Les producteurs agricoles de la Mauricie sont touchés par la chaleur des dernières semaines et le manque de précipitations.

«Cette semaine, ça va être déterminant»

TROIS-RIVIÈRES — La chaleur accablante des dernières semaines et l’absence de précipitations touchent directement les producteurs agricoles de la région, note la Financière agricole du Québec (FADQ).

La FADQ reçoit d’ailleurs cinq à dix appels par jour de la part de producteurs de la Mauricie qui s’inquiètent pour leurs récoltes. Certains de ces appels se concluent avec un avis de dommages relatifs à la sécheresse, dont le nombre est six fois plus élevé qu’à l’habitude à travers la province pour cette saison.

«Cette semaine, ça va être déterminant», affirme Michel Beaulac, directeur territorial et régional de la FADQ. «Si il pleut cette semaine, on va réussir à sauver la saison, sinon, on est dans un autre univers».

Les producteurs de foin, qui ont procédé à la première fauche en juin, sont parmi ceux qui peuvent déjà constater les conséquences de la sécheresse du début de l’été.

Selon M. Beaulac, certains producteurs de la Mauricie ont atteint seulement l’équivalent de 70 % d’une bonne récolte lors de la première fauche. Ceux qui croyaient se reprendre à la deuxième récolte, qui a lieu à la mi-juillet, se sont vus déçus.

«La deuxième fauche est très faible à cause de la canicule qu’on a eue», explique M. Beaulac.

Claude Chartier, producteur laitier et céréalier à la ferme J. Chartier et fils de Champlain, abonde dans le même sens concernant la production de foin. Il estime que ses pertes se situent à environ 25 % pour les deux premières récoltes.

La FADQ a notamment annoncé que des avances seront disponibles plus tôt qu’à l’habitude cette année pour aider les producteurs de foin qui auront rempli leur demande d’indemnisation.

La chaleur et le manque d’eau auront également des impacts sur les récoltes de céréales, selon M. Beaulac. «Les producteurs anticipent déjà des baisses de rendement», soutient-il.

«Le soya manque d’eau, normalement il devrait être plus haut que ça à cette date-ci», indique Claude Chartier. Par contre, ses productions de grains et de maïs se portent bien.

«Ce n’est pas encore catastrophique, mais si on avait 24 h de pluie, ce serait idéal», affirme-t-il.

Même si la sécheresse touche les producteurs de tous les secteurs agricoles, ceux qui utilisent des systèmes d’irrigation auront moins de conséquences sur leurs récoltes, selon la FADQ. C’est le cas entre autres des producteurs de fraises et de framboises.

De plus, la Mauricie ne se trouve pas dans les régions les plus touchées par la chaleur et le manque de précipitations. «On est quand même privilégiés si on se compare au reste de la province», soutient M. Chartier.

Ce sont les producteurs du Bas-Saint-Laurent et du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui connaîtront davantage d’impacts sur leurs récoltes en raison de la sécheresse.

Michel Beaulac affirme que la FADQ suit la situation de près et invite les producteurs agricoles à communiquer avec eux s’ils ont des inquiétudes en lien avec leurs récoltes.