À l’avant-plan, on retrouve le titulaire de la Chaire, Kodjo Agbossou, accompagné de Gaétan Lantagne, directeur - Projets stratégiques et transverses chez Hydro-Québec, Daniel McMahon, recteur de l’UQTR, et Joëlle Gagné, directrice du développement philanthropique de la Fondation de l’UQTR.

Chaire de recherche UQTR-Hydro-Québec: optimiser la demande résidentielle en électricité

Trois-Rivières — «Le modèle du marché de l’énergie est appelé à changer». Voilà comment le professeur en génie électrique et génie informatique à l’UQTR, Kodjo Agbossou, a mis en contexte lundi la Chaire de recherche Hydro-Québec sur la gestion transactionnelle de la demande résidentielle en puissance et en énergie qu’il préside.

Selon lui, cette nouvelle chaire de recherche vise le développement de réseaux électriques plus «intelligents» où la clientèle jouera un rôle plus participatif.

«Il faut maintenant voir les consommateurs comme des agents actifs du réseau. Grâce aux appareils électriques intelligents, les clients résidentiels peuvent mieux contrôler leur consommation d’énergie. L’accès plus facile aux énergies renouvelables leur permettra aussi de produire eux-mêmes de l’électricité. Ces facteurs doivent être pris en compte dans l’opération d’un réseau électrique», explique le titulaire de la Chaire.

Pour aider les fournisseurs d’électricité à s’adapter à cette nouvelle réalité, comportant de nombreuses variables, son équipe de recherche développera des approches de gestion mettant à profit des technologies prometteuses issues des domaines, entre autres, de l’informatique, de l’électronique et de l’intelligence artificielle.

Les stratégies proposées par la Chaire permettront donc aux clients de mieux gérer leur consommation électrique. Elles favoriseront également les échanges d’information entre fournisseurs et clients. «Des études démontrent que de tels échanges peuvent aider à économiser jusqu’à 20 % de l’énergie consommée dans le secteur résidentiel», a indiqué M. Agbossou.

Des réseaux électriques plus intelligents contribueront aussi à une meilleure gestion des pointes de consommation, sans sacrifier le confort des clients, et à l’amélioration de la reprise des services après une interruption. De plus, ils faciliteront l’intégration des énergies produites localement et l’échange bidirectionnel d’énergie entre fournisseurs et clients.

«Grâce aux travaux de cette nouvelle Chaire, notre université contribuera encore davantage au progrès du savoir en matière de gestion énergétique et de développement durable. De nombreux étudiants seront également formés au sein de cette chaire, acquérant ainsi une précieuse expertise pour de futurs employeurs», a commenté le recteur de l’UQTR, Daniel McMahon.

Chez Hydro-Québec, on se dit fier de s’associer à l’UQTR afin d’explorer de nouvelles approches de gestion de l’énergie à l’avantage mutuel des consommateurs et des fournisseurs d’énergie. «C’est une longue tradition de collaboration», a souligné le directeur - Projets stratégiques et transverses chez Hydro-Québec, Gaétan Lantagne.

Les clients devenant des participants actifs à l’opération du réseau, de nouvelles méthodes sont nécessaires, dit-il, pour faciliter la conciliation des besoins et contraintes de chacun.

D’ailleurs, la société d’État investira 929 700 dollars dans ce projet alors que le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada contribuera pour un montant de 920 701 dollars, par le biais du programme Subvention de recherche et développement coopérative. En tout, le financement de la nouvelle Chaire avoisinera deux millions de dollars.

Partenaire, la Fondation de l’UQTR, via sa directrice du développement philanthropique, Joëlle Gagné, a tenu à rappeler qu’Hydro-Québec avait versé plus de cinq millions de dollars à l’université au fil des années.

Les fonds consentis serviront principalement au versement de salaires et bourses à des étudiants de tous les cycles, associés aux travaux de la Chaire. Outre le professeur Agbossou, ces étudiants oeuvreront sous la supervision de deux autres cochercheurs: le professeur Sousso Kelouwani (Département de génie mécanique, UQTR) et le professeur Roland Malhamé (Département de génie électrique, Polytechnique Montréal).

«Nous voulons dresser un portrait des habitudes de consommation des clients résidentiels et anticiper des changements à venir, en lien avec les nouvelles technologies. Nous pourrons alors proposer des modèles et des algorithmes permettant d’optimiser le comportement global d’un réseau électrique, tout en considérant les besoins à la fois du fournisseur et du client», précise le titulaire.

Au Québec, le secteur résidentiel utilise actuellement 40 % de l’électricité consommée dans la province. De l’énergie utilisée par ce secteur, près de 80 % est consacrée au chauffage de l’espace habité et à l’utilisation du chauffe-eau.

L’équipe de la nouvelle chaire travaillera en étroite collaboration avec le Laboratoire des technologies de l’énergie (LTE) de l’Institut de recherche d’Hydro-Québec.

Finalement, les activités de recherche de la Chaire seront menées notamment dans un laboratoire de l’UQTR permettant de simuler la consommation résidentielle d’énergie à l’aide de différents appareils électroménagers. La collecte de données sera aussi réalisée dans les maisons expérimentales du LTE et auprès de volontaires.