Mine de rien, CGI compte maintenant 230 employés au centre-ville de Shawinigan. La direction s’attend toujours à atteindre son objectif de 300, malgré les difficultés de recrutement en région.

CGI à Shawinigan: 300 emplois toujours dans la mire

SHAWINIGAN — Même si CGI a raté sa cible d’embauches à Shawinigan, la direction de la multinationale demeure convaincue qu’elle finira par atteindre le chiffre magique des 300 emplois au centre-ville plus tôt que tard. Patrick Leblanc, vice-président service conseil responsable des centres d’excellence au Québec, rappelle que les difficultés de recrutement touchent plusieurs domaines, mais il croit que les programmes de formation mis en place dans la région finiront par produire leurs fruits.

Dès la surprenante annonce de son implantation à Shawinigan en octobre 2014, CGI assurait qu’elle parviendrait à créer 300 emplois dans un horizon de trois ans. Cet objectif avait été rencontré dans tous ses centres d’excellence auparavant, soit ceux de Montréal, Québec, Saguenay et Sherbrooke. La cible avait été confirmée lors de l’ouverture officielle des bureaux, le 30 avril 2015, puis réitérée un an plus tard.

Or, CGI compte présentement 230 employés à ses bureaux du centre-ville. Dans l’esprit de M. Leblanc, seul le défi du recrutement explique pourquoi l’objectif initial n’a pas été atteint. «Première chose: on ne manque pas de travail!», lance-t-il. «Dans l’ensemble des centres mondiaux de prestation de services que nous avons à travers le Québec, nous avons doublé (le nombre d’emplois) depuis cette annonce en 2015. Nous avons 1200 employés qui travaillent en région aujourd’hui, à Sherbrooke, Shawinigan, Saguenay et bientôt, à Drummondville.»

«Nous n’avons pas un problème de croissance à Shawinigan, puisque nous avons quand même créé 230 emplois en trois ans», ajoute le vice-président. «Notre objectif de 300 est encore vrai et on va l’atteindre. Est-ce que ça va se faire en trois ans? Force est de constater que non, mais le recrutement n’est pas une science exacte. Dans les nouvelles technologies, quand on affiche un poste, c’est souvent très spécialisé. Il faut trouver les gens capables de remplir les qualifications que nous demandons. Ça peut donc être parfois un peu plus long.»

Présentement, CGI affiche une vingtaine de postes de techniciens, développeurs, programmeurs informatiques à Shawinigan.

Petit marché

Les réserves exprimées en 2014 portaient notamment sur la capacité d’un marché comme celui de Shawinigan à répondre aux attentes. À Sherbrooke ou Saguenay, CGI peut compter sur un bassin de population beaucoup plus important.

Patrick Leblanc, vice-président service conseil responsable des centres d’excellence au Québec chez CGI.

Rappelons qu’en 2014, la multinationale avait répondu à un appel pressant du gouvernement du Québec, quelques semaines après que Produits forestiers Résolu eut confirmé l’arrêt définitif des activités à la papeterie Laurentide. Les libéraux avaient convaincu CGI en bonifiant le programme de crédit d’impôt remboursable pour le développement des affaires électroniques, qui lui permettra d’économiser des millions de dollars sur la masse salariale pendant 13 ans.

«C’est évident que c’est plus difficile de recruter à Shawinigan qu’à Montréal», reconnaît M. Leblanc. «Le bassin est moins important. À Shawinigan, nous n’avons que 15 % de nos employés qui proviennent de la Mauricie. Ça veut dire que 85 % de nos employés sont des gens qui ne contribuaient pas à l’essor économique de la région avant, parce qu’ils viennent d’ailleurs au Québec ou dans le monde.»

Les difficultés de recrutement s’observent partout au Québec, même pour une multinationale comme CGI. «On aimerait avoir plus de candidats qualifiés qui se présentent à nos portes», reconnaît M. Leblanc. «Ce n’est pas seulement vrai pour CGI. Nous participons à des foires d’emplois à l’international, pour faire immigrer des gens de qualité afin qu’ils contribuent à ce qu’on fait en informatique au Québec. Nous avons encore une bonne capacité d’embauches, mais c’est effectivement plus difficile.»

M. Leblanc précise qu’actuellement, les 230 employés de CGI au centre-ville proviennent de 30 pays différents.

Formation

Le vice-président ajoute que depuis son arrivée à Shawinigan, CGI collabore étroitement avec les établissements d’enseignement de la Mauricie pour communiquer ses besoins. Les jeunes finissants de ces programmes finiront par assurer un bassin de main-d’œuvre fiable, croit-il. «Nous avons fait des alliances avec l’université, les cégeps et certaines écoles privées pour créer des programmes qui vont générer de nouveaux employés formés localement», explique M. Leblanc. «Ce cycle va prendre entre trois et cinq ans, soit entre les discussions pour créer les programmes et des cohortes qui en sortent. On commence à récolter les fruits. Cette année, nous avons embauché 20 stagiaires au bureau de Shawinigan.»

Rappelons que ce centre d’excellence est spécialisé dans le développement de propriété intellectuelle, d’assurance qualité et des nouvelles technologies, comme par exemple le commerce électronique. «Si vous allez sur le site de Métro pour faire votre épicerie en ligne, ça a été développé par nos employés de Shawinigan», relate M. Leblanc. «Un de nos plus gros clients à Shawinigan, c’est l’entreprise gazière Total, la première capitalisation boursière française. Nous avons des dizaines d’employés, à Shawinigan, qui livrent des services pour ce client.»

«Engager 230 personnes en trois ans, ça reste une histoire à succès. De plus, quand on sonde nos clients, leur satisfaction est supérieure à 9 sur 10 pour les services que nous livrons à Shawinigan. Ils sont donc vraiment contents de ce qu’on fait.»

CGI à Drummondville: ouverture le lundi 3 décembre

Même si le recrutement de personnel qualifié représente déjà un défi à Shawinigan, CGI ne croit pas que l’ouverture d’un nouveau centre d’excellence à une heure de route compliquera encore davantage cet enjeu.

L’ouverture de la nouvelle unité à Drummondville est prévue le 3 décembre. Cette fois, CGI communique un objectif un peu plus prudent en terme d’embauches. Elle prévoit également atteindre 300 employés au Centre-du-Québec, mais dans un horizon de cinq ans. «Nous n’avons présentement aucun employé de Drummondville qui travaille à Shawinigan», confie Patrick Leblanc, vice-président service conseil responsable des centres d’excellence de CGI au Québec. «En nous installant à Drummondville, nous aurons un bassin d’employés qui ira de Victoriaville à Saint-Hyacinthe, des gens qui n’iraient pas à Shawinigan.»

«Nous serons encore en partenariat avec l’Université du Québec à Trois-Rivières entre autres, avec les cégeps de la région et nous créerons à nouveau une dynamique dans le domaine du service. J’ai une grande ambition de croissance et nous devrons ouvrir des centres un peu partout où les gens veulent habiter. Ça ne ralentira pas la destinée de Shawinigan, au contraire, car ça nous donnera plus de visibilité. Les gens savent que s’ils veulent trouver des emplois en région, CGI est un employeur de choix.»

À Drummondville, le centre d’excellence sera spécialisé en transformation numérique et en innovation. Il s’intéressera particulièrement au commerce de détail et aux secteurs financier et manufacturier.