Le ministre responsable du Centre-du-Québec, André Lamontagne, est maintenant sous pression dans sa propre région.

CISSS Centre-du-Québec: André Lamontagne sous pression

DRUMMONDVILLE — Déjà plongé dans plus d’une controverse, voilà que le ministre responsable du Centre-du-Québec, André Lamontagne, est mis sous pression par la Chambre de commerce et d’industrie de Drummond (CCID) pour qu’il livre la promesse électorale d’un Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) spécifique à la région.

Fraîchement nommé dans ses nouvelles responsabilités, il avait confié au Nouvelliste vouloir réaliser cet engagement de son parti. «Quand mon premier ministre m’a confié cette nouvelle charge, j’ai validé avec lui. Il m’a dit: André, c’est ça qu’on a annoncé et c’est là qu’on s’en va», avait-il déclaré en entrevue.

Or, depuis l’engagement ferme de réimplanter un CISSS à Drummondville par la Coalition avenir Québec, la CCID trouve que le message du nouveau gouvernement dérive et se dilue lentement vers la quête de l’obtention d’un consensus dit régional et d’un compromis de restauration de l’autonomie en santé et services sociaux. Les intervenants de la région demeurent d’ailleurs sans nouvelle d’une proposition de rencontre qui devait être organisée à la suite d’un tête-à-tête entre le CIUSSS MCQ et les députés caquistes qui a eu lieu le 14 janvier dernier.

Et parce que le dossier ne semble pas faire l’unanimité au Centre-du-Québec, la Chambre se questionne ouvertement sur le réel pouvoir du ministre régional afin de réaliser sa promesse. «Notre ministre responsable du Centre-du-Québec, André Lamontagne, doit s’expliquer. L’engagement que son chef François Legault et lui ont pris à titre de candidats lors de la campagne de 2018 était clair et précis: ramener un CISSS au Centre-du-Québec. Il n’était alors pas question de consensus régional ou d’autre forme d’accommodements à sa réalisation», fait remarquer la présidente de la CCID, Linda Desrochers, qui représente plus de 650 entreprises et 1350 délégués dans la MRC de Drummond.

Selon elle, «les informations en notre possession nous donnent d’excellentes raisons de croire que l’engagement électoral de la CAQ ne sera pas tenu dans sa forme initiale». «Nous ne nous satisferons pas de modifications d’organigramme et de changements cosmétiques. André Lamontagne a pris un engagement clair en la création du CISSS pour le Centre-du-Québec pour obtenir la confiance des électeurs de la région et nous avons voté en conséquence», a prévenu Mme Desrochers.

Pourquoi une telle sortie à ce moment-ci? «C’est un dossier qu’on suit depuis un bon bout de temps. On veut voir où en est le dossier parce que le budget pour la confirmation des projets pour la prochaine année arrive. C’est sûr que si on ne veut pas que ce projet-là tombe dans l’oubli, il faut remettre le débat sur la table à dessin pour être sûr que les engagements soient pris avant le 1er avril», a-t-elle expliqué.

Appelé à commenter, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne, a fait savoir par l’entremise de son attachée de presse, Laurence Voyzelle, qu’il n’accorde pas d’entrevue à ce sujet. «Mais je peux vous dire que les discussions se poursuivent», a-t-elle précisé au nom du député de Johnson.

L’engagement électoral de la CAQ de doter le Centre-du-Québec de son propre CISSS a pour effet de provoquer des déchirements sur la rive sud. Si le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, prône le maintien de la structure actuelle du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, réclame son CISSS centricois tandis que la présidente de la Table régionale des MRC, Geneviève Dubois, est à la recherche d’un consensus régional.

Récemment, celle-ci admettait que «ce n’est pas évident les dossiers où chaque MRC n’est pas impactée de la même façon». La préfète de la MRC de Nicolet-Yamaska affirme que les élus veulent des soins pour leur monde. Reste à savoir, dit-elle, comment ça va se traduire.

Pour Jean-Guy Dubois, c’est une question de qualité et de proximité de services s’il veut tant conserver la structure actuelle. «Nos gens sont nombreux à aller chercher leurs services spécialisés à Trois-Rivières», faisait-il remarquer dernièrement.

Mais pour Alexandre Cusson, le statu quo est inacceptable. «Que ce soit à Victoriaville ou Drummondville, au niveau de la santé, il n’y a pas de répondants comme tels dans nos milieux. C’est important pour le milieu sociocommunautaire. Il faut trouver une façon de répondre à ces préoccupations-là», a-t-il déjà fait savoir.

Or, le préfet de la MRC de Bécancour, Mario Lyonnais, avait rapporté que la Ville de Bécancour plaidait justement pour le statu quo, «ayant un intérêt pour l’autre côté du fleuve».

«On n’a pas pris de décision officielle. C’est sûr que nous sommes un peu divisés là-dessus. Pour l’instant, nous ce qu’on dit, on aime mieux avoir de l’argent sur le terrain que d’avoir de l’administratif», affirmait le maire de Sainte-Françoise.

D’ailleurs, la rencontre qui devait avoir lieu mardi soir entre les gens du CIUSSS et le conseil des maires pour parler de la possible fermeture du CLSC de Fortierville la nuit a été annulée en raison de la tempête.