Vicky Trudel a lancé Clinika, une nouvelle Clinique de soins infirmiers à domicile.
Vicky Trudel a lancé Clinika, une nouvelle Clinique de soins infirmiers à domicile.

Clinika: «Je suis convaincue que ça va répondre à un besoin»

TROIS-RIVIÈRES — Vicky Trudel a eu affaire au milieu de la santé plus souvent qu’à son tour. Ses séjours à l’hôpital sont d’ailleurs à l’origine de son choix de carrière. L’infirmière clinicienne a découvert une passion qui l’anime, qui lui permet de redonner au suivant et qui l’a même poussée à se partir en affaires en pleine pandémie. La Trifluvienne a ouvert Clinika, une entreprise de soins infirmiers privés qui se déplace à domicile ou en entreprise dans la région de Trois-Rivières.

«Je pense que c’est un excellent moment pour partir le projet», lance-t-elle d’entrée de jeu.

«Je suis convaincue que ça va répondre à un besoin et encore plus en ce temps de COVID. Les gens ont des craintes et ils ne veulent pas sortir. Je pense que de ne pas avoir à se déplacer, ça rassure des gens», ajoute l’infirmière.

En décembre 2018, bien avant la propagation du coronavirus, Vicky Trudel a quitté son emploi dans le système de santé publique. Overdose de temps supplémentaire obligatoire, besoin de vie de famille et surtout, un goût criant d’entreprendre, c’est ce qui a motivé la Trifluvienne dans sa décision.

«Le système est malade et je trouvais ça difficile d’opérer là-dedans», avoue-t-elle.

«J’ai quitté dans le contexte où je voulais éventuellement lancer mon entreprise de soins infirmiers privés à domicile […] À la base, je voulais le faire pour que les gens n’attendent plus. Ce n’est pas tout le monde qui a deux heures à investir pour des prises de sang, mais là, avec la COVID je trouve que c’est encore plus pertinent dans un contexte comme ça», note-t-elle.

En quittant son emploi, Vicky Trudel n’a pas quitté la passion qui l’anime. Loin de là, elle veut continuer d’aider les gens et d’en prendre soin. Elle veut aussi prendre le temps qu’il faut pour le faire.

«J’ai été très malade dans ma vie, j’ai fait un AVC, j’ai la maladie de Crohn, j’ai eu un bébé prématuré… Tout ça est arrivé avant que je sois infirmière et c’est la raison pour laquelle je suis infirmière. J’aime vraiment ça. J’aime prendre soin des gens et m’en occuper. Je sais ce que c’est d’avoir des problèmes de santé, et je pense que ça fait de moi une infirmière très humaine. J’aime trop ça, autrement, j’aurais juste lâché», explique-t-elle.

«Dans ma situation, c’est le meilleur des deux mondes. Ça me permet de continuer dans le domaine de la santé et d’aider des gens, mais à mon rythme».

Évidemment, la pandémie qui sévit actuellement a amené certaines réorganisations dans le fonctionnement initial. Il faut des mesures de protection supplémentaires à celles déjà prévues, et conjuguer avec des hausses de prix, notamment pour les masques.

«C’est certain que je vais demander aux gens s’ils ont des symptômes de la COVID. Je vais espérer qu’ils me disent la vérité, mais je vais être masquée et je vais leur demander aussi de porter le masque. Je vais porter des gants. J’ai également changé le matériel pour être capable de tout désinfecter. Par exemple, j’avais un sac pour mon équipement, ce sera désormais une boite que je peux désinfecter entre chaque patient. C’est certain que c’est de la réorganisation et qu’il y a des coûts de plus.»

«C’est certain que c’est quand même un peu inquiétant d’aller chez les gens comme ça, mais je me fie au bon jugement des gens», ajoute Vicky Trudel.

Prélèvements, traitements des verrues, injection de médicaments, retrait suture ou agrafes postopératoires, sont quelques services offerts par l’infirmière clinicienne de Clinika.