Une dame de 80 ans est décédée des suites d’une pathologie non diagnostiquée lors de sa visite à l’urgence de Cloutier-du Rivage moins de 24 heures plus tôt.

Cloutier-du Rivage: une qualité des soins à évaluer

TROIS-RIVIÈRES — Une dame de 80 ans de Trois-Rivières est décédée d’une ischémie intestinale moins de 24 heures après avoir consulté à l’urgence du Centre Cloutier-du Rivage sans que sa pathologie pour laquelle elle s’était rendue consulter ait été décelée par l’équipe médicale en place. Le coroner Pascal Pelletier demande désormais que le Collège des médecins et le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec examinent la qualité des soins qui ont été prodigués à la dame.

Selon le rapport du coroner, la dame a consulté le 29 mai 2016 à l’urgence du centre Cloutier-du Rivage pour des douleurs abdominales et des vomissements. Après quelques minutes d’attente, la dame est placée sur une civière en isolement. La patiente a été réévaluée à quelques reprises et son état était jugé stable. Lors de sa consultation avec le médecin, on lui fait passer un examen général et une sensibilité au creux épigastrique a été détectée. Elle passera des analyses sanguines incluant un bilan hépatique, pancréatique et une formule sanguine, et aucun de ces tests ne présentera d’anomalie significative. Aucun examen d’imagerie n’a été retrouvé au dossier de consultation.

On lui a alors diagnostiqué une gastrite virale et elle a quitté l’urgence à 21 h 30 le 29 mai avec des prescriptions. La dame a cependant été retrouvée sans vie à son domicile par une amie le 30 mai vers 9 h 20 du matin. L’autopsie effectuée sur le corps de la patiente révélera qu’elle est décédée des complications d’une ischémie intestinale. Selon le rapport d’autopsie, cette condition était présente lors de sa consultation au centre Cloutier-du Rivage, une pathologie qui n’a toutefois pas été identifiée.

«Il n’est pas normal de consulter pour un malaise mais que cette pathologie ne soit pas décelée et qu’on en décède quelques heures plus tard. Pour nous, il est assez fréquent que, dans de pareilles situations, nous demandions que la qualité des soins prodigués au patient soit évaluée par les autorités compétentes. Nous n’avons pas le mandat de juger de la qualité des soins, mais nous pouvons recommander que cette qualité soit étudiée par ceux qui en ont le pouvoir», explique le Dr Pascal Pelletier.

Au Collège des médecins, on nous indique que le rapport du coroner Pelletier a été dirigé vers la direction des enquêtes, où le syndic du Collège des médecins décidera ou non s’il y a lieu d’intervenir et de prendre des mesures particulières.

Du côté du CIUSSS-MCQ, on précise avoir une obligation, dans de pareilles circonstances, de démontrer que l’établissement est dans l’action au niveau des normes et du suivi de la qualité, un suivi qui se fait directement avec le Bureau du coroner. «Chaque recommandation de la sorte est prise au sérieux. Nous faisons l’évaluation de l’ensemble du dossier avec l’expert en fonction de la nature du dossier. Nous pouvons aussi proposer un plan d’action dans un souci d’amélioration continue, et aussi assurer le suivi de ce plan d’action», indique Valérie Provencher, porte-parole du CIUSSS-MCQ. Le dossier soulevé ici étant toutefois de nature confidentielle, il est impossible pour l’établissement de dévoiler si des mesures spécifiques ont été ou seront prises en lien avec ce décès.