Jean-Marc Bergeron vante le travail de Marc-André Bergeron dans le mandat que la Ville de Trois-Rivières lui a accordé.
Jean-Marc Bergeron vante le travail de Marc-André Bergeron dans le mandat que la Ville de Trois-Rivières lui a accordé.

Colisée de Trois-Rivières: «La cohabitation, c’est de loin la meilleure option»

Steve Turcotte
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — «Certains croyaient que le futur Colisée serait un éléphant blanc. Or la Ville a entre les mains deux projets extraordinaires pour le meubler. La cohabitation, c’est de loin la meilleure option.»

Voilà l’opinion de Jean-Marc Bergeron, qui a travaillé pendant des années sur le projet d’ajouter de nouvelles glaces à Trois-Rivières. Bergeron a œuvré au sein des loisirs de la grande Ville de Trois-Rivières sur deux décennies. Le dossier du Colisée, il le connaît par cœur. À un tel point que lorsqu’il a pris sa retraite après un an au cabinet du maire Yves Lévesque, Jean Lamarche lui a demandé d’épauler Marc-André Bergeron dans son rôle d’émissaire pour explorer tous les scénarios possibles afin de trouver le bon locataire pour le nouvel amphithéâtre de quelque 60 millions $.

«J’entends des choses négatives à propos de Marc-André. Ça me renverse. Il a fait un travail exceptionnel. Il a rempli parfaitement le mandat que la Ville lui a accordé. Grâce à ses contacts, il a déniché un homme d’affaires prêt à investir des millions dans notre ville pour du hockey professionnel», fait valoir l’ex-employé de la Ville de Trois-Rivières. «C’est tout à fait normal que Dean MacDonald ait souhaité l’embaucher par la suite. Il a l’expertise pour gérer une concession professionnelle, ça ne fait aucun doute.»

Si Bergeron accepte de livrer cette entrevue au Nouvelliste, c’est parce qu’il est déçu de la gestion du dossier. «Je lis des choses, j’entends des choses. Pourquoi il faut que ces deux projets soient en compétition? Ça ne fait aucun sens. À mes yeux, c’est clair qu’ils sont complémentaires. Ce projet de Colisée, il a été conçu pour nos jeunes. Il fallait rénover le vieux Colisée et l’aréna Jean-Guy-Talbot. À la place, on a eu accès à une belle subvention de plus de 26 millions pour deux nouvelles glaces, dont une avec 4000 sièges. À partir de là, le mandat c’est de s’en servir le plus possible, du nouvel amphithéâtre. Avec les Patriotes, la ECHL, les tournois de hockey mineur, des spectacles, des soirées de boxe, on peut en générer beaucoup, des retombées économiques.»

Jean-Marc Bergeron salue l’arrivée de Daniel Lamarre chez les Patriotes.

Bergeron défend les plans de doter le Colisée d’un seul grand vestiaire. «À la base, on a travaillé avec les standards de la LHJMQ, notre principale cible. On se disait que si nous ne pouvions attirer la LHJMQ, on allait quand même pouvoir accueillir une équipe professionnelle. À l’époque, les Patriotes semblaient heureux au vieux Colisée. Bon, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire pour eux, soit l’implication de Daniel Lamarre. Il faut se réjouir de son implication. Il y a moyen d’ajuster les plans pour leur offrir des installations adéquates», avance-t-il, en doutant du chiffre de deux millions $ avancé par Lamarre pour créer un deuxième environnement du genre. «En plus du grand vestiaire, il y a un vestiaire pour les visiteurs, plus six vestiaires plus petits. Je ne peux pas croire qu’il n’y a pas moyen d’enlever un mur pour créer de l’espace sans que ça coûte un bras…»

Alors que Dean MacDonald s’apprête à débarquer à Trois-Rivières mardi pour vendre sa salade, Bergeron invite les élus municipaux à faire preuve d’ouverture.

«On parle d’un homme d’affaires qui a la confiance du Canadien, prêt à s’associer à des gens d’ici, qui veut nous offrir du hockey professionnel et créer des emplois en ville. La moindre des choses, c’est de négocier de bonne foi avec lui», lance-t-il.

«Il faut lui donner des moyens pour que ça fonctionne. La ECHL, c’est un budget annuel de 4 millions $. Est-ce qu’il doit payer un certain loyer, en retour d’avoir accès aux concessions et à l’affichage dans le Colisée? Oui. Une négociation de bonne foi va permettre de trouver un terrain d’entente», croit Bergeron, qui souhaite sincèrement que sa prise de parole en public va inciter les élus à bien réfléchir.

Jean-Marc Bergeron est déçu de la gestion du dossier du  nouveau Colisée

«C’est un dossier important. Tout est sur la table, et il y a des moyens de contenter tout le monde, avec de la bonne foi et un peu de créativité», répète-t-il.