Sandie Letendre, directrice générale de la Cité de l’énergie, a déjà apporté certaines modifications à la principale attraction touristique de Shawinigan.

Cité de l'énergie: pleins feux sur Sandie Letendre

Shawinigan — Sandie Letendre ne perd pas de temps pour imprégner sa touche à la Cité de l’énergie. Depuis son arrivée à temps plein au début de l’année, la nouvelle directrice générale a redéfini l’organigramme et suggéré à son conseil d’administration d’allonger la saison touristique d’un mois à l’automne, en plus d’ajouter la semaine de relâche en 2020. Entrevue avec une trentenaire sans complexe, bien installée dans les quartiers d’un homme qui a déjà été considéré comme un monument immuable à Shawinigan.

Mme Letendre n’a encore apporté à peu près aucun changement au bureau de Robert Trudel. Encore un peu et on pourrait imaginer le fondateur de la Cité de l’énergie entrer dans la pièce, cigarette au bec et demander à sa secrétaire, avec sa voix nasillarde, d’apporter un verre d’eau. Changement de garde, c’est la directrice générale elle-même qui se chargera de cette petite attention.

«Je n’ai pas encore eu le temps de modifier quoi que ce soit», sourit-elle, en jetant un regard sur son environnement de travail. «Je me sens chez nous pareil. Pour moi, c’est juste du mobilier. Mais c’est sûr que je voudrais quelque chose d’un peu plus convivial... Par exemple, le bureau de travail n’est pas nécessairement fait pour avoir un ordinateur. Ce n’est pas très ergonomique!»

La jeune femme sait bien qu’elle remplace un personnage fort dans l’histoire de Shawinigan, tombé en disgrâce à la suite d’un reportage sur des allégations de comportements et de propos inappropriés à connotation sexuelle. Elle n’a jamais rencontré Robert Trudel, même si elle occupe la présidence de Culture Mauricie depuis juin 2017. Les circonstances entourant son départ ne lui font ni chaud ni froid.

«Je travaille à partir de maintenant», explique-t-elle. «Une gestion a été faite avant, par le conseil d’administration et par l’équipe en place. Je suis avec des gens compétents, qui ont à cœur la Cité de l’énergie. C’est un contexte très favorable pour moi. Il faut toujours garder ça (les circonstances du départ de Robert Trudel) en tête, mais je ne peux pas dire que je le sens tant que ça au quotidien. Je respecte beaucoup ce qui s’est fait avant. De belles choses ont été construites. La Cité de l’énergie, c’est un emblème, c’est un organisme en bonne santé et des gens ont travaillé pour l’amener là.»

Néanmoins, elle observe un accueil dithyrambique du milieu touristique à son endroit. Son ouverture ne passe pas inaperçue, alors que Robert Trudel avait plutôt tendance à imposer son rythme.

«Les gens sont contents de l’esprit de collaboration», convient-elle. «Je le sens.»

Changements à l’horaire

Outre quelques changements cosmétiques au grand spectacle du Cirque Éloize, Nezha - L’enfant pirate, Sandie Letendre laisse le bateau avancer à sa première année en poste en ce qui concerne les principales attractions. Son attention a surtout été attirée par la durée de la saison de la Cité de l’énergie. Pour elle, il existe un potentiel à exploiter.

«Normalement, après le 22 septembre, nous n’étions ouverts que pour les groupes», explique-t-elle. «Nous voulons garder le centre des sciences ouvert le week-end jusqu’à la fin octobre, pour profiter de la période des couleurs. Il y avait une demande, selon ce que j’ai compris de mes discussions avec les intervenants touristiques locaux et régionaux.»

La Cité de l’énergie sera également ouverte au public pendant la semaine de relâche 2020, annonce la directrice générale. «Nous aurons des activités spéciales», prévoit-elle. «Nous aurons une offre presque complète et en plus, nous ajouterons certaines animations, des activités spéciales, comme des spectacles ou des animations ambulantes. Nous réfléchissons là-dessus actuellement.»

Mme Letendre observe ce qui se fait à travers le Québec et elle constate que les musées sont normalement ouverts pendant une quarantaine de semaines par année. La Cité de l’énergie n’ouvrira ses portes que pendant 21 semaines en 2019-2020, en incluant la prolongation prévue à l’automne et la semaine de relâche. Elle souhaite donc se rapprocher de la moyenne au cours des prochaines années.

Une retouche du site Internet de la Cité de l’énergie fait également partie de ses plans, notamment pour mieux faire connaître «l’ADN de l’organisation», souligne-t-elle.

Un regard neuf sur l'organigramme

Sandie Letendre s’est appliquée à réaliser un diagnostic organisationnel à son arrivée en poste à la Cité de l’énergie, un réflexe sans doute inspiré de la maîtrise en administration des affaires (conseil en management) qu’elle s’impose à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal. 

Certains constats lui ont rapidement sauté aux yeux. L’un d’eux ne surprendra personne: la Cité de l’énergie ne reposait sur les épaules que de quelques piliers, en particulier les frères Robert et Michel Trudel. Le premier avait déjà déclaré qu’on le retrouverait sans doute mort dans son bureau un de ces jours. Quant à Michel, directeur des opérations qui a pratiquement monté le complexe touristique pièce par pièce, ses connaissances rendaient son départ inimaginable.

À 71 ans pourtant, l’heure de la retraite doit être envisagée. En mars, la Cité de l’énergie a publié une offre d’emploi pour un poste d’adjoint au directeur des opérations. Le candidat retenu débute lundi. 

«C’est moi qui ai fait la démarche», explique M. Trudel. «C’est sûr que je devrai être remplacé un jour. Je vais faire la prochaine saison au complet à temps plein et à l’automne, on verra. Je ne pense pas que je partirai d’un coup. Je ne sais pas encore comment ça va se passer, mais je vais sans doute continuer à temps partiel.»

La transmission de ce savoir s’annonce complexe, autant en termes de nombre d’heures que de tâches à effectuer. «Au début, je vais lui dire de me suivre et de faire la même chose que moi!», sourit M. Trudel.

Sa nouvelle directrice n’est pas pressée de le voir partir.

«Nous sommes conscients que remplacer sa tâche à 100 %, ça ne se fera pas d’un coup», convient Mme Letendre. «Ça nous prend quelqu’un avec des compétences manuelles en plomberie, en mécanique, en électricité, en plus d’un potentiel pour gérer une équipe. Nous envisageons éventuellement d’avoir deux personnes, soit un directeur des opérations et un adjoint. Il faut répartir les tâches, mais tant que Michel voudra être là, on va le garder!»

Autre constat, pour améliorer la flexibilité des communications, l’organisme a embauché au début mai une responsable, Roxanne Lefebvre-Baril. Jusqu’à maintenant, la Cité de l’énergie confiait tous ces mandats à une firme externe.

«Ce n’est pas comme avoir quelqu’un à l’interne qui s’occupe des fils d’actualités, qui va mettre du contenu, qui gère les communications quotidiennes», souligne Mme Letendre. «Je trouvais que ça manquait.»