Alain Beauparlant, directeur général de la station Vallée du parc, souhaite accueillir les cinéphiles à compter du 16 juin.
Alain Beauparlant, directeur général de la station Vallée du parc, souhaite accueillir les cinéphiles à compter du 16 juin.

Ciné-parc: Shawinigan accorde une mesure non réglementaire à Vallée du parc

Shawinigan — Puisque le zonage ne permet pas l’organisation d’un ciné-parc sur sa propriété, Vallée du parc a obtenu une permission exceptionnelle de la Ville de Shawinigan pour réaliser son projet pilote. Le conseil municipal lui accorde une mesure non réglementaire, comme le lui permet son règlement général.

Rappelons que le directeur général de cette station de ski, Alain Beauparlant, réfléchit sur une façon d’utiliser ces vastes installations récréatives en été depuis plusieurs années. L’actuelle crise du coronavirus l’a incité à devancer un projet de ciné-parc sur lequel il planchait depuis l’an dernier.

SUR LE MÊME SUJET: Un ciné-parc à Vallée du parc

Or, le zonage de cette vaste propriété ne permet pas, actuellement, la tenue de cette activité. Afin d’éviter un long processus de modification qui retarderait la mise en place de cette initiative, la Ville de Shawinigan s’appuie sur le titre 11 de son règlement général pour accommoder le promoteur.

Au quatrième alinéa de l’article 11.1.1.1 portant sur les mesures non réglementaires, il est stipulé que le conseil municipal peut «prévoir, à l’occasion d’événements ou de circonstances exceptionnelles, certaines exceptions aux exigences du présent titre ou d’une résolution adoptée en vertu du présent article, à moins que la loi ne lui permette de le faire autrement que par règlement.»

«C’est pour un usage restreint à cette saison», indique Véronique Gagnon-Piquès, agente d’information à la Ville de Shawinigan. «Si M. Beauparlant souhaite avoir un ciné-parc à long terme, il devra formuler une demande de modification de zonage, selon les règles habituelles.»

La porte-parole précise toutefois que le promoteur doit s’assurer de mettre en place les mesures sanitaires et de distanciation physique requises en raison de la COVID-19.

«Nous étions conscients que si nous passions à travers tout le volet normal de modification au zonage, ça se pourrait que la réponse n’arrive qu’en juillet ou même plus tard», mentionne Mme Gagnon-Piquès. «Nous évitons des délais supplémentaires en adoptant une mesure non réglementaire, pour cet été seulement.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ajoute que le contexte exceptionnel de la pandémie commandait un peu de créativité de la part des élus, afin d’offrir un divertissement à la fois original et sécuritaire aux citoyens.

«Dans le contexte où l’ensemble des activités sont arrêtées, il faut trouver des idées», rappelle-t-il.

Le maire ne craint pas trop que cette mesure puisse servir de prétexte à l’avenir pour contourner une procédure qui, normalement, peut être contestée par les citoyens des zones contiguës.

«J’espère bien qu’on n’aura pas de COVID chaque année!», laisse-t-il tomber. «Nous prenons cette orientation en fonction de la situation actuelle. C’est assez exceptionnel ce qui touche le tourisme présentement. L’idée du ciné-parc circule un peu partout et avec cette offre de Vallée du parc, nous avons pensé que ce serait une bonne idée pour nos citoyens.»

«Nous évaluons les mesures non réglementaires au fur et à mesure», ajoute-t-il. «Nous faisons plein de choses, pendant la COVID, qu’on ne ferait pas en d’autre temps. Les citoyens veulent des activités. C’est pourquoi nous avons pensé qu’exceptionnellement pour cet été, ce pourrait être une belle occasion.»

Une résolution pour autoriser cette mesure non réglementaire devrait être adoptée à la séance publique du 9 juin.

Le 16 juin?

De son côté, M. Beauparlant poursuit ses démarches pour réaliser son projet pilote. Son nouvel écran est prêt et un test de projection était prévu jeudi soir.

L’homme d’affaires convient qu’il bénéficie d’une occasion exceptionnelle pour réaliser son projet de ciné-parc. Si le public répond, il pourrait enclencher le processus normal de changement de zonage à temps pour la saison 2021.

«Je suis très confortable avec ça», déclare M. Beauparlant. «Avant d’investir un demi-million de dollars et installer deux écrans, on va faire un test. Le but est de faire un projet pilote. Nous serons respectueux.»

D’ailleurs, il tient à préciser qu’il ne souhaite pas profiter de cette permission pour élargir l’offre, par exemple en organisant des spectacles sur scène du même genre que la tournée des 2Frères dans les ciné-parcs.

«Nous n’avons pas l’intention de faire ça, par respect pour nos voisins», tranche-t-il. «De plus, ce n’est pas ce qui est prévu dans notre entente avec l’hôtel de ville. Notre but, c’est de vérifier la rentabilité de la formule ciné-parc.»

Selon le plan prévu, une projection par soir sera effectuée chaque mardi et vendredi, à compter de 21 h. M. Beauparlant vise la date du 16 juin comme grande première.

Il s’attend à une réponse positive d’ici quelques jours d’Audio Ciné Films, responsable de la distribution de permis de diffusion cinématographique. M. Beauparlant ne nie pas qu’il sente une certaine pression des salles de cinéma, qui ne peuvent toujours pas ouvrir leurs portes pendant que des idées de ciné-parc germent à travers le Québec. Jeudi, la station de ski Val Saint-Côme annonçait une projection le 13 juin.

Par ailleurs, la direction de Vallée du parc a finalement décidé de ne pas vendre d’alcool dans le cadre de ce projet, de sorte que l’obtention d’un permis n’est plus requise. Les visiteurs pourront toutefois s’approvisionner en liqueurs douces et en collations, dont évidemment le traditionnel maïs soufflé.