«On ne sait toutefois pas encore concrètement quel sera l’assouplissement des critères. C’est ce qui m’inquiète un peu. Pour moi mon cas est réglé, mais pour les autres, j’espère qu’ils vont pouvoir être reconnus comme victimes.» - Claudie Briand

Claudie Briand ne crie pas victoire

Trois-Rivières — La Trifluvienne Claudie Briand, celle qui a mené un combat de plusieurs années pour être reconnue comme victime de la thalidomide, se dit très heureuse de l’assouplissement du programme d’aide fédéral. Elle a toutefois hâte que le fédéral publie les détails de cet assouplissement pour connaître les nouveaux critères d’admissibilité.

«C’est une très bonne nouvelle. J’en suis très heureuse», lance d’emblée Claudie Briand en entrevue, avant d’apporter un bémol.

«On ne sait toutefois pas encore concrètement quel sera l’assouplissement des critères. C’est ce qui m’inquiète un peu. Pour moi mon cas est réglé, mais pour les autres, j’espère qu’ils vont pouvoir être reconnus comme victimes.»

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En mars 2018, Claudie Briand a remporté une longue bataille juridique qui lui a permis d’être reconnue comme victime de la thalidomide. Elle a dû prendre cette voie, car on lui avait refusé à plusieurs reprises les indemnisations auxquelles elle avait droit.

Lorsque le programme d’indemnisation des victimes de 2015 a été lancé, ce dernier remplaçait celui mis en place dans les années 90, Claudie Briand a déposé une nouvelle demande et celle-ci a été à nouveau refusée, car il manquait des documents. Or, il était impossible pour Claudie Briand de retrouver les documents prouvant qu’un médecin avait administré en 1959 des échantillons de thalidomide à sa mère lorsqu’elle était enceinte d’elle.

De plus, les archives de l’hôpital de Baie-Comeau, où Claudie Briand est née, ont été détruites dans un incendie. Les dossiers de l’hôpital pour enfants Sainte-Justine pouvant prouver qu’elle a bien été victime de la thalidomide ont aussi disparu.

Cette victoire devant les tribunaux a permis à la femme de Trois-Rivières de bénéficier du programme mis en place en 2015 et qui prévoyait un versement de 125 000 $ ainsi qu’une allocation annuelle pouvant se chiffrer jusqu’à 100 000 $. Elle a aussi pavé la voie à la modification du programme d’indemnisation.

«On va se croiser les doigts pour les autres. J’espère que la plupart seront reconnus comme victime», souhaite Claudie Briand.

La thalidomide a créé des malformations à de nombreux enfants nés dans les années 50 et au début des années 60. Certaines victimes ont toutefois été touchées dans une moindre mesure, ce qui compliquait l’acceptation de leur indemnisation, précise Mme Briand. Elle estime que près de 200 personnes sont actuellement dans cette zone grise au Canada.