Martin Beaumont, président et directeur général du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec.
Martin Beaumont, président et directeur général du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec.

CIUSSS: des gains mais aussi des défis

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Si le réseau de la santé dans la région s’est amélioré depuis la création du CIUSSS quant à l’accessibilité à un médecin de famille, la performance des urgences et la réduction des listes d’attente, les défis sont encore très grands quant à l’amélioration de la santé et la sécurité des travailleurs du réseau de même que les suivis faits auprès de la clientèle des Centres jeunesse.

C’est du moins le constat qui ressort du bilan dressé par le président et directeur général du CIUSSS-MCQ, Martin Beaumont, qui a rencontré la presse mardi pour dresser le portrait du réseau, un peu plus de deux ans après la création du CIUSSS.

Ce même bilan sera d’ailleurs présenté jusqu’au 24 octobre dans quatre grandes rencontres publiques d’informations qui se tiendront aux quatre coins de la région. La première avait lieu mardi soir à La Tuque. Trois autres séances auront lieu à Victoriaville, Louiseville et Nicolet au cours des prochaines semaines.

La plus grande réussite du CIUSSS-MCQ, selon Martin Beaumont, demeure la stratégie de santé primaire, c’est-à-dire l’accès direct aux soins de santé lorsque nécessaire. Ainsi, l’amélioration des statistiques d’accès à un médecin de famille, de capacité de le consulter rapidement de même que les durées moyennes de séjour à l’urgence démontrent de nettes améliorations, allant parfois jusqu’à dépasser les objectifs fixés par le ministère de la Santé.

À ce jour, 85,6 % de la population de la région a un médecin de famille, contre 77,9 % en 2014-2015. «On considère qu’une partie de la population n’est pas dans la nécessité d’avoir une prise en charge complète. Une certaine proportion de la population en demande moins. L’objectif serait que tous ceux qui en ont besoin d’un en aient un», précise Martin Beaumont, ajoutant qu’encore 25 000 personnes inscrites au guichet unique de patients orphelins sont toujours en attente d’un médecin de famille, avec des proportions plus grandes à Trois-Rivières et dans Arthabaska-et-de-l’Érable.

La durée moyenne de séjour à l’urgence a également diminué de 13,5 heures en 2014-2015 à 11,3 heures à ce jour. Un effort collectif que n’a pas manqué de souligner Martin Beaumont, saluant du même coup l’effort du corps médical pour l’atteinte des objectifs. Le CIUSSS note également des améliorations dans les interventions auprès de la jeunesse, du soutien à domicile, ainsi qu’une diminution de 89 % des personnes en attente d’une chirurgie, soit l’un des meilleurs accès enregistrés en province.

Par contre, Martin Beaumont est d’avis que des efforts restent encore à faire pour améliorer non seulement le recrutement du personnel, mais aussi de garder les employés au travail dans un souci de santé et de sécurité. «Il nous reste beaucoup de choses à faire pour que nos employés sachent qu’on les aime», admet-il. 

Selon lui, les revendications formulées par les infirmières et préposés aux bénéficiaires sur les différentes tribunes, notamment en ce qui concerne la charge de travail et le temps supplémentaire obligatoire, sont justifiées. Martin Beaumont reconnaît que des problèmes de disponibilité de la main-d’œuvre pour le recrutement, mais surtout d’absentéisme pour raison de santé, restent présents. 

«On a des enjeux d’assurance salaire, nos employés se blessent, ont des problèmes musculo-squelettiques. Il faut arrêter de traiter des dossiers de maladie et se mettre en mode protection de la santé de nos travailleurs. C’est un changement de culture important pour le réseau au complet», reconnaît-il, ajoutant avoir visité des entreprises privées pour s’inspirer de différents modèles de prévention en santé et sécurité au travail. 

«On est aux antipodes de la culture de sécurité des travailleurs. Il faut améliorer la santé et la sécurité de nos travailleurs pour assurer leur disponibilité, pour arrêter la roue de spinner. Moins je les garde, plus il y a de temps supplémentaire, et plus ils partent. C’est une roue sans fin», mentionne M. Beaumont.

Ce dernier se dit aussi préoccupé par les améliorations à apporter au niveau du suivi jeunesse. Rappelons d’ailleurs que la direction régionale des Centres jeunesse est toujours sous le coup d’une enquête systémique de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. «Il nous reste à améliorer des éléments de rigueur et de suivi au niveau de nos ressources, de nos familles d’accueil. Il faut ramener le pendule vers une vigie un peu plus structurée», soutient-il.