L’individu a agressé sexuellement sa fille et son fils dans les années 80 et 90 pour ensuite récidiver 25 ans plus tard en s’en prenant cette fois-ci à sa petite-fille et son petit-fils.

Cinq ans de prison pour un septuagénaire

TROIS-RIVIÈRES — Un Trifluvien âgé de 70 ans a pris le chemin du pénitencier pour les cinq prochaines années relativement à des abus sexuels commis sur ses enfants et ses petits-enfants.

Cet individu, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des victimes, a en effet agressé sexuellement sa fille et son fils dans les années 80 et 90 pour ensuite récidiver 25 ans plus tard en s’en prenant cette fois-ci à sa petite-fille et son petit-fils.

Il a d’ailleurs plaidé coupable à huit chefs d’accusation lors de son retour devant le tribunal mardi, soit inceste, attentat à la pudeur, agressions sexuelles sur sa fille entre 1981 et 1986, agressions sexuelles et incitation à des contacts sexuels sur son fils entre 1986 et 1994 de même que des attouchements sexuels sur ses petits-enfants âgés entre 8 et 11 ans entre 2015 et 2017.

Tel que l’a expliqué la procureure de la Couronne, Me Catherine Lemay, ces abus intrafamiliaux ont été mis à jour en octobre 2017 en raison des verbalisations de la petite-fille. En revenant d’une visite chez ses grands-parents, elle a avoué à sa mère que son grand-père lui avait touché les fesses et les organes génitaux, et ce, à plusieurs reprises au cours des deux dernières années.

Dès le dépôt de sa plainte, une enquête a été entreprise. Les policiers de Trois-Rivières ont alors appris que son frère avait lui aussi été victime de touchers aux organes génitaux dans la même période.

Puis, ce sont les secrets bien gardés de toute la famille qui ont volé en éclats. Le père des deux jeunes enfants a confessé avoir été abusé dans sa jeunesse par ce même homme. Dans son cas, les agressions ont duré une dizaine d’années. Les attouchements ont commencé en bas âge. À l’adolescence, son père lui a notamment fourni des films pornographiques qu’il a écoutés avec lui. Il s’est aussi masturbé devant lui et il lui a demandé de faire la même chose à ses côtés. À une occasion, le père, alors âgé de 46 ans a fait une fellation à son fils, âgé de 13 ans.

Il a également abusé de sa fille, toujours dans les années 80. Selon ce qu’elle a mentionné aux policiers, elle ne se rappelle pas du moment où les abus ont commencé puisqu’elle était très jeune elle aussi et que c’était devenu normal pour elle. Elle se souvient par contre du moment où ils ont cessé puisqu’elle en avait parlé à sa mère. Parmi les gestes, on parle ici d’attouchements sexuels et de pénétrations. Celles-ci n’étaient pas complètes mais elles ont suffi à lui causer des déchirures.

Leur motivation à dénoncer leur père résulte évidemment des abus commis aux petits-enfants et de leur désir de les protéger. C’est que l’abuseur en question avait suivi dans le passé une thérapie, ce qui pouvait laisser croire que sa problématique était réglée. Me Lemay a aussi indiqué qu’en 2011, il avait fait une tentative de suicide, ce qui avait par la suite entraîné un certain rapprochement avec son fils.

Il s’agit d’éléments qui ont été pris en compte par la Couronne et l’avocate de la défense Me Pénélope Provencher dans le cadre de leur proposition de sentence de cinq ans à la juge Guylaine Tremblay. Son absence d’antécédents judiciaires, son plaidoyer de culpabilité rapide et sa responsabilisation sont des facteurs qui ont aussi été considérés.

Depuis son arrestation, l’individu est notamment retourné suivre une thérapie pour sa problématique sexuelle. Sans minimiser les gestes commis, son avocate a rappelé qu’il avait lui-même été victime d’abus sexuels et physiques par son père dans sa jeunesse. Son frère se serait d’ailleurs suicidé pour les mêmes abus.

Avant que la sentence ne soit prononcée, il a tenu à s’adresser au tribunal et plus précisément à ses enfants présents dans la salle d’audience. «Je suis conscient de ce que je leur ai fait vivre. Je voudrais aussi qu’ils disent à leurs enfants qu’ils n’ont pas à vivre de culpabilité à cause de cette torture et du secret que j’ai demandé. Je les aime tous. C’est malheureux. Si je recule en arrière, j’aurais aimé sentir ce que c’est que d’être aimé», a-t-il raconté en sanglotant.

Il s’est excusé bien qu’il admette que ça n’effacera rien. Il a aussi mentionné à la juge qu’il trouvait justifiée la sentence de cinq ans et qu’il «l’acceptait humblement et avec sérénité. La sentence est un autre moyen pour moi d’arriver à vivre en paix avec moi-même et de laisser les autres en paix», a-t-il ajouté.

La juge a entériné la suggestion de sentence. Outre les cinq ans de prison, le septuagénaire sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à perpétuité et soumis à plusieurs interdictions de contact relativement aux mineurs et aux victimes.