De gauche à droite: Émile Marineau Bélanger, finissant au doctorat de premier cycle en chiropratique, le Dr André-Marie Gonthier, chiropraticien et professeur au département, Jacques R. Parent, ancien recteur de l’UQTR, Jean-François Henry, président de l’Ordre des chiropraticiens du Québec et le recteur de l’UQTR, Daniel McMahon.

Chiropratique à l'UQTR: encore des défis à relever

TROIS-RIVIÈRES — Quelque 500 personnes de multiples disciplines de la santé ont récemment souligné les 25 ans du programme de doctorat en chiropratique implanté en 1993 à l’Université du Québec à Trois-Rivières, seul endroit en Amérique du Nord où il se donne en français.

Alors vice-président de son ordre professionnel, André-Marie Gonthier fut le premier chiropraticien à enseigner cette discipline dans ce tout nouveau programme.

Samedi dernier, alors que ce quart de siècle était souligné en grande pompe, les chiropraticiens ont tenu à rendre un hommage tout particulier à l’ancien recteur de l’UQTR, Jacques R. Parent, qui s’était fortement impliqué afin que la chiropratique puisse s’enseigner chez lui, en milieu universitaire francophone au Québec.

Traditionnellement, la formation en chiropratique se donnait surtout au Collège Palmer, aux États-Unis. Le professeur Gonthier, lui, a reçu sa formation à Toronto en 1979. La chiropratique venait de faire son entrée au Québec quelques années auparavant, en 1974. Toute la formation était donc en anglais.

Aujourd’hui encore, même si l’UQTR offre cette formation en français, 85 % des références et des livres des étudiants sont en anglais. Les chiropraticiens qui enseignent à l’UQTR travaillent actuellement à remédier à la situation, car même en France, où la discipline est aussi enseignée, l’effort de francisation du matériel didactique n’a pas été entrepris, indique le professeur Gonthier. Grâce à ses travaux de traduction de la connaissance vers le français, «l’UQTR rayonne dans toute la francophonie», se réjouit-il. D’ici 5 ans, croit-il, une revue francophone sur la chiropratique devrait aussi émerger du département de chiropratique de l’UQTR.

Ce département est d’ailleurs relativement nouveau dans l’histoire du programme, à l’UQTR. Ce n’est qu’en 2001 qu’il a vu le jour au prix de grands efforts, dit-il.

Les actes chiropratiques n’ont pas beaucoup changé, depuis 25 ans, indique le professeur Gonthier, mais on a vu naître le volet recherche, à l’UQTR, qui permet de comprendre de mieux en mieux les mécanismes de ces traitements qui gagnent en popularité.

De plus en plus de chiropraticiens s’intéressent à enrichir leur savoir en allant chercher des études doctorales de troisième cycle dans diverses disciplines connexes. En 1998, aucun d’entre eux n’avait de telles études à son actif. Le premier, Pierre Boucher, l’a fait en 1999. Aujourd’hui, ils sont huit.

La chiropratique, comme en a témoigné le colloque du week-end dernier, veut favoriser de plus en plus l’interprofessionnalisme, une notion selon laquelle la collaboration avec les autres professions du domaine de la santé permet d’apporter encore plus d’aide aux patients.

Malgré un quart de siècle de pratique, de développement et de recherches scientifiques, la chiropratique fait encore face à des barrières d’intransigeance, en particulier de la part du Collège des médecins.

Bien qu’on ait accordé aux chiropraticiens le droit d’avoir recours à la radiographie pour améliorer leurs interventions musculosquelettiques en clinique, ces derniers se battent toujours pour avoir le droit de prescrire des tests de laboratoire et d’imagerie médicale pour mieux évaluer leurs patients, illustre le professeur Gonthier.

Ce n’est que tout récemment que les chiropraticiens du Québec ont eu le droit d’apposer le mot «docteur» devant leur nom, cette appellation ayant été strictement réservée aux médecins. «Pourtant, il y a le Dr du Pare-brise et le Dr de la Baignoire», ironise André-Marie Gonthier. S’il peut maintenant mettre légalement les lettres «Dr» devant son nom, la loi l’oblige toutefois à apposer, après son nom, le mot «chiropraticien».

Les futures générations arriveront peut-être à percer ces murs, espère-t-il. De plus en plus, d’ailleurs, les futurs médecins côtoient les futurs chiropraticiens dans certaines activités de formation, ce qui ne se voyait pas autrefois. C’est pour favoriser les liens entre professions de la santé que le congrès du 25e anniversaire de la chiropratique à l’UQTR avait pris soin, d’ailleurs, d’inviter à son activité des représentants de disciplines variées.