L’ancien directeur général de la Maison Aline-Chrétien, Yves Arseneault, la présidente du conseil d’administration de la Corporation des Trois Colombes, Lise Landry, entourent la nouvelle directrice générale de l’établissement, Chantal Ouellet.
L’ancien directeur général de la Maison Aline-Chrétien, Yves Arseneault, la présidente du conseil d’administration de la Corporation des Trois Colombes, Lise Landry, entourent la nouvelle directrice générale de l’établissement, Chantal Ouellet.

Changement à la direction générale de la Maison Aline-Chrétien

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Après avoir chapeauté la conversion de l’ancienne résidence de la famille Buisson du secteur Shawinigan-Sud en établissement offrant des soins de fin de vie et dirigé sa destinée pendant plus de deux ans, Yves Arseneault quitte la direction générale de la Maison Aline-Chrétien afin de profiter d’une retraite bien méritée. Il sera remplacé par Chantal Ouellet, une infirmière de formation jouissant d’une vaste expérience, notamment dans le domaine des soins palliatifs.

La nouvelle directrice générale est entrée en poste le 3 février dernier. Au cours des 15 dernières années, elle a notamment occupé des postes de gestion dans le réseau de la santé et dans le secteur privé. Elle est donc bien au fait des enjeux liés à la qualité des soins et des services offerts en capitalisant sur une gestion humaine et rigoureuse. Elle a en effet eu à accompagner dans le passé une personne très proche d’elle pendant les derniers jours de sa vie.

«À l’affichage du poste, j’ai été interpellée tout de suite. J’ai un intérêt de longue date pour les soins palliatifs. J’ai une aisance avec cette clientèle et je dirais même que je suis attirée vers les personnes qui vivent ces moments-là. Ça remet les problèmes de la vie en perspective. Nous sommes là pour leur confort et leur permettre de vivre leurs derniers moments dans les meilleures conditions possibles», mentionne-t-elle.

Présent lors de l’annonce de la nomination de sa successeure, Yves Arseneault s’est montré émotif lorsqu’est venu le temps de tracer les grandes lignes de son passage à la direction de la maison qui a vu le jour grâce au travail de la Corporation des Trois Colombes, dont la présidence est occupée par l’ancienne mairesse de Shawinigan, Lise Landry.

En plus de la rénovation de l’endroit, qui offre gratuitement l’accès à huit chambres de soins palliatifs pour accompagner les personnes en fin de vie et leur famille, pour qu’il réponde à sa nouvelle vocation et le démarrage des opérations, il a dû recruter les membres du personnel de la maison dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Il devait donc se montrer créatif afin d’offrir des conditions de travail qui, sans être celles du réseau de la santé, devaient être attrayantes et stimulantes pour les attirer et les retenir. La reconnaissance de la maison par le ministère de la Santé et des Services sociaux en lui attribuant son certificat d’agrément est sans aucun doute une de ses plus grandes fiertés.

«On a réussi car on a su créer un milieu de travail et de vie unique où les employés, les résidents et les familles se sentent bien. C’était essentiel pour nous. [...] J’adore profondément les gens que l’on accueille, les membres de leurs familles et les employés. Les règles de confidentialité m’empêchent de donner des détails, mais j’ai vécu à leur contact des situations d’une beauté extraordinaire», indique fièrement M. Arseneault.

Aide médicale à mourir: une quinzaine de résidents y ont eu recours

Comme c’est le cas du tiers des 35 maisons accueillant des personnes en fin de vie du Québec, la Maison Aline-Chrétien met à la disposition de ses résidents l’aide médicale à mourir. Depuis son ouverture, une quinzaine de résidents y ont d’ailleurs eu recours.

Selon l’ancien directeur général de l’établissement shawiniganais, Yves Arseneault, la direction de la maison qui porte le nom de l’ancienne première dame du Canada voulait dès le début être en mesure de rendre disponible ce service à ses résidents. 

Ce dernier tient cependant à préciser que le lieu qu’il dirigeait depuis tout récemment n’offre pas ce service, mais le rend disponible. Pour lui, la distinction est importante. 

Fait à noter, la Maison Aline-Chrétien a accueilli quelque 260 résidents depuis qu’elle a ouvert ses portes.

«Ce sont toujours des situations qui sont particulières. Ça s’est toujours fait dans le respect des familles et des individus. Comme c’est inscrit dans la loi, c’est un type de soins que nous voulons donner. Mais ça doit se faire dans la plus grande dignité», poursuit M. Arseneault.