Le chemin de la Vigilance porte bien son nom dans le secteur Lac-à-la-Tortue, avec l’état de la chaussée...

Chantier autour du lac à la Tortue: un terrain miné

SHAWINIGAN — Déjà écoeuré des nids-de-poule? Le Nouvelliste vous propose une petite balade autour du lac à la Tortue, du chemin de la Vigilance au chemin des Daniel, pour finalement enchaîner avec l’avenue du Tour-du-Lac. Cette excursion devrait vous permettre d’apprécier davantage votre quartier.

Jeudi midi, une dame circulait prudemment en voiture vers les boîtes postales communes pour prendre possession de son courrier. Un simple regard a suffi.

«Il faut le voir pour le croire!», lance-t-elle, visiblement découragée.

Un peu plus loin, dans la portion d’Hérouxville, Marie-Philippe Michaud prend son courage à deux mains pour faire prendre l’air à son bébé en poussette. Une épreuve de slalom pas très agréable.

«Là, vraiment, c’est l’enfer», dénonce-t-elle. «On n’a pas de nouvelle. C’est complètement ridicule. Ce n’est pas comme prendre une marche sur les beaux trottoirs en ville!»

Déjà que les résidents ont appris que le chantier pour l’installation d’égout et d’aqueduc autour du lac à la Tortue se prolongerait de quelques mois en 2019, voilà qu’ils vivent un début de printemps pour le moins hors de l’ordinaire. Étant donné que les travaux d’asphaltage n’ont pu être complétés comme prévu à l’automne, la période de dégel réserve de bien mauvaises surprises. Des trous et des quantités assez phénoménales d’eau décorent ces routes de gravier. Impossible de circuler à plus de 20 km/h sans prendre de sérieux risques.

Sur l’avenue du Tour-du-Lac, Roland Roy dégourdit son chien en longeant les entrées de cour. Il se demande si le maire de Shawinigan récolte une commission des garagistes pour endurer pareille situation!

«Ça ne m’empêche pas de sortir, mais disons qu’il faut faire attention», reconnaît-il. «En plus, il y a quelques malades qui dépassent sur ce chemin, imaginez-vous! J’ai une auto neuve de l’an dernier avec 10 000 kilomètres au compteur, mais je suis certain que mes amortisseurs ont une usure équivalente à 40 000 ou 50 000 km!»

Le conseiller du district des Boisés, Martin Asselin, a entendu beaucoup de commentaires à propos de la glace dans plusieurs rues des secteurs Saint-Georges et Lac-à-la-Tortue. Le passage d’une niveleuse était très attendue, ce qui s’est finalement produit en fin de semaine dernière.

Dans le périmètre du fameux chantier, le conseiller ne s’attend pas à recevoir de fleurs.

«Ce ne sera pas beau, parce que sans asphalte en dessous, c’est sûr et certain que les niveleuses devront passer là aussi», convient-il.

Pas de collaboration

Allen entrepreneur général, responsable de l’entretien des routes du chantier, ne semble pas très pressé d’agir. François St-Onge, directeur des communications à la Ville de Shawinigan, mentionne qu’à la suite d’une rencontre plus tôt cette semaine, l’entreprise se disait «en observation».

«La situation est très, très difficile au lac à la Tortue», convient-il. «Il n’y a pas eu d’asphaltage l’an dernier et ce n’est pas la situation qu’on souhaitait. Le déglaçage des rues asphaltées est déjà difficile dans les quartiers résidentiels, en raison de l’importante présence de glace. En plus, les puisards sont plus élevés autour du lac, ce qui n’aide pas l’écoulement de l’eau.»

Pour pallier l’absence d’Allen, M. St-Onge mentionne que le Service des travaux publics et le Groupe Pelletier entretien, responsable du déneigement du secteur, tentent d’améliorer la situation. Le déglaçage des rues secondaires se déroule ces jours-ci. À compter de mardi, la Ville épandra du gravier à certains endroits pour réduire les accumulations d’eau autour des puisards.

M. St-Onge répète que la responsabilité du maintien à niveau de ces routes revient à Allen, en vertu du contrat pour la durée de ce chantier.

«L’entreprise n’est pas très présente sur le terrain», déplore le porte-parole. «Les citoyens ont des besoins et nous faisons le maximum pour dégager l’eau. Normalement, les Travaux publics ne sont pas supposés être là pour cette tâche. Nous avons décidé d’y aller et on verra après avec l’entrepreneur. Au moins, on agit, on essaie d’amoindrir les inconvénients à la mesure de nos capacités.»

Du côté d’Hérouxville, le maire, Bernard Thompson, mentionne que les citoyens semblent comprendre la situation, car aucune doléance n’est venue à ses oreilles pour le moment.

«Je sais que tout ce qui est en gravier actuellement, avec la fonte, il y a des trous partout. Même quand la niveleuse passe, c’est à recommencer le lendemain. On le vit chez nous, au rang Saint-Pierre Nord. Il reste de la glace et la machinerie n’est pas encore capable d’aller assez profondément.»

«Ce n’est pas beau», convient M. Thompson. «Il faut passer lentement, ralentir. On n’a pas le choix! Avec ce qu’on prévoit de pluie et de neige au cours des prochains jours, ça n’aidera pas.»