Cliniques gratuites aux victimes de violences à caractère sexuel

TROIS-RIVIÈRES — Alors que les cas de violences sexuelles ne cessent de défrayer les manchettes, la Caravane #MoiAussi sera au CAVAC de la Mauricie le 3 février prochain, de 15 h à 19 h, afin d’offrir aux victimes de l’information juridique et du soutien psychosocial.

Depuis novembre dernier, Juripop, en collaboration avec le Réseau des centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC), le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et d’autres partenaires de différents milieux, sillonne 12 régions du Québec pour offrir des cliniques juridiques et sociales. C’est maintenant au tour de la Mauricie et du Centre-du-Québec de recevoir la visite de cette première au Québec.

Plusieurs avocats en droit civil, familial, de l’immigration, du travail et administratif, accompagnés de procureurs, d’intervenants psychosociaux et de policiers, seront mis à la disposition des personnes victimes de violences à caractère sexuel afin de les aiguiller dans leurs démarches et de leur offrir un soutien psychosocial, en fonction des besoins et des volontés de chacun et chacune. Les consultations seront gratuites, sans rendez-vous et complètement confidentielles.

Bref, ce projet a pour objectif d’amener les survivants de violences à caractère sexuel à obtenir justice et à reprendre pouvoir sur leur situation, soit en leur permettant de démystifier le système de justice et ce, tout en obtenant un soutien psychosocial.

«On ne veut pas pousser les gens à porter plainte. Le but, c’est vraiment d’autonomiser la personne. Mais juste le fait de comprendre les recours, de savoir qu’il y a différents recours, juste ça, parfois, ça peut mettre un petit baume sur la douleur que les gens peuvent avoir et ça peut mener aussi à des plaintes qui vont être déposées à la police», explique au Nouvelliste la chargée de projet chez Juripop, Me Marie-Maude R. Beauvais.

Celle-ci rappelle que la caravane avait commencé en 2017 avec le mouvement #MoiAussi, «principalement dans le domaine de la culture, à Montréal».

«C’est à ce moment-là qu’on s’est rendu compte qu’il y avait un besoin d’information au niveau juridique des personnes qui avaient été victimes de violences à caractère sexuel, d’avoir cette complémentarité-là avec le domaine social. C’est pour ça qu’on a créé des partenariats avec le DPCP et le réseau des CAVAC pour offrir un service complet qui permet aux personnes de venir poser leurs questions et de ne pas avoir à répéter leur histoire à maintes reprises. Le but de la caravane, c’est vraiment d’aller à un seul endroit, d’avoir accès à des procureurs, des avocats, des enquêteurs et des intervenants psychosociaux, et d’être un peu plus éclairés sur les recours qui s’offrent à eux», précise l’avocate.

Durant les périodes d’ouverture des cliniques, une ligne téléphonique d’informations est également mise à la disposition des personnes victimes. Ces dernières peuvent alors contacter gratuitement les différents professionnels présents au 1-833-JURIPOP (1-833-587-4767).

Rappelons que les personnes victimes de violences à caractère sexuel qui envisagent de déposer une plainte auprès des policiers ainsi que les organismes qui leur viennent en aide peuvent contacter une procureure spécialisée du DPCP au 1 877 547-DPCP (3727). Ce service gratuit et confidentiel vise à les renseigner sur le traitement d’une plainte policière et l’autorisation d’une poursuite en matière de violences à caractère sexuel. La ligne est en service du lundi au vendredi, de 8 h 30 à midi et de 13 h à 16 h 30.

Et le Réseau des CAVAC rappelle que les personnes victimes peuvent appeler du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 16 h 30 au numéro sans frais 1 866 LE CAVAC (532-2822) pour avoir accès à des services d’intervention psychosociale et post-traumatique accessibles dans toutes les régions du Québec.

«Les mythes et la désinformation concernant le traitement juridique des violences sexuelles sont l’un des principaux obstacles à la dénonciation et à la reprise du pouvoir des personnes victimes. La Caravane #MoiAussi s’attaque à ce problème en offrant des consultations gratuites et confidentielles avec des avocats pratiquant dans tous les domaines de droit», conclut la directrice générale de Juripop, Me Sophie Gagnon.