La salle de bain est dans un état lamentable.

«C’est un cauchemar»

LA TUQUE — Déchets éventrés sur le sol, trou dans les murs, canettes de bière éparpillées, toilette bouchée… Des propriétaires de La Tuque ont eu une bien mauvaise surprise en ouvrant la porte d’un de leurs appartements plus tôt cette semaine. Le logement de la rue Saint-Louis occupé par un homme d’une trentaine d’années est dans un état d’insalubrité déconcertant.

Avant