l’autre. Dans des négociations comme ça, ça prend de l’écrit. C’est ce que j’ai demandé au maire, qu’il réécrive une proposition, que M. MacDonald revienne avec une contre-proposition et ainsi de suite. Mais de grâce, qu’on puisse avoir tout ça par écrit», ajoute-t-il, faisant remarquer qu’une négociation avec l’ensemble du conseil n’était pas souhaitable, qu’on «ne peut pas négocier à quinze».

François Bélisle considère pour sa part que le courriel a «complété» les informations reçues mercredi. «Ça rejoint ce qu’on avait demandé au maire, c’est-à-dire d’explorer à fond cette option. Notre mandat est de s’assurer que les intérêts de la Ville sont bien servis. Mais je fais confiance au processus de négociation et le courriel n’est pas venu ébranler cette confiance. Il reste du temps pour les discussions, et s’il faut repousser la décision d’une semaine, repoussons-la», ajoute-t-il.

Plusieurs conseillers, dont Pierre-Luc Fortin et Denis Roy, ont indiqué que le dossier n’était pas clos et qu’il était important d’aller jusqu’au bout de l’exploration de toutes les options.

Claude Ferron, pour sa part, a souligné qu’à la suite de la présentation faite mercredi par le maire, il avait confiance avec l’alignement que celui-ci souhaitait donner au projet.