Alex Dorval, cofondateur de la microbrasserie Le Temps d’une pinte.

«C’est une drôle de coïncidence»

TROIS-RIVIÈRES — Alors que les discussions n’ont pas encore eu lieu entre le Regroupement des microbrasseries de la Mauricie et Molson Coors pour l’intégration de la microbrasserie Le Trou du Diable de Shawinigan à la Route des brasseurs, deux événements parallèles et semblables s’organisent samedi, soit la Soirée des brasseurs au Parc des Vétérans de Shawinigan ainsi que le Micro-festival de la bière indépendante au Temps d’une pinte à Trois-Rivières. Une coïncidence qui a causé de la déception chez les organisateurs de la Soirée des brasseurs.

En effet, la Soirée des brasseurs qu’organise pour une neuvième année consécutive le Trou du Diable, devra en quelques sortes compétitionner avec ce nouveau festival que les propriétaires du Temps d’une pinte viennent de mettre sur pied. Pour Louis-Philippe Laroche, directeur de la Soirée des brasseurs, ce n’est pas tant la crainte de perdre de la clientèle qui le fait réagir, plus que la déception de constater qu’on ait choisi exactement la même date.

«Je ne pense pas que ça va nécessairement nous nuire. Moi j’ai un festival à organiser et je vais apporter du monde à Shawinigan. Ce qui me dérange, c’est davantage le fait qu’on tienne en même temps deux activités brassicoles dans la région. On n’a que quatre événements brassicoles dans toute l’année en Mauricie, avec l’Aurore Boréale, le Festival brassicole de Trois-Rivières, celui de Saint-Casimir et la Soirée des Brasseurs. C’est une drôle de coïncidence que ce festival tombe en même temps que notre événement», note Louis-Philippe Laroche.

Alex Dorval, cofondateur de la microbrasserie Le Temps d’une pinte, se défend d’avoir voulu faire compétition à la Soirée des Brasseurs de Shawinigan en organisant le Micro-festival de la bière indépendante le même jour et aux mêmes heures que l’événement de Shawinigan.

Louis-Philippe Laroche, directeur de la Soirée des brasseurs .

«Il n’y avait pas beaucoup de dates de disponibles pour faire des festivals, il y a des gros festivals partout. Le but n’était pas de le faire en même temps pour nuire. Il y a des événements de bière partout dans la province chaque week-end. Au Temps d’une pinte, c’est plus un festival qu’on voulait organiser pour promouvoir la bière indépendante. On ne savait pas cette année s’il y allait avoir des marques des grands brasseurs à la Soirée des brasseurs, et il y a en effet plusieurs portefeuilles qui appartiennent à Molson et Labatt. On préférait faire nos propres événements», indique-t-il.

Pour Alex Dorval, c’était davantage une occasion de marquer le coup, alors que se tiennent de grands événements à Trois-Rivières qui ne proposent pas les produits des microbrasseries trifluviennes. «Le festival s’inscrit en marge de gros événements de notre ville. C’est le Grand Prix en fin de semaine, mais pourtant il n’y a pas de bière des microbrasseries de Trois-Rivières là-bas. Il n’y a pas de bière de Trois-Rivières à l’Amphithéâtre Cogeco pour le Cirque du Soleil. Notre événement fait la promotion des bières indépendantes pour que les gens se questionnent à savoir pourquoi dans ces événements-là, on n’encourage pas les microbrasseries locales», indique M. Dorval.

Une critique qui a fait réagir les organisations du Grand Prix et de l’Amphithéâtre Cogeco. «Parfois, il y a des impératifs commerciaux qui créent des situations qui ne peuvent plaire à tout le monde», constate Dominic Fugère, directeur général du Grand Prix de Trois-Rivières. Ce dernier rappelle que l’entente liant son événement à Molson Coors lui permet tout de même d’offrir des produits de la région, soit ceux du Trou du Diable. «Nous sommes extrêmement fiers de pouvoir offrir des produits de la région. Ce n’est pas vrai qu’on n’encourage pas les produits locaux», constate-t-il.

Même son de cloche pour Steve Dubé, directeur général de la Corporation des événements et de l’Amphithéâtre Cogeco. «On a un excellent partenariat avec Molson Coors. Ça reste une décision d’affaires. Mais dans ce partenariat, on propose aussi les produits du Trou du Diable. On a le meilleur des deux mondes parce qu’on peut encourager une entreprise de notre région. Ça répond à la demande. L’amphithéâtre Cogeco a une politique de développement durable, qui vise aussi à prioriser autant que possible des entreprises de la région. Et on retrouve plusieurs produits de la région à l’Amphithéâtre», ajoute-t-il.

Rencontre
Selon Alex Dorval, qui est aussi président du Regroupement des microbrasseries de la Mauricie, un contact sera fait sous peu avec les représentants de Molson Coors, propriétaires du Trou du Diable, afin de tenir une rencontre pour discuter de la Route des brasseurs. «Nous ce qu’on a entendu, c’est que Molson Coors étaient prêts à nous rencontrer. Nous on souhaite rencontrer les gens de Molson Coors d’abord. J’ai reçu la fiche contact de François Lefebvre, (N.D.L.R.: directeur des affaires corporatives pour Molson Coors) et on s’apprête à lui lancer une invitation pour se rencontrer officiellement», explique Alex Dorval, indiquant que le Regroupement souhaite également se rencontrer pour en discuter, mais que la période des vacances ralentit parfois le processus en raison des disponibilités de chacun.