Le président de la Fondation Sunny D. Extrême, Alain Desbiens.

CHSLD: le bénévolat, une piste de solution?

Trois-Rivières — Les problématiques de manque de personnel dans les CHSLD qui ont été dénoncées au cours des derniers jours pourraient bien être résolues grâce au bénévolat.

C’est du moins ce que croit le président de la Fondation Sunny D. Extrême, Alain Desbiens, qui permet depuis maintenant plusieurs années à des jeunes âgées de 12 à 18 ans de faire du bénévolat dans différents CHSLD de la région dans le cadre du projet Sunny-Action. Au cours de l’été 2017, 142 adolescents ont fait 7300 heures de bénévolat dans 17 établissements de la région dans le cadre de cette initiative.

En plus de profiter de l’implication bénévole des jeunes pour la fondation créée afin d’honorer la mémoire de son fils mort tragiquement, M. Desbiens avance que les gestionnaires de CHSLD et les dirigeants du CIUSSS devraient essayer de convaincre ces jeunes de choisir le monde de la santé lorsque viendra le temps d’établir leur plan de carrière. Selon lui, les bénévoles que sa fondation chapeaute possèdent pour la plupart les qualités nécessaires afin d’œuvrer dans ce milieu, et du même coup, seraient en mesure de pallier le manque criant de personnel, une fois qu’ils auront obtenu une formation adéquate.

«Les gens des CHSLD recherchent des gens avec le cœur sur la main. Je ne dis pas que nous sommes la solution au problème. Mais nous sommes peut-être une partie de la solution. Il y a des jeunes qui arrivent à 16 ans et qui se cherchent un emploi. Avec des conditions gagnantes, peut-être qu’ils pourraient les convaincre de rester avec eux. Il y a des jeunes qui reviennent avec nous depuis quatre ans. Peut-être que ça les intéresse le milieu de la santé. Ils connaissent la manière de faire, le personnel, l’endroit et la clientèle. On devrait se servir de ça», soutient M. Desbiens avant d’ajouter que plusieurs intervenants lui ont déjà mentionné qu’ils étaient en accord avec lui.

Lors de la mise sur pied du projet, une quarantaine de jeunes donnaient de leur temps dans seulement trois établissements de Shawinigan. Depuis 2017, le nombre de bénévoles a plus que triplé et ces derniers sont répartis aux quatre coins de la Mauricie et du Centre-du-Québec, soit à Drummondville, Trois-Rivières, Shawinigan, La Tuque, Victoriaville, Nicolet et Louiseville. De plus, les participants font chacun 70 heures de bénévolat par été au cours desquelles ils participent à des activités diverses avec les aînés.

La fille d’Anita Trépanier, cette octogénaire qui est décédée à la suite d’une chute survenue le 7 janvier au CHSLD de Sainte-Thècle, estime également que le bénévolat pourrait être une solution au manque de personnel dans les CHSLD. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a lui aussi confié en entrevue au Nouvelliste la semaine dernière qu’il accueillait favorablement cette idée. «C’est envisageable. Dans la plupart des CHSLD, il y a beaucoup de bénévolat. C’est favorisé et encouragé. Le bénévolat est bienvenu partout au Québec», avait-il indiqué.

Il n’est cependant pas question pour lui qu’un bénévolat accru vienne délester le gouvernement d’une partie de ses responsabilités. Le ministre avait également rappelé que le gouvernement a annoncé il y a environ un an un investissement de 65 millions de dollars pour justement accentuer l’embauche de préposés aux bénéficiaires et de personnel, ce qui représentera 1300 employés de plus au Québec.

Du côté du CIUSSS Mauricie – Centre-du-Québec, on indique que le projet Sunny-Action est un succès sur toute la ligne et qu’un de ses objectifs est justement d’intéresser les jeunes participants au milieu de la santé.