Sur la photo: le vice-président de la FédéCP de la Mauricie, Richard Blais, les conférenciers Guylaine Séguin et Yves Martineau et le président de la FédéCP de la Mauricie, Pierre Caron.
Sur la photo: le vice-président de la FédéCP de la Mauricie, Richard Blais, les conférenciers Guylaine Séguin et Yves Martineau et le président de la FédéCP de la Mauricie, Pierre Caron.

Chasse aux cerfs de Virginie: «On a fait un grand pas dans ce dossier-là»

La Tuque — La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP) et l’Association des trappeurs du Haut Saint-Maurice étaient réunies à l’École forestière de La Tuque dans le cadre du grand rassemblement annuel de la FédéCP de la Mauricie. Plusieurs dizaines de personnes se sont déplacées pour visiter les kiosques, mais surtout pour les ateliers et les deux conférences.

Pour la FédéCP, l’heure était au bilan lors de l’Assemblée générale annuelle. L’ouverture de la chasse aux cerfs de Virginie (communément appelé le chevreuil) dans la zone 26, qui inclut le secteur de La Tuque, a retenu l’attention. Un dossier qu’on travaille depuis 20 ans à la FédéCP.

«Ce sera officiel au mois de mars. Ce sera une chasse de neuf jours du 7 au 16 novembre […] On a fait un grand pas dans ce dossier-là. Les gens sont très heureux», a confirmé Pierre Caron, président de la FédéCP de la Mauricie.

Ce sera une période de six jours à l’arc et à l’arbalète et de trois jours au fusil. Il va également y avoir une nouvelle réglementation pour l’appâtage du cerf de Virginie.

«Depuis 2000, on travaille pour avoir une chasse sportive ici et on va l’avoir. Il y a des endroits autour de La Tuque où il y en a beaucoup. Ça va permettre aux chasseurs de la région de ne pas avoir besoin d’aller chasser à l’extérieur. Il y a l’avantage aussi que, cette année, dans la nouvelle réglementation, on va avoir droit de chasser deux cerfs avec deux permis différents. Par exemple, on pourrait chasser à Saint-Prosper dans la zone 7 et ici dans la zone 26», explique le président de la FédéCP de la Mauricie.

M. Caron a également fait savoir qu’il y aura également une seconde saison de chasse à l’ours à l’automne pour chasser un deuxième animal.

«Les agriculteurs sont très contents aussi parce qu’ils se font manger une partie de leur récolte, la SAAQ aussi parce qu’il y a beaucoup d’accidents avec les cerfs de Virginie», note M. Caron.

Le travail des dirigeants ne s’arrête toutefois pas là, d’autres dossiers sont sur la table.

«On travaille toujours pour la chasse à l’écureuil et la chasse aux cormorans», a indiqué Pierre Caron.

Les amateurs qui se sont déplacés ont pu entendre la vétérinaire au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Guylaine Séguin, lors d’une conférence. Il a été question de maladie chez les animaux sauvages, en particulier celles qui sont transmissibles à l’humain.

«Les chasseurs, pêcheurs et trappeurs sont potentiellement exposés à des maladies qui circulent chez les animaux sauvages. L’objectif, ce n’est pas de rendre les gens paranoïaques, c’est vraiment d’encourager les saines pratiques dans les activités qui impliquent de la manipulation d’animaux sauvages», souligne Mme Séguin.

Cette dernière a insisté sur les mesures d’hygiène, les saines pratiques et les petits gestes simples qui permettent de se protéger comme porter des gants lors de la manipulation d’un animal.

«La première règle, c’est de ne jamais manipuler à main nue un animal qui a l’air malade. Il faut se tenir éloigné et contacter le ministère», insiste-t-elle.

D’ailleurs, les chasseurs, pêcheurs et trappeurs sont les yeux et les oreilles des experts sur le terrain.

«Ces gens-là sont utilisateurs de la ressource, ils parcourent le territoire. Parfois, ils voient des anomalies, des choses étranges. On ne peut pas être partout, alors on aime avoir leurs signalements en lien avec la santé des animaux. On n’est pas à l’abri d’une nouvelle maladie sur notre territoire. […] Ça peut avoir une très grande valeur pour nous pour documenter et, s’il y a lieu, pour intervenir», souligne Mme Séguin.

La deuxième conférence de la journée «Changer le résultat de votre chasse» a été présentée par Yves Martineau, le fondateur de l’Association des conducteurs de chiens de sang du Québec. Avec 15 années d’expérience et au-delà de 1000 recherches effectuées avec ses chiens de sang, il transfère maintenant ses connaissances aux chasseurs.

«Avec ces recherches, j’ai développé une expertise que les chasseurs n’ont pas. Je vois les erreurs qu’ils font, alors j’essaie de leur donner des conseils. La première erreur, c’est qu’ils ne visent pas au bon endroit. Ici au Québec, les gens ne connaissent pas très bien l’anatomie des gibiers», souligne M. Martineau.

Il a également été question de recherches de gibiers même à la noirceur et de l’expertise des chiens de sang.

«Le volume de sang n’est pas un indicateur de tir mortel à l’arme à feu», a insisté le conférencier.

La FédéCP a également remis 19 000 $ de bourses via la fondation Héritage faune a des organismes de la région.