La situation continue de se détériorer au CHSLD Laflèche.
La situation continue de se détériorer au CHSLD Laflèche.

CHSLD Laflèche : six décès en 24 heures

Marie-Eve Lafontaine
Marie-Eve Lafontaine
Le Nouvelliste
La situation continue de se détériorer au CHSLD Laflèche qui compte maintenant dix décès attribuables à la COVID-19 dont six dans les dernières 24 heures.

Le nombre de résidents atteints s’élève à 53, soit sept de plus que dimanche, alors qu'il est de 32 chez les membres du personnel en hausse de six.

Cette triste statistique a fait bondir les décès à 14 pour la région. Le coronavirus gagne d’ailleurs du terrain en Mauricie-Centre-du-Québec qui est l’une des régions les plus touchées de la province. Non seulement il a réussi à s’introduire dans plusieurs résidences pour personnes âgées, mais un premier cas de COVID-19 a été enregistré, lundi, en Haute-Mauricie, c’est donc dire qu’aucun territoire de la région n’est épargné.


Nombre de cas de COVID-19 au CHSLD Laflèche

  • Nombre de résidents atteints: 53
  • Nombre de cas depuis les dernières 24 heures: 7
  • Nombre d'employés atteints: 32
  • Nombre de cas depuis les dernières 24 heures: 6
  • Nombre de décès: 10

On dénombre maintenant 549 personnes testées positives en Mauricie-Centre-du-Québec. Il s 'agit d'une augmentation de 55 cas depuis dimanche. Il y en a 474 en Mauricie et 75 au Centre-du-Québec. Trois-Rivières et le Centre-de-la-Mauricie sont les plus affectés avec respectivement 191 et 188 citoyens infectés. Notons que 45% des cas du Centre-de-la-Mauricie sont issus du CHSLD Laflèche.

La Mauricie-Centre-du-Québec se situe au 4e rang des régions sociosanitaires pour ce qui est du nombre de cas de COVID-19 au prorata de sa population. Elle n’est devancée que par Montréal, Laval et l’Estrie.

Dix-sept personnes sont hospitalisées et six se trouvent aux soins intensifs pour un total de 23 patients. Cent travailleurs de la santé de la région sont atteints de la COVID-19, c’est 20 de plus que la veille. Ils correspondent à 18% de l’ensemble des cas. Pour ce qui est de la situation à l’usine ATrahan, plus de 90 travailleurs sont positifs, ce qui inclut des sous-traitants. Soixante-deux personnes sont guéries dans la région.

Nombre de cas au 6 avril en Mauricie et au Centre-du-Québec: 549 [+ 55 par rapport au 5 avril]

- Mauricie: 474 

  • Trois-Rivières: 191 [+ 13]
  • Centre-de-la-Mauricie: 188 [+ 22]
  • Maskinongé: 77 [+ 5]
  • Vallée-de-la-Batiscan: 17 [+ 2]
  • Haut-Saint-Maurice: 1 [+ 1]

- Centre-du-Québec: 75

  • Bécancour-Nicolet-Yamaska: 8 [+ 1]
  • Drummond: 55 [+ 10]
  • Arthabaska-et-de-l'Érable: 12 [+ 1]

Décès: 14 [+ 6]

Le virus est maintenant présent dans une dizaine de ressources intermédiaires et résidences privées. Notons que certaines ressources et résidences privées sont situées dans la même installation.

Les ressources intermédiaires ou résidences touchées sont les Jardins Latourelle, la Maison la Cathédrale, la Maison Niverville, le Pavillon Blainville, Michel et Daniel, la résidence Bonaventure, la résidence Brigade, la résidence Saint-Maurice et la résidence Bellevue.

De plus, la résidence les Jardins Laviolette à Trois-Rivières a indiqué, par communiqué, en soirée, lundi, qu’un de ses employés a été testé positif au COVID-19. Aux Jardins Latourelle à Louiseville, en date de vendredi, neuf résidents de la résidence intermédiaire et neuf membres du personnel mis en isolement étaient touchés.

