Gaston Vadnais, le frère de Christiane Vadnais tuée en 2016 par un chien.

Chiens dangereux: un règlement qui ne va pas assez loin?

Trois-Rivières — Gaston Vadnais, le frère de Christiane Vadnais, cette femme tuée par un chien en 2016 à Montréal, estime que le gouvernement aurait dû aller plus loin avec son règlement en imposant l’euthanasie à tous les chiens qui attaquent.

Selon lui, le pitbull qui a attaqué et infligé de graves blessures à Sylvie Tremblay et son chien en octobre dernier aurait dû être euthanasié. Même s’il a été déclaré dangereux, ce chien a finalement été rendu à sa propriétaire.

«Dès qu’ils attaquent, on les euthanasie. On ne doit pas attendre qu’ils attaquent une deuxième fois. […] Et est-ce que ça prend absolument un mort pour déclarer le chien dangereux?», déplore Gaston Vadnais.

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, est du même avis que le frère de Christiane Vadnais en ce qui a trait aux attaques envers les humains. «Tout chien qui attaque sévèrement une personne doit être euthanasié», affirme-t-il. «C’est ce que je vais proposer au conseil municipal de Louiseville.»

Le règlement de Québec qui encadre les chiens n’est également pas suffisamment précis pour les municipalités chargées de son application, croit Gaston Vadnais. Québec aurait dû, dit-il, dicter aux municipalités une procédure bien définie pour les chiens dangereux, plutôt que de leur laisser le choix d’adopter chacun leur propre règlement plus au moins sévère. M. Vadnais se questionne aussi sur la capacité de plusieurs municipalités d’appliquer ces règlements.

Attaquée en octobre par le chien de type pitbull appartenant à une voisine alors qu’elle marchait à l’extérieur avec son chien, Sylvie Tremblay mentionne que ce nouveau règlement de Québec ne «changera rien» à celui actuellement en vigueur à Trois-Rivières.

Sylvie Tremblay et son chien ont été attaqués par le chien de type pitbull de sa voisine.

«On parle toujours de chiens potentiellement dangereux. Pour qu’un chien soit euthanasié, il doit avoir causé des blessures graves. Mais qui va juger de la gravité des blessures? J’ai eu le bras dans le plâtre durant 40 jours et j’ai des cicatrices sur les mains, mais je ne suis pas blessée assez gravement», dénonce Mme Tremblay.

Depuis les événements, elle affirme qu’elle ne sort plus marcher avec son chien et vit constamment dans la peur de revivre le même cauchemar. «Même s’il est déclaré dangereux, le chien est toujours chez ma voisine et sa cour n’est pas clôturée. J’ai peur de me faire attaquer», avoue Sylvie Tremblay. «Plusieurs personnes dans le voisinage sont aussi très inquiètes.»

L’obligation du port de la muselière pour les chiens de 20 kg et plus lors qu’ils se trouvent dans les lieux publics est une mesure saluée par Gaston Vadnais. Rappelons que les villes de Louiseville et de Saint-Tite ont des règlements obligeant le port de muselière lors d’événements populaires comme le Festival de la galette de sarrasin ou le Festival western.

Sylvie Tremblay se demande toutefois comment les villes vont appliquer l’obligation pour certains chiens de porter une muselière, alors qu’elles ont du mal, dit-elle, à faire respecter l’obligation de tenir les chiens en laisse.

Le président de la Société protectrice des animaux de la Mauricie (SPAM) et conseiller municipal à Trois-Rivières, Daniel Cournoyer, mentionne pour sa part que les ressources sont suffisantes pour faire appliquer la réglementation. La SPAM bénéficie, dit-il, des services de deux vétérinaires. Il soutient de plus que ce nouveau cadre réglementaire de Québec permettra à la Ville de Trois-Rivières de faire quelques modifications à son règlement. En terminant, l’obligation de signaler les morsures de chiens est «bien reçue», souligne le conseiller municipal.

Le maire de Trois-Rivières Jean Lamarche a pris connaissance de l’annonce de Québec, et a dit espérer obtenir l’aide nécessaire pour la mise en place de ces nouvelles mesures. «Comme à chaque fois où l’on se fait transférer des responsabilités de la sorte, notre souhait demeure qu’on nous donne aussi les moyens pour y arriver», signale M. Lamarche. Selon lui, la Société protectrice des animaux de la Mauricie dispose de l’expertise nécessaire pour cette mise en place, mais souhaite que les fonds nécessaires à la mise en application de cette réglementation soient fournis par le gouvernement provincial.

Avec la collaboration de Paule Vermot-Desroches