Plus d'une centaine d'aventuriers québécois se sont réunis à l'auditorium de l'école secondaire Chavigny, dimanche, dans le cadre de la Classe des maîtres Osez l'aventure! organisée par Frédéric Dion.

Classe des maîtres Osez l'aventure!: «Pour moi, c'est un franc succès»

«Plus jeune, ça aurait changé ma vie, j'aurais capoté. Ce qui se passe entre ces murs-là va être marqué dans les annales de l'aventure au Québec.»
C'est ainsi que l'aventurier Frédéric Dion voit sa toute première Classe des maîtres Osez l'aventure!, une journée de conférences d'une dizaine d'aventuriers reconnus qui avait lieu dimanche à l'auditorium de l'école secondaire Chavigny à Trois-Rivières. D'une certaine façon, Frédéric Dion a réalisé un autre de ses rêves.
«C'est un événement qui n'existait pas, qui est unique. Certains disent même que c'est unique au monde. De pouvoir réunir les maîtres de l'aventure avec les gens de la relève, c'est vraiment intéressant. Même pour moi à 15 ans de carrière en tant qu'aventurier professionnel, d'avoir accès à de l'information et de la connaissance comme ça, c'est hyper formateur», confie Frédéric Dion.
Parmi «les plus grands», étaient présents pour l'occasion André-François Bourbeau, maître de la survie et auteur qu'on a d'ailleurs pu voir dans l'émission Expédition extrême à l'antenne de Z à l'automne, Sébastien Sasseville, qui a entre autres atteint le sommet du mont Everest en 2008 malgré son diabète de type 1, et Mylène Paquette, qui fut la première personne du continent américain à franchir à la rame en solitaire, l'océan Atlantique Nord, d'ouest en est.
«Ces gens-là ont accepté de venir du premier coup. C'est vraiment une problématique qu'on a, nous les aventuriers, d'évoluer chacun de notre côté, seul, sans avoir d'échanges intéressants. Ils ont donc tous accepté bénévolement de venir nous parler de leur spécialité, de leurs connaissances, pour nous permettre de dépasser nos limites, d'aller un peu plus loin, de comprendre un peu mieux comment ça se passe dans le domaine de l'aventure, de la commandite et de la réalisation de projet», explique l'organisateur de l'événement.
Un événement ouvert à tous
Frédéric Dion a d'abord eu l'idée de créer cette Classe des maîtres pour les aventuriers qui s'étaient inscrits à la bourse Osez l'aventure! Il a toutefois pris la décision de lancer l'invitation à tous les aventuriers du Québec et à toute la population en général et il n'a pas été déçu.
«Au départ, on visait une salle de 150 personnes. On a trouvé l'auditorium de Chavigny qui a 300 places et elle est remplie à moitié. Il y a 150 personnes, donc pour moi, c'est un franc succès», lance-t-il tout sourire.
Autant pour les aventuriers que pour la population en général, les témoignages des conférenciers étaient lourds de sens.
«C'est très inspirant d'écouter comment d'autres personnes ont mené à bien leurs projets, quelles difficultés elles ont rencontrées et comment elles ont procédé pour le financement, car c'est vraiment difficile sans financement de réaliser nos rêves», mentionne l'une des six finalistes à la bourse Osez l'aventure!, Marie-Josée Béliveau. 
La Mauricienne d'origine s'est reconnue dans plusieurs situations vécues par les conférenciers. L'expérience de dimanche lui sera assurément bénéfique dans ses futures expéditions.
«Au niveau financier, c'est toujours difficile. Moi je l'ai toujours fait par mes propres moyens, mais ici j'apprends beaucoup. Je me dis que ça serait intéressant que je développe plus ça pour pouvoir vraiment aller plus loin. Aussi, la question de la sécurité a été abordée et en tant que femme qui a comme projet de traverser l'Amazonie, j'ai entendu des choses qui vont grandement m'aider pour éviter les situations compliquées.»
Et les conseils sont applicables dans plusieurs situations de la vie. Comme l'exprime Frédéric Dion, l'aventure est beaucoup plus large que le défi physique, le plein air ou le voyage.
«L'aventure, c'est chaque fois qu'on sort de sa zone de confort. Que ce soit de s'initier à un nouveau sport, de faire une aventure, d'avoir des enfants ou de construire une maison, on parle de la même chose. Il y a des trucs qui peuvent servir à tous ces projets-là, de la motivation, des façons de faire... La force de certains aventuriers peut être applicable à tout.»
«Un début de communauté»
L'événement de dimanche pourrait être le début d'un mouvement de solidarité de la communauté de l'aventure au Québec. Autant les plus expérimentés que les recrues n'ont jamais assez de contacts et de connaissances pour les aider dans leurs projets. 
«On a notre groupe Facebook, on a commencé à échanger. Déjà d'arriver et dire: ''Hey, on peut collaborer et ça ne nous nuira pas'', c'est un premier pas, affirme Frédéric Dion. Si on se fie à ce qui est fait dans d'autres pays et dans d'autres domaines, éventuellement il va y avoir une association, une structure.»
L'organisateur de la toute première Classe des maîtres n'a aucune idée de ce qui pourrait naître de cet événement, mais il est conscient que ça pourrait inspirer certaines personnes. «C'est une graine qui est semée... Pour la suite, on verra.»
Et quant à la tenue d'une deuxième édition de la Classe des maîtres, Frédéric Dion est toujours en réflexion, mais ne ferme pas la porte.
«La réponse des gens me donne le goût de poursuivre, mais pour moi ç'a été beaucoup d'effort, une bonne journée de stress. Peut-être que d'autres vont prendre le relais dans le futur ou peut-être que je vais me dire que ça vaut la peine et que je veux le faire une année de plus...»