Le propriétaire du restaurant Le Buck, Martin Bilodeau.
Le propriétaire du restaurant Le Buck, Martin Bilodeau.

Cirque du Soleil: des impacts importants pour le centre-ville

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Bien qu’elle était appréhendée par plusieurs intervenants du milieu de la restauration et du milieu touristique à Trois-Rivières, l’annonce du report d’un an du spectacle du Cirque du Soleil a eu l’effet d’une bombe, mercredi après-midi pour plusieurs d’entre eux. Un peu partout dans la région, mais spécialement au centre-ville de Trois-Rivières, la venue annuelle du Cirque du Soleil l’été rimait forcément avec un chiffre d’affaires très intéressant, des revenus sur lesquels on craint ne pas pouvoir compter cette année.

Au restaurant Le Buck, situé à quelques pas de l’Amphithéâtre Cogeco, on n’a jamais connu la période «pré-Cirque», étant donné que l’établissement a ouvert ses portes en 2016, soit la deuxième année de présence du Cirque à Trois-Rivières. Par contre, le propriétaire Martin Bilodeau sait très bien qu’en période estivale, de 35 % à 40 % de sa clientèle sont des spectateurs du Cirque du Soleil qui vont manger avant de se rendre à l’Amphithéâtre Cogeco.

«Il faudra être créatif cet été. On espère qu’une fois la crise passée, les gens auront envie de sortir et qu’ils seront au rendez-vous, mais c’est un impact majeur pour nous, c’est évident», explique le propriétaire du restaurant qui, pour le moment, est fermé au moins jusqu’au 1er mai en raison de la crise sanitaire. Pas moins de 35 employés ont été mis à pied temporairement, et l’équipe propose au public d’acheter des cartes-cadeaux sur leur site Internet afin de les encourager à tenir le coup et repartir sur une certaine base une fois la crise passée.

Le Buck n’est certainement pas la seule entreprise du centre-ville qui écopera de cette décision. À la Société de développement commercial, la directrice Gena Déziel confirme que l’impact de la présence du Cirque pour les différents commerçants du centre-ville est énorme. En effet, l’an dernier, le spectacle avait attiré plus de 72 000 spectateurs au cours de l’été, dont 70 % provenaient de l’extérieur de la Mauricie.

«On avait espoir que ce soit maintenu, mais c’est certain qu’on l’appréhendait. Nous allons devoir travailler à trouver des solutions avec l’ensemble des partenaires afin de mettre en place des idées pour compenser les pertes et continuer d’attirer les gens au centre-ville quand la crise sera passée», considère Mme Déziel, qui se montre prête à se retrousser les manches dans les circonstances.

Pour la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, on se préparait également, à contre cœur, à une telle annonce. «On le savait, mais on ne voulait pas le savoir», résume la présidente de la Chambre, Johanne Hinse, qui se dit toutefois confiante de voir une solution alternative être mise en place, permettant aux entreprises, restaurants, hôtels et autres acteurs de l’industrie touristique de tirer leur épingle du jeu au sortir de cette crise.

«Je suis confiante. Je connais les gens de la Corporation des événements. C’est une équipe créative et ils vont trouver le moyen d’offrir quelque chose de très intéressant lorsque nous allons émerger de cette crise. L’Amphithéâtre Cogeco est devenu un incontournable du développement économique du centre-ville, et je demeure positive que du bon va sortir de ça», mentionne Mme Hinse.

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

Même son de cloche pour le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche. «Il faut se relever les manches. L’équipe de la Corporation des événements est déjà en action. J’ai parlé avec le directeur général qui m’a confirmé être déjà à l’affût des opportunités de spectacles, d’événements pour maintenir l’impact positif de l’amphithéâtre sur son milieu tel qu’il le fait si bien depuis plusieurs années», mentionne M. Lamarche.

Le propriétaire du Buck, Martin Bilodeau, tente quant à lui de voir le positif au bout de ça. «Je continue d’espérer qu’on aura un automne absolument incroyable», lance-t-il en riant.