Quelque 1469 citoyens ont signé le registre relativement au règlement d'emprunt pour la construction du nouveau colisée alors que 2031 signatures étaient nécessaires pour obliger la Ville à mener un référendum sur ce projet.

Colisée: le projet ira de l'avant

Un total de 1469 citoyens de Trois-Rivières ont signé le registre afin de demander à la Ville de soumettre à un référendum le règlement d'emprunt de 53,1 millions de dollars qui permettra la construction d'un nouveau colisée sur le site du District 55. Le conseil municipal pourra donc aller de l'avant avec cet important projet, dont la première pelletée de terre est prévue pour l'automne prochain.
En tout, 2031 signatures étaient nécessaires pour que le règlement d'emprunt, approuvé à l'unanimité par le conseil municipal, soit bloqué et que la Ville doive tenir un référendum. Le registre avait été ouvert lundi matin et les citoyens avaient jusqu'à 19 h jeudi soir pour se manifester en se rendant à l'hôtel de ville. Fait à noter, ce règlement d'emprunt constitue le plus important jamais entériné par le conseil municipal depuis la fusion de 2002.
Celui de cinq millions de dollars servant à financer les services professionnels, notamment la préparation des plans et devis, n'avait pourtant fait l'objet que d'une très petite contestation et avait été réputé approuvé assez aisément en janvier 2016.
Mais à entendre les commentaires des personnes qui sont allées signer le registre au cours des derniers jours, ce montant passe difficilement cette fois. Le sujet a d'ailleurs suscité de vives réactions, entre autres sur les réseaux sociaux et dans la section «Opinions» du Nouvelliste.
Un peu moins d'une dizaine de citoyens étaient présents lorsque le nombre de signatures a été dévoilé quelques minutes après 19 h. Certains ont d'ailleurs fait part de leur déception vis-à-vis ce résultat. C'est notamment le cas de Philippe Giroul, qui aurait aimé que la Ville facilite la tâche aux citoyens désireux de signer le registre en prévoyant plusieurs lieux pour cet exercice qu'il qualifie de démocratique, au lieu d'un seul comme c'était le cas.
En se basant sur le nombre de personnes qui se sont déplacées à l'hôtel de ville pour signer en début de semaine, le candidat à la mairie et actuel conseiller du district Marie-de-l'Incarnation, Jean-François Aubin, ne se dit pas surpris du résultat de cette signature de registre. Néanmoins, il considère que ce nombre est significatif et que la Ville ne peut pas ignorer le fait qu'autant de citoyens entretiennent des réserves concernant ce projet. En ce sens, il propose la tenue d'une séance d'information publique sur le sujet.
«Ça serait une erreur à mon avis que, comme Ville, on se dise que c'est réglé et qu'on n'en tienne pas compte. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les gens sont allés signer le registre. Bien entendu, il y en a qui étaient complètement contre, mais il y en a aussi qui avaient des inquiétudes et des interrogations sur certains aspects du projet, mais pas nécessairement sur tout.
Même si on va de l'avant, je crois qu'il faudrait écouter ça. Je vais donc proposer à mes collègues [du conseil municipal] qu'on tienne minimalement une séance d'information. Ce n'est pas rien que 1469 personnes se soient déplacées. Si ça avait été une signature électronique, ça aurait été tel que tel, mais les gens ont pris la peine de se déplacer pour le faire», indique M. Aubin. Il ajoute qu'une séance d'information publique aurait dû avoir lieu bien avant selon lui.
On se rappellera qu'en 2008, une signature de registre avait eu pour effet de bloquer l'adoption d'un règlement d'emprunt de 16,7 millions $ qui aurait servi à financer des travaux sur le site de Trois-Rivières sur Saint-Laurent.
Au lieu de tenir un référendum sur la question, le conseil municipal avait plutôt décidé d'annuler le controversé règlement pour le remplacer par deux autres qui n'avaient pas besoin d'être soumis à une signature de registre selon la loi. Les travaux avaient donc été payés grâce à deux règlements d'emprunt distincts, soit un de 11 millions $ et un autre de 5,7 millions $.
En 2012, un scénario similaire était survenu alors que deux règlements d'emprunt d'une valeur totale de 8,3 millions $, également pour l'aménagement du site de Trois-Rivières sur Saint-Laurent, avaient été bloqués. La Ville avait alors décidé de payer ces travaux en se servant de l'argent destiné aux dépenses courantes.