Le prêtre Marc Lahaie est entouré des deux hommes derrière le projet de la Chapelle du vieux corbeau, Pierre Ménard et Ken Ménard.

Chapelle du vieux corbeau: «On ne veut pas que ce soit une salle ordinaire»

LA TUQUE — L’église de La Bostonnais connaîtra un nouveau souffle dans les prochains mois. Pierre et Ken Ménard ont signé un bail de trois ans pour la location de l’endroit pour leur projet: la Chapelle du vieux corbeau. Le père et le fils, qui ont déjà commencé l’aménagement des lieux, font le pari de ramener les gens dans le bâtiment, mais pour des activités culturelles, communautaires, de divertissement ou encore touristiques.

Quand les deux hommes ont vu que l’église était offerte aux citoyens, ils se sont immédiatement sentis interpellés.

«On est allé voir ce que la paroisse voulait en faire. On les a écoutés, mais on avait déjà une idée en tête. […] Alors, on a présenté notre projet afin de savoir ce qu’ils en pensaient. À partir de là, ils étaient à 100 % avec nous», souligne d’entrée de jeu Ken Ménard.

«On voulait sauver le bâtiment. Si personne ne le prenait, soit ils allaient le vendre, soit ils allaient attendre qu’il tombe. On veut sauver la bâtisse et on veut en faire profiter les citoyens», ajoute-t-il.

Il va y avoir des activités culturelles et des spectacles, mais ce ne sera pas juste ça. Les deux hommes derrière l’OSBL veulent garder l’endroit accessible aux citoyens.

«On fait du bénévolat et on investit notre argent ici pour que ça marche. La salle va être disponible et les gens vont pouvoir la louer pour un party, une réunion, un bingo, etc.», note Ken Ménard.

Même si l’intérieur n’a plus grand-chose d’une église conventionnelle, celle-ci pourra servir à l’occasion pour certaines cérémonies religieuses comme des funérailles, un baptême ou un mariage puisqu’elle n’est pas désacralisée.

«Ce qui est intéressant, c’est qu’ils veulent qu’il y ait encore des possibilités de célébrations. […] Faire des funérailles ici et que les gens aient la possibilité de faire un lunch ici après, c’est très bien. Je suis comme un poisson dans l’eau dans cet univers-là qui est beaucoup plus facile que dans une grande église pour aller toucher les cœurs et que les gens trippent», a affirmé le prêtre Marc Lahaie.

L’église de La Bostonnais devient la Chapelle du vieux corbeau. L’ouverture officielle devrait avoir lieu au mois de mai prochain.

Ce dernier note d’ailleurs que le projet a été bien reçu par la paroisse lorsqu’il a été présenté.

«On a reçu ça et on essaie d’être accommodant dans le cadre de cette location-là pour que leur projet puisse marcher le plus possible», soutien Marc Lahaie.

Il n’est pas sans rappeler que les fenêtres et la fournaise ont été changées dans les dernières années. Des investissements quand même majeurs pour la pérennité du bâtiment.

Maintenant, les deux promoteurs sont à l’œuvre pour refaire une beauté à l’église. Les bancs ont tous été retirés.

«On a mis ça au goût du jour. On ne veut pas que ce soit une salle ordinaire. On va apporter notre touche personnelle et on pense que les gens vont aimer ça. Ça va être intime et accueillant», indique Ken Ménard.

«On n’a pas besoin de ça pour vivre, mais il y a tellement de monde qui a travaillé pour bâtir cette église-là. C’est incroyable toute l’entraide! Aujourd’hui, personne ne ferait ça. C’est un diamant bien taillé et on veut le garder», a ajouté Pierre Ménard.

D’ailleurs, l’endroit semble déjà créer de l’engouement. Les gens ont déjà manifesté leur intérêt de jouer dans la Chapelle du vieux corbeau.

«C’est recherché comme endroit. Ce n’est pas encore ouvert et il n’y a pas de photos. Il y a un certain cachet, on ne se le cachera pas. Jouer là-dedans, c’est impressionnant», indique Ken Ménard, qui est lui-même musicien.

Les deux hommes prendront le temps de bien faire les choses d’ici l’ouverture prévue en mai. Au terme de leur contrat de trois ans, ils souhaitent définitivement acheter le bâtiment.

«Ces trois ans-là vont nous permettre de tâter le pouls et de voir comment la population va réagir à ça. On souhaite évidemment que la population participe, on veut l’acheter pour qu’il y ait de plus en plus d’activités», a conclu Ken Ménard.