Line Milot et Claude Mailhot ont embarqué sur le Nowegian Jewel au port de Sydney, en Australie, ne sachant pas que cette croisière de rêve tournerait aussi mal en raison du coronavirus.
Line Milot et Claude Mailhot ont embarqué sur le Nowegian Jewel au port de Sydney, en Australie, ne sachant pas que cette croisière de rêve tournerait aussi mal en raison du coronavirus.

Coincés au milieu du Pacifique

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Les appels à l’aide lancés par les citoyens de la région qui se trouvent aux quatre coins du monde et qui n’arrivent pas à rentrer au pays se multiplient. Alors qu’un Trifluvien expliquait dans nos pages, jeudi, être coincé au Pérou depuis la fermeture des frontières, un couple de Trifluviens est pour sa part coincé à bord d’un bateau de croisière qui est cloué au quai d’Honolulu à Hawaii, où le pays leur interdit de débarquer pour pouvoir prendre un avion.

Line Milot et Claude Mailhot ont quitté le Canada à la fin janvier en direction de l’Australie, où ils allaient visiter des proches. De là, ils sont montés à bord du Norwegian Jewel pour une croisière de plusieurs semaines dans les îles du Pacifique. Un voyage de rêve planifié depuis longtemps, mais qui a vite tourné au cauchemar en raison de la pandémie de coronavirus.

Leur fille Dominique Mailhot se fait rassurante: ses parents vont bien et aucun cas de COVID-19 n’a été rapporté à bord du bateau. Toutefois, le navire s’est vu refuser l’accès dans au moins quatre ports avant de pouvoir jeter l’ancre près d’Honolulu à Hawaii, où il n’est présentement plus possible pour les passagers de débarquer car cet état américain leur refuse l’accès à son territoire.

«On a acheté plusieurs billets d’avion dans l’espoir de pouvoir les ramener, mais tous les vols sont à chaque fois annulés. La réponse que l’on reçoit du ministre Champagne est décevante. En gros, on nous dit qu’il faudra se débrouiller seuls», résume Mme Mailhot, qui rapporte que pas moins de 240 Canadiens sont actuellement coincés à bord de ce bateau.

«On a assuré l’équipage qu’ils allaient pouvoir être ravitaillés en nourriture et en carburant. Mais parmi les passagers, il y a des gens qui commencent à manquer de médicaments. Il y a des personnes diabétiques qui ont besoin de leurs médicaments et qui commencent à paniquer. La plupart sont des personnes âgées alors c’est difficile et angoissant pour eux», constate Mme Mailhot.

À Affaires mondiales Canada, on indique tout mettre en place pour aider les Canadiens hors du pays. Par contre, un courriel envoyé aux ressortissants du Norwegian Jewel spécifie qu’il n’est pas question pour le moment de rapatrier les Canadiens à bord d’un charter et que le gouvernement tente de trouver des solutions à bord des vols commerciaux. «Ces cas pourraient bien signifier que les Canadiens ne pourront pas rentrer chez eux pendant une période indéterminée» ajoute-t-on dans ce courriel, avant de spécifier qu’on recommande de suivre toutes les recommandations des autorités locales en matière de santé et de sécurité.

Dominique Mailhot et plusieurs membres de sa famille poursuivent donc le travail afin de sensibiliser le gouvernement et de trouver moyen de lancer des appels à l’aide afin que ses parents, de même que tous les autres Canadiens qui se trouvent à bord, puissent être ramenés au pays. «On va continuer, on ne se découragera pas», lance-t-elle.