Ces divers établissements ont mis en place d’importantes mesures pour éviter la propagation du virus.  «Ce sont toutes des résidences et des ressources intermédiaires avec lesquelles on est quotidiennement en contact pour nous assurer que le personnel puisse avoir accès aux équipements de protection individualisés […]», souligne Carol Fillion, président et directeur général du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

Carol Fillion, président et directeur général du CIUSSS MCQ.

Le Centre Laflèche demeure le seul CHSLD à être touché dans la région. L’éclosion est suivie de très près. «On a des bilans plusieurs fois par jour pour vraiment être à l’affût de l’évolution de la situation. On a décidé sous la recommandation de la santé publique de tester l’ensemble des résidents ainsi que l’ensemble du personnel. Ça devrait nous donner un portrait beaucoup plus juste des gens qui ont contracté la maladie», explique M. Fillion.

De plus, une deuxième unité a été ouverte pour les personnes atteintes du coronavirus pour améliorer le confort des usagers et faciliter les soins. «Je peux vous assurer que notre personnel met tout en œuvre pour que la vie continue au CHSLD Laflèche et que les personnes qui y résident aient des moments de vie positifs chaque jour, c’est absolument important», assure M. Fillion.

Pour ce qui est de la disponibilité du matériel de protection médical, elle s’améliore. L’inventaire est suffisant pour une semaine, selon M. Fillion.

Comme ailleurs au Québec, il y a dans la région une «transmission communautaire soutenue». «On peut affirmer que la transmission communautaire existe dans notre région, peut-être à des degrés variables selon les territoires, mais c’est présent», note la Dre Marie-Josée Godi, directrice régionale de la santé publique. Ce qui se traduit par une augmentation des éclosions dans les résidences pour personnes âgées, mais aussi «plusieurs milieux de travail sont touchés sans compter les travailleurs de la santé qui, pour la plupart, ne l’ont pas acquis dans le milieu de travail, mais dans la communauté», affirme la Dre Godi.

La collaboration avec les forces de police va d’ailleurs être plus étroite. «Avec les forces de police, on va arriver avec des contraventions, on va arriver avec des ordonnances pour isoler des personnes qui sont récalcitrantes et aussi avec des mesures beaucoup plus contraignantes», explique la directrice régionale de santé publique.

Il est plus important que jamais de respecter les directives gouvernementales, affirme-t-elle. «On compte toujours sur votre collaboration. C’est difficile, il fait beau, le printemps est là, mais le premier ministre l’a dit: c’est une question de vie ou de mort. Il faut en être conscient et poursuivre nos efforts.»

LE MAIRE DE LA TUQUE PEU SURPRIS

Ce n’était qu’une question de temps avant que la Haute-Mauricie ne soit à son tour atteinte par la COVID-19, estime le maire de La Tuque,  Pierre-David Tremblay. «On s’en attendait un peu. Sans les efforts qu’on a faits les deux dernières semaines, ce que je crois profondément, c’est que ça aurait été pire», souligne-t-il.

Un point de contrôle sur la route 155.

Ce cas conforte d’ailleurs M. Tremblay dans les diverses mesures qui ont été prises à La Tuque.

Rappelons que des points de contrôle permanents ou ponctuels ont été érigés la semaine dernière pour isoler La Tuque du reste de la région pour éviter la propagation de la COVID-19. «Le pire c’est que les gens veulent aller à leur chalet. Ils sont beaucoup trop de bonne heure cette année», note-t-il. En plus de risquer d’amener le coronavirus avec eux, M. Tremblay souligne que le couvert de neige est encore trop important en Haute-Mauricie et que des chemins ne sont même pas encore ouverts.

L’apparition d’un premier cas en Haute-Mauricie l’inquiète-t-il? «La meilleure protection devant un danger invisible comme celui-là, c’est de rester à la maison. Tant que les gens vont faire ça, je ne suis pas inquiet.»