Christian Flamand est un des instigateurs de l’Expédition Nitaskinan.

«Cet accident m’a presque coûté la vie»

La Tuque — Christian Flamand est un mordu de motoneige, même si ce sport lui a presque coûté la vie après un accident en 2001. Après des années de réhabilitation et avoir réappris à marcher, il lance un appel à la prudence en ce début de saison de motoneige. Celui qui s’est réconcilié avec la motoneige en 2008 partira en mars prochain dans une longue expédition avec une dizaine de personnes.

L’hiver 2001 a frappé fort dans la vie de Christian Flamand et c’est le cas de le dire. L’impact a été si fort que son casque s’est fendu en deux parties. Dans le brouillard, l’Atikamekw a foncé droit dans un arbre à près de 120 kilomètres à l’heure avec sa motoneige. L’accident est survenu près de la pourvoirie Kanawata. Après l’impact, il est tombé dans un ravin. C’est l’ami qui était avec lui qui l’a trouvé après avoir fait demi-tour.

«Cet accident m’a presque coûté la vie. J’ai eu des fractures multiples, trois arrêts cardiaques... J’ai eu la cuisse ouverte, le bassin fracturé, des côtes cassées, une hémorragie interne, j’ai eu plusieurs opérations aux genoux, au bassin... Il a fallu six ans pour me réhabiliter, il a fallu que je réapprenne à marcher. Mais, aujourd’hui, je suis en parfaite condition», raconte M. Flamand.

«Les médecins pensent que c’est mon excellente forme physique qui m’a tenu en vie, sinon je serais mort. Je ne serais pas ici. Je sortais des Forces armées alors j’avais une excellente forme physique. L’alcool n’est pas en cause, je ne consomme pas», ajoute-t-il.

Christian Flamand ne le cache pas, il était un maniaque de la vitesse et de la motoneige, un mélange explosif.

«J’étais dangereux pour moi et j’étais dangereux pour les autres. Cet accident-là m’a fait beaucoup réfléchir sur la pratique de la motoneige. J’appelle les gens à faire preuve de prudence. Dans les sentiers, on n’est jamais seul», insiste-t-il.

Pendant huit ans, l’Atikamekw n’est pas remonté sur une motoneige. Il l’a fait seulement il y a une dizaine d’années. Il a alors décidé d’abandonner les sentiers au profit de la motoneige hors-piste.

«Le hors-piste, c’était une façon de me réconcilier avec la motoneige», insiste-t-il.

Expédition Nitaskinan

C’est sans grande surprise que l’événement Expédition Nitaskinan, sur lequel travaille Christian Flamand depuis près de trois ans, sera une épreuve de hors-piste. Plus de 2500 kilomètres en neuf jours avec une équipe de soutien en cas de besoin. Ils seront au total quatorze participants à prendre le départ de cette aventure qui sera un test. On prévoit ouvrir l’inscription au grand public l’an prochain.

«Ce sera en neuf étapes. On veut aller explorer. On va voir les obstacles sur le terrain. On le fait aussi pour s’amuser. On en profite également pour faire un plan de marketing à travers ça».

Les motoneigistes prendront le départ à La Tuque et ils traverseront plusieurs régions. À chaque étape, ils participeront à des activités.

«On va faire la promotion de la motoneige aussi, c’est du tourisme sportif, mais aussi du tourisme culturel», note M. Flamand.

Ils ont choisi de se lancer dans cette aventure durant la semaine de relâche pour tenter de croiser le plus de gens possible sur leur route, que ce soit dans les chalets ou les pourvoiries. Un premier essai pour l’Expédition Nitaskinan et une tournée de promotion en quelque sorte.

«Il n’y a pas de gros événements comme celui-là depuis plusieurs années. On en parle beaucoup et on sent l’intérêt. Les gens nous posent beaucoup de questions, même les Européens s’y intéressent.»

Christian Flamand soutient que le défi est autant physique que psychologique. Il faudra beaucoup de concentration pour se rendre au fil d’arrivée, mais également des connaissances mécaniques, géographiques et de survie en forêt. Parce que les participants devront dormir dans des tentes et ils seront maîtres de leur nourriture et de leur essence. La notion de sécurité ne sera pas négligée pour autant. Toutes les mesures seront prises pour une expédition en toute sécurité. D’ailleurs, on insiste pour dire que ce n’est pas une compétition, mais bien une expédition.

«Dans le milieu de nulle part, l’effet panique peut embarquer facilement. Je l’ai déjà vécu dans le passé. Le but, c’est de créer un esprit de fraternité, de s’entraider entre nous. On doit aider ceux qui sont dans l’embarras. Il y a tout cet aspect humain aussi. [...] On va se promener dans le territoire ancestral. Le but n’est pas de faire de la propagande politique, c’est de dire que le territoire est à tout le monde et qu’on peut s’amuser ensemble en faisant des sports», a conclu Christian Flamand.