Comme c’est la coutume, les amateurs ont afflué par centaines à l’île Saint-Quentin pour assister à l’arrivée des canotiers.

Classique de canots: une participation monstre

TROIS-RIVIÈRES — En admirant les quelque 320 rameurs réunis sur la rivière Saint-Maurice et sur le fleuve Saint-Laurent lundi, le directeur général Stéphane Boileau ne pouvait s’empêcher d’afficher un large sourire de satisfaction pour cette 85e édition de la Classique internationale de canots de la Mauricie.

Pour le grand manitou de l’événement, une telle participation représente l’aboutissement de plusieurs années de travail minutieux. Depuis quelque temps déjà, Boileau et son groupe tentaient d’élargir le bassin de participation. Ça s’est concrétisé davantage cette année avec, entre autres, la venue des catégories de planche à pagaie et d’outrigger.

«Ça fait plaisir de voir la rivière vibrer comme ça et aussi de voir l’événement grandir de la sorte. On ouvre nos horizons, l’offre est de plus en plus diversifiée, ça permet d’augmenter la popularité de l’événement. C’est une bonne nouvelle.»

Pour M. Boileau, la pérennité de l’événement passe assurément par la diversification de la programmation plutôt que sur le développement d’une seule discipline maîtresse. «Le C2, ce n’est pas nécessairement accessible à tout le monde, car ça prend un gros volume d’entraînement. Là, ce qui est plaisant, c’est qu’on a de plus en plus d’athlètes qui connaissent la rivière et qui découvrent la Mauricie. On s’ouvre sur le monde. C’est certain qu’il faut s’assumer dans tout ça et que ça prend plus d’organisation. Mais le jeu en vaut pleinement la chandelle, tant pour la Classique que pour les municipalités et les MRC avec lesquelles on travaille.»

Au-delà de la participation, M. Boileau s’est aussi délecté de la qualité des différentes courses au programme. «On a eu des épreuves extraordinaires, notamment en C2 et en rabaska. Il y a eu de très belles surprises et de très belles performances. C’était merveilleux!»

Bécancour se réjouit
Boileau n’était pas le seul à être ravi, à l’île Saint-Quentin. Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, était enchanté par le partenariat ficelé avec la Classique cette année. Dans le cadre d’une première collaboration de la sorte, la Ville de Bécancour s’est associée avec la Classique pour y accueillir le lancement d’une toute nouvelle discipline, l’outrigger.

Pour une première fois, la Ville de Bécancour a été insérée dans la programmation de la Classique internationale de canots de la Mauricie alors que les athlètes en outrigger prenaient le départ au quai de Sainte-Angèle.

Selon les deux protagonistes, le partenariat s’est avéré un véritable succès. «Je pense qu’on est en train de créer quelque chose de bien. Il y avait beaucoup de monde et on sentait une très belle atmosphère. En plus, c’est un événement qui s’inscrit bien dans notre volonté de redonner le fleuve aux citoyens. Ça prouve aussi qu’on peut très bien cohabiter et collaborer ensemble, d’une rive à l’autre», a souligné M. Dubois, qui a bien hâte de répéter l’expérience.

Le DG de la Classique partageait le même enthousiasme. «L’accueil qu’on a reçu à Bécancour était incroyable. Déjà, on parle de l’an prochain. Je pense qu’on va être là pour plusieurs années», a affirmé M. Boileau.

Parmi la trentaine d’inscrits en outrigger, on retrouvait notamment le Trifluvien Éric Myles, chef du sport au Comité olympique canadien. L’ancien kayakiste de haut niveau était enchanté par son expérience de 18 kilomètres sur le fleuve Saint-Laurent, entre Bécancour et Trois-Rivières.

«À la base, j’adore ramer. J’avais hâte de relever ce défi. Ramer sur le fleuve, c’est toujours spécial, ça donne droit à un paysage super beau, même si on n’a pas toujours le temps de le contempler pendant qu’on rame! L’arrivée du outrigger dans la Classique, c’est très intéressant. Il y a beaucoup d’adeptes, notamment dans la région de Montréal. C’est une discipline qui possède un grand potentiel.»

Un beau défi en planche à pagaie
Parmi les autres nouveautés de la 85e édition, on retrouvait aussi une catégorie de planche à pagaie, dont les athlètes devaient franchir les 37 kilomètres séparant Shawinigan et Trois-Rivières. En tout, on retrouvait une cinquantaine d’inscrits. Du nombre, on notait la présence de l’olympien de Pékin 2008 Gabriel Beauchesne-Sévigny.

«J’avais déjà fait la Classique trois fois en rabaska, mais c’est la première fois que je faisais le trajet en paddle board. En descendant, je regardais sans cesse à gauche et à droite, tellement c’était magnifique. Ça me rappelait de très beaux souvenirs du temps où je m’entraînais sur la rivière», a mentionné le Trifluvien d’origine.

Les amateurs ont eu droit à de belles luttes en C2 tout au long du week-end sur la rivière Saint-Maurice.

Au final, Beauchesne-Sévigny a bouclé le parcours en deuxième position, derrière le vainqueur Tamas Buday jr. Maxime Poulin a complété podium du volet professionnel.

«C’était vraiment trippant! Ça allait très vite après la Gabelle! Présentement, au Québec, on est 10 ans en arrière dans le développement du paddle board. C’est à souhaiter qu’un genre d’événement comme ça puisse permettre de faire grandir la discipline», a souri Buday, olympien de 2000 en canoë qui s’est aujourd’hui investi à temps plein dans la planche à pagaie.