«C’est une collaboration établie»

La Tuque — Dans six mois, l’entente unique et historique, dévoilée il y a quelques jours, donnera le plein contrôle des services de protection de la jeunesse aux Atikamekws pour les enfants des communautés de Wemotaci et de Manawan. D’ici là, les autorités concernées travailleront d’arrache-pied au transfert et à l’évaluation des dossiers.

«Pour nous, ce plan de transition s’inscrit dans un historique de collaboration qui a toujours existé», a lancé d’entrée de jeu Gina Landry, directrice de la protection de la jeunesse, directrice provinciale, pour le CIUSSS-MCQ.

Gina Landry

L’ensemble de la situation sera évalué au cas par cas. Autant les gens de la communauté que de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), souhaitent établir ce qui est d’abord dans l’intérêt de l’enfant. À Wemotaci, une trentaine de dossiers sont actifs, alors qu’on en compte quelque 80 dans la communauté de Manawan qui relève pour sa part des autorités de Lanaudière.

D’un côté comme de l’autre, on affirme que la collaboration va encore être offerte par la DPJ.

«S’il y a des besoins particuliers, des choses qui ne sont pas offertes dans la communauté, mais qui sont offertes dans la région limitrophe évidemment qu’on va être des partenaires de premier plan pour les enfants. L’ensemble des décisions qui vont être prises, les ententes qu’on va mettre en place et les moyens qu’on va regarder, c’est toujours pour s’assurer que les enfants reçoivent les services nécessaires», a indiqué Maryse Olivier, de la DPJ du CISSS de Lanaudière.

«C’est clair que je suis dans un état de sécurité, la DPJ ne décidera plus, mais la DPS (Direction de la protection sociale) et la DPJ seront toujours des collaborateurs», a ajouté Mme Landry.

Il faut dire que les Atikamekws travaillent pour avoir leur autonomie pour la protection de la jeunesse depuis des années. Un projet pilote est mené dans les communautés depuis plus de 10 ans. Il s’agit du Système d’intervention d’autorité atikamekw (SIAA).

«Même si la DPJ était imputable, les services se sont organisés. […] C’est là-dessus qu’on avait accepté d’ouvrir nos portes pour qu’ils participent à nos mécanismes, nos rencontres, nos événements… On est toujours dans un arrimage très étroit. On se voit régulièrement. C’est une collaboration établie. Nos professionnels se côtoient souvent également du côté de La Tuque. Ce sont des gens qui sont en concertation régulièrement, qui l’ont toujours été et qui vont continuer de l’être. On a cette chance-là d’être dans un état de confiance qui s’est bâti à travers le temps», a affirmé Gina Landry.

Cette dernière, tout comme les représentants de la DPJ dans Lanaudière, se réjouit de l’entente qui a été conclue à La Tuque en début de semaine. Mme Landry assure qu’elle et ses prédécesseurs ont toujours eu la croyance que les meilleures personnes pour s’occuper des enfants atikamekws étaient les gens des communautés.

«Ce sont eux qui connaissent bien la réalité, les valeurs et tout. Vraiment je trouve ça extrêmement positif comme entente. C’est une bonne nouvelle», a affirmé la directrice de la protection de la jeunesse, directrice provinciale, pour le CIUSSS-MCQ.

«On a parlé beaucoup de maintenir les enfants sur la communauté, c’est une approche qu’on a depuis des années. On ne souhaite pas que ces enfants-là soient déracinés […] C’est une continuité de ce qui s’est installé dans les dernières années et c’est une excellente nouvelle pour les enfants atikamekws», a ajouté Maryse Olivier, de la DPJ du CISSS de Lanaudière.

Cette dernière a tout de même voulu spécifier qu’il n’y avait pas d’enfants autochtones placés hors communauté sans l’accord des parents.