Pas moins de 85 000 livres, périodiques, CD et documents audiovisuels usagés étaient en vente à la Biblio-vente de Trois-Rivières. Sur la photo: Catherine Patry, responsable du réseau des bibliothèques de Shawinigan.

Chasseurs de livres à l’affût

TROIS-RIVIÈRES — Dès l’ouverture des portes, plusieurs centaines de bibliophiles amateurs et affirmés ont pris d’assaut la bâtisse industrielle du parc de l’Exposition de Trois-Rivières où avait lieu samedi la 20e édition de la Biblio-vente.

Cette année, c’est plus de 3600 personnes provenant de partout en Mauricie qui ont participé à l’événement, ce qui a permis d’amasser 50 386 $. Les profits serviront à bonifier les différents services offerts aux citoyens dans les bibliothèques participantes.

«Nous avons mis en vente plus de 85 000 livres, périodiques, CD et documents audiovisuels usagés», affirme Catherine Patry, responsable du réseau des bibliothèques de Shawinigan. Ces livres proviennent de l’élagage des bibliothèques de Trois-Rivières, de Shawinigan, de Notre-Dame-du-Mont-Carmel et du Réseau biblio du Centre-du-Québec, de Lanaudière et de la Mauricie. Ils viennent également de dons.

«Tout au long de la journée, nous ouvrons de nouvelles boîtes de livres et nous les plaçons sur les tables. Nous n’avons pas assez d’espace pour les mettre tous en même temps. Nous avons une soixantaine de bénévoles et une vingtaine de scouts qui passent la journée à nous aider», explique Mme Patry.

De belles trouvailles

Jeunes et moins jeunes avaient pour mission de mettre la main sur ces trésors littéraires. Plusieurs chasseurs aguerris étaient à l’affût et les techniques pour dénicher les meilleurs titres étaient nombreuses. «Il y a plusieurs personnes qui passent une bonne partie de la journée ici. Elles s’installent confortablement et lorsqu’un bénévole apporte un nouveau chariot de livres, les gens vérifient immédiatement», confit Mme Patry. Encore faut-il se rappeler les titres déjà lus. C’est d’ailleurs pour cette raison que plusieurs ont une liste en main des livres déjà en leur possession. Pas question d’avoir un livre en double.

Certains utilisent une autre technique qui consiste à travailler en duo. Un couple de Trois-Rivières, qui préfère garder l’anonymat, a confié au Nouvelliste le secret de leur succès. C’est monsieur qui demeure assis et qui surveille de près les livres pendant que madame récolte. La dame prend plusieurs livres à la fois et une fois de retour à son camp de base, elle trie les livres afin de s’assurer d’avoir les titres qui l’intéressent le plus. Ensuite, elle replace sur les tables ceux qu’elle ne désire pas garder. Quant au rôle du monsieur, il n’a rien de banal. Il a la tâche de garder précieusement tous les livres amassés dans une foule de chercheurs.

Une tradition familiale
Pour la famille, Champagne-Gauthier, la Biblio-vente est une tradition familiale qui a débuté alors que leurs deux enfants étaient encore au berceau. «C’est un rendez-vous annuel pour nous. Nous adorons la Biblio-vente. Nous faisons des découvertes chaque année», confit Chantal Gauthier, la mère. Aujourd’hui presque adultes, les enfants Champagne-Gauthier sont de véritables chasseurs de livres expérimentés. Claudia Champagne, la cadette, y dépense entre 80$ et 100$ en livres de voyage chaque année. «Ce sont des livres qui normalement coûtent entre 25 $ et 30 $ l’unité. Aujourd’hui, je repars avec plusieurs boîtes. De plus, ils sont en excellent état», dit-elle en examinant un de ses livres. De son côté, Mme Gauthier a misé sur les CD. «J’ai fait de superbes découvertes et de belles économies. J’ai trouvé des CD très récents. J’ai même vu des CD que j’ai achetés récemment au coût de 2$ », raconte-t-elle. Cette année, Claudia Champagne a même invité son amoureux...histoire de perpétuer encore pour plusieurs années la tradition.

Au terme de cette journée, nul doute, le livre papier est toujours très populaire. «Les livres numériques ne représentent que 10% des prêts en bibliothèque. Les gens aiment toucher, sentir et s’approprier les livres», conclut Mme Patry.