L'entraîneur au Club Seikidokan, François Noël.

Colisée au CSAD: vive déception chez les intervenants

Si l'enthousiasme semble évident à l'Université du Québec à Trois-Rivières avec le projet de nouveau colisée, la déception est vive chez les intervenants sportifs qui attendaient impatiemment la concrétisation de la phase 5 au Complexe sportif Alphonse-Desjardins.
C'est le cas de l'entraîneur au Club de judo Seikidokan, François Noël, qui prévoyait transférer ses activités dans la nouvelle infrastructure du Cap-de-la-Madeleine où on devait notamment y aménager un dojo. Encore samedi matin, il n'était pas au courant que la Commission scolaire du Chemin-du-Roy et le CSAD avaient lancé la serviette. C'est en lisant Le Nouvelliste qu'il a appris la nouvelle, ce qui l'a encore davantage irrité.
«Nous sommes directement visés mais personne ne nous a avisés de la décision qui a été rendue avant qu'on l'apprenne par les médias. C'est comme si on n'est pas important. Les décisions se prennent en fonction du béton et non pas en fonction des besoins, fulmine-t-il. L'université part un beau projet, mais ne consulte pas personne. Tout le monde fait ses affaires en vase clos et personne se demande de quoi on a réellement besoin.»
Maintenant que le projet de phase 5 est relégué aux oubliettes, l'entraîneur doit donc partir à la recherche d'une nouvelle alternative ou encore demeurer dans les locaux désuets de la bâtisse industrielle du terrain de l'Exposition. «Je vais demander une rencontre avec la Ville pour voir quelles options pourraient s'offrir à nous», note M. Noël.
De son côté, l'entraîneur de patinage de vitesse, Steven Bernard, souhaite de tout coeur que la CS du Chemin-du-Roy et le CSAD trouveront une autre solution. Pas nécessairement pour rivaliser avec le projet de centre de développement de l'excellence sportive de l'UQTR, mais plutôt pour assurer la poursuite du développement du CSAD.
«J'espère qu'ils ont un plan B. Sans que ce soit un colisée de 5000 places, il faut construire quelque chose pour donner des heures de glace. On se retrouve en manque d'arénas. J'espère qu'on pourra amener un projet repensé. Quelque chose qui pourrait ressembler au Complexe Thibault à Sherbrooke», mentionne-t-il, évidemment déçu de voir le projet de phase 5 du CSAD s'évaporer.
Alors que la CS du Chemin-du-Roy et le CSAD n'avaient pas encore, jusqu'à tout récemment, fait une croix sur le projet, force est d'admettre que certains intervenants avaient néanmoins déjà fait leur deuil.
«C'est la conclusion que j'en avais fait depuis un petit bout déjà. Je n'ai vraiment pas de commentaires à faire là-dessus. Pour moi, il n'y a pas de nouvelle là», a fait savoir au Nouvelliste Sean Cannon, le directeur du Centre régional d'entraînement et d'événements de la Mauricie (CREEM).
Séance extraordinaire à l'UQTR
Pendant que la décision laisse un goût amer au CSAD, le conseil d'administration de l'UQTR a tenu une séance extraordinaire, lundi, où il a notamment été question du centre d'excellence sportive. Plusieurs questions ont notamment été soulevées, dont l'emplacement de l'infrastructure et le coût d'une telle réalisation.
Après avoir entendu le rapport d'étape de la vice-rectrice à l'administration et aux finances, Johanne Giguère, le conseil d'administration a demandé à cette dernière de produire un plan d'affaires détaillé. Le document sera présenté le 22 avril et le c.a. devra ensuite prendre une décision. «C'est un projet d'envergure, mais en même temps les gens ont des craintes, notamment avec les dépassements de coûts qui peuvent survenir», a indiqué le président du c.a. Yves Tousignant, qui a évalué le projet entre 45 et 50 millions $.
Blanchet soulève un bémol
Pendant ce temps, le ministre régional Yves-François Blanchet a tenu à rappeler que la subvention de 26,8 millions $ était réservée dans le cadre du projet de phase 5 au CSAD. Si l'UQTR souhaite concrétiser son plan de centre de développement de l'excellence sportive, le projet devra être soumis à une nouvelle analyse avant qu'une soutien financier ne puisse être octroyé.
«Dès que le consensus régional et entre les acteurs sera établi, nous nous ferons un devoir d'accompagner le projet. En revanche, il s'agira, tel qu'exprimé à plusieurs reprises, d'un nouveau projet, d'une nouvelle demande et d'une nouvelle analyse. Nous tâcherons de procéder rapidement, mais si on comprend que l'argent n'est pas dépensé, il ne s'agit pas simplement de changer un nom sur un chèque. Il faut un dossier qui le justifie», a fait savoir le ministre Blanchet.