Louis Brunelle, directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CIUSSS MCQ.

CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec: un «virage à 180 degrés» pour contrer la pénurie de la main-d'oeuvre

Trois-Rivières — Bien conscient des conséquences de la pénurie de main-d’œuvre, le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec assure s’être déjà mis en mode solution.

Parmi les mesures mises en place, il y a eu l’embauche, cette année, de plus de 250 étudiants dans le domaine de la santé, notamment en soins infirmiers, principalement comme aides de service. On offre également de payer les frais de déplacement aux employés affectés dans des établissements où le manque de personnel se fait moins sentir, afin qu’ils viennent en renfort là où la situation est plus critique.

La direction du CIUSSS MCQ mise par ailleurs sur ce qu’il qualifie de «virage à 180 degrés» dans l’approche au niveau des ressources humaines, pour tenter de contrer la pénurie de main-d’œuvre.

Ce changement de paradigme vise principalement à faciliter le recrutement de nouveaux employés et à améliorer la rétention du personnel. Il consiste notamment à rendre les postes plus attractifs pour la génération des milléniaux, en offrant une plus grande stabilité, avec moins d’horaires transmis à la dernière minute.

«Ce que les gens veulent, c’est un poste stable. Ils veulent planifier leur fin de semaine et leurs jours de congé, ils ne veulent pas être obligés d’attendre après un téléphone pour savoir s’ils vont travailler ou non, illustre Louis Brunelle, directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CIUSSS MCQ. Il faut éliminer la notion d’équipes volantes qu’on avait développée et offrir des postes à temps complet ou sur quatre jours, par exemple.»

M. Brunelle reconnaît également que l’accompagnement offert aux nouveaux employés n’est pas toujours optimal, une lacune que ce virage vise également à corriger.

Pascal Bastarache, président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers (SPPSAM-CSN) du CIUSSS MCQ.

Ainsi, des retraités du CIUSSS pourront être rappelés, non pas pour leur demander de reprendre le collier, par exemple, de préposé aux bénéficiaires, mais pour faire bénéficier ceux qui le portent de leur expérience de travail. Des employés qui s’apprêtent à prendre leur retraite se feront également offrir de troquer leurs tâches actuelles contre celles de mentorat. Le processus d’embauche sera également simplifié et accéléré et le CIUSSS compte «investir sur la reconnaissance» du travail des employés, ce qui pourrait se traduire, par exemple, par davantage de congés.

Enfin, de la formation sur demande sera également offerte en certaines occasions par le CIUSSS à ses employés qui désirent obtenir un poste qui la requiert. M. Brunelle indique à cet effet que cette mesure a déjà été appliquée à Drummondville, où une dizaine d’employés ont suivi une formation payée par le CIUSSS pour devenir préposés aux bénéficiaires.

Ce virage devrait s’effectuer sur un an. Il a été adopté officiellement il y a quelques mois par le conseil d’administration du CIUSSS MCQ.

«On attend de voir les résultats»

Le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers (SPPSAM-CSN), Pascal Bastarache, accueille plutôt positivement le virage que tente de prendre le CIUSSS MCQ. Il préfère cependant attendre d’en voir les résultats avant de se réjouir.

«Ça me semble très bien, puisque l’ensemble des changements proposés avait été apporté par nous en négociation. On est enchanté d’entendre ce discours, mais on attend de voir les résultats», souligne-t-il.

M. Bastarache affirme ne pas encore avoir vu de ses yeux les effets positifs de ce virage sur le terrain, mais en a eu des échos. «On a su pour la formation de préposés aux bénéficiaires à Drummondville et ça nous ravit», souligne-t-il.

Le président du SPPSAM déplore cependant qu’un tel virage survienne seulement cette année, alors qu’il est réclamé depuis belle lurette par les syndicats, notamment le sien. «C’est un peu absurde que ça se fasse seulement maintenant, alors que ça fait deux ans qu’on le demande», indique-t-il.