Le CIUSSS MCQ a révélé, mardi, qu’il y a eu 350 consultations entre le lundi 21 octobre (jour de l’ouverture) et le vendredi 25 octobre, sur un horaire de 12 heures à la nouvelle clinique de proximité, située au centre Cloutier-du Rivage.

Clinique de proximité Cloutier: des patients doivent rebrousser chemin

TROIS-RIVIÈRES — Une semaine après son ouverture, le Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) dresse un bilan positif de sa nouvelle clinique de proximité, située au centre Cloutier-du Rivage, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Si la clinique a enregistré une moyenne de consultations plus élevée que l’ancienne urgence, il reste qu’entre 10 et 15 personnes par jour doivent rebrousser chemin faute de place.

«Ça arrive, comme c’était le cas auparavant. Même si on était une urgence, on avait des limites. Ce n’était pas une urgence 24 h sur 24», rappelle Karine Lampron, directrice adjointe des services de santé primaire au CIUSSS MCQ. La situation ne s’est pas aggravée sur ce point, assure-t-elle. 

«Pour ce qui est des gens qui se présentent sur place, le portrait est sensiblement le même qu’avant. Cependant, maintenant, ce qu’on offre aux gens c’est de voir l’infirmière. Donc, sur une quinzaine de cas qui se présentent qui n’ont pas de plage de consultation, environ la moitié décide de voir l’infirmière. Elle répond majoritairement à leurs besoins, les réfère au besoin. Ça se passe bien jusqu’ici.»

D’autres décident de consulter ailleurs ou de revenir le lendemain.

Les gens ont aussi la possibilité de prendre rendez-vous par téléphone, ce qui n’était pas le cas dans le temps de l’urgence. Encore là, certains se font répondre qu’il n’y a plus de place. «Il y a des gens qui appellent, et un moment donné, on n’a plus de plage de consultation», note Mme Lampron. Cela touche entre 20 à 30 personnes par jour.


Karine Lampron, directrice adjointe des services de santé primaire au CIUSSS MCQ.

Pour ce qui est du nombre de consultations, le CIUSSS MCQ a révélé, mardi, qu’il y en a eu 350 du lundi 21 octobre – jour de l’ouverture – au vendredi
25 octobre, sur un horaire de 12 heures. C’est donc une moyenne de 70 consultations par jour, alors que la moyenne de l’ancienne urgence Cloutier s’élevait à 53 consultations quotidiennes sur un horaire de 16 heures. Le CIUSSS avait estimé que le nombre de consultations se situerait entre 40 et 70 consultations par jour. Uniquement la première journée, il y a eu 86 consultations. «Ça s’est très bien déroulé», se réjouit Mme Lampron. 

«Ces consultations ont été réalisées par l’ensemble de notre équipe de professionnels sur place», ajoute-t-elle.

En effet, tous les professionnels de la clinique sont mis à contribution. Sur les 350 patients, 226 ont consulté une infirmière praticienne spécialisée (65 %), 68 un médecin (19 %)  et 45 une infirmière (13 %). Le travailleur social et l’infirmière praticienne spécialisée en santé mentale ont vu respectivement huit et trois patients. «Le modèle interdisciplinaire permet de voir plus de personnes», explique Mme Lampron.

Les raisons principales de consultation sont les troubles musculosquelettiques, les infections de voies respiratoires supérieures, les problèmes dermatologiques et urinaires ainsi que les maux associés à l’oreille. 

Le taux de transfert vers le Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) s’élève à 2 %. «Mais selon l’analyse, ces cas auraient été transférés également même si on avait été une urgence», précise la directrice adjointe. Par ailleurs, la fermeture de l’urgence du Centre Cloutier-du Rivage n’a pas eu d’impact au CHAUR ni sur les urgences environnantes, selon le CIUSSS.


Bien que le CIUSSS soit satisfait de cette première semaine d’activités, il compte apporter des améliorations. 

«On est en ajustement et en amélioration continue. Il y a une période d’appropriation. On fait des ajustements tous les jours», explique Mme Lampron. Que ce soit au niveau des procédures internes de fonctionnement ou des informations véhiculées aux patients, plusieurs éléments sont revus. 

Pour ce qui est des infirmières praticiennes spécialisées, le portrait n’a pas changé. Il reste trois postes sur cinq à combler. «Jusqu’à maintenant, la majorité des infirmières praticiennes est satisfaite du travail en équipe et en interdisciplinarité comme l’ensemble des professionnels qui y travaillent», souligne Mme Lampron.

Jusqu’à maintenant, les commentaires des patients sont positifs, assure le CIUSSS. Selon des sondages qui ont été complétés vendredi, le taux de satisfaction est de plus de 90 %, affirme Mme Lampron. 

Notons pour terminer que le taux des usagers de la clinique ayant un  médecin de famille se chiffre à 78 %. 

«On dit toujours aux gens d’appeler au 811, d’appeler leur médecin de famille. S’ils n’ont pas vu leur médecin de famille, ils peuvent venir ou appeler à la clinique, mais c’est important de toujours essayer de joindre son médecin de famille en premier, c’est la meilleure personne pour notre état de santé», plaide
Mme Lampron.

Andrée Lanneville

«C’est de la poudre aux yeux»

L’infirmière  à la retraite Andrée Lanneville n’est guère impressionnée par ce bilan. 

«C’est de la poudre aux yeux», lance-t-elle sans appel. Parmi les échos négatifs qu’elle a entendus, des gens déplorent de ne pas avoir été en mesure d’obtenir un rendez-vous. 

«Ceux qui ont un rendez-vous sont satisfaits des services donnés par les infirmières praticiennes, mais il y a plein de gens qui se font virer de bord. Ils arrivent, il n’y a pas de place, ils se font virer de bord, et ça, c’est sans égard à leur état de santé», soutient-elle. Elle craint qu’un accident se produise. «C’est ma grande peur», s’inquiète Mme Lanneville, qui est l’instigatrice d’une pétition contre la fermeture de l’urgence qui a été signée par quelque
7000 personnes. 

«Les gens qui se présentent ne savent pas ce qu’ils ont. Ils ont des symptômes. Pour eux, ce n’est pas nécessairement grave, mais ça pourrait l’être. Ceux qui sont vus ne sont pas nécessairement les plus gros cas.»