La Ville de Shawinigan vient d'entreprendre la citation de la gare du CP, comme elle s'était engagée à le faire en 2014.

Citation patrimoniale de la Gare du CP à Shawinigan: la demande est enclenchée

Tel que convenu dans les négociations avec le Canadien Pacifique pour l'acquisition de la fameuse gare de l'avenue de la Station, le conseil municipal de Shawinigan vient d'entreprendre les procédures pour obtenir une citation patrimoniale de ce bâtiment.
En assemblée publique le 11 avril, la conseillère du district Almaville, Josette Allard-Gignac, a déposé un avis de motion préparant l'adoption de ce règlement.
Dans les motifs présentés, elle invoque que la construction de cette gare remonte à 1927, qu'elle a été conservée dans son état original, qu'elle témoigne de son authenticité par les matériaux utilisés et les techniques de construction de l'époque. 
De plus, la Ville considère que le niveau exceptionnel de conservation du bâtiment justifie sa préservation. À noter que la gare fait déjà partie du répertoire des lieux patrimoniaux du Canada. Malgré tout, cette citation demeure nécessaire pour respecter les termes de la transaction conclue officiellement en février. En fait, il faut une reconnaissance du gouvernement provincial pour respecter cette vente.
«Patrimoine Canada nous oblige à citer la gare», souligne le maire, Michel Angers. D'ailleurs, cette démarche confirme l'intention manifestée par le conseil municipal en juin 2014. Cette citation devrait permettre à la Ville d'obtenir une aide financière pour procéder à la restauration des lieux. Une fois les travaux réalisés, la Ville louera cet emplacement.
Le maire ne peut toujours pas s'avancer sur les potentiels locataires de cette gare une fois ragaillardie. Située près de l'une des principales entrées de la ville, tout près du Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins, cette restauration complétera le coup de barre donné au secteur depuis une quinzaine d'années.
«Il faut des projets avec une certaine rentabilité, comme tout ce qu'on prend et qu'on transforme», avance M. Angers, citant l'exemple du CEADS. «Nous avons eu des subventions pour la Maison Francis-Brisson. Nous regarderons pour en avoir pour la gare et on verra la suite des choses. Bien sûr, il y a des conditions, mais selon la hauteur des subventions, ça vaut souvent le coup.»
Rappelons qu'après huit ans de négociation, le conseil municipal a finalement pu autoriser cette acquisition en février, au coût de 150 000 $. Toutefois, le dernier programme triennal d'immobilisations adopté en décembre estime à 1,97 million $ le montant nécessaire pour la rénovation et la restauration de l'immeuble. 
À la période de questions à la dernière assemblée publique, Jean-Pierre Dufresne a demandé au maire comment il pouvait expliquer une telle évaluation.
«Est-ce qu'il va y avoir des poignées en or?», ironise-t-il. «Pourquoi plus de deux millions $?»
«Si le gouvernement nous demande des obligations pour respecter le patrimoine, qu'il nous donne les subventions nécessaires», rétorque le maire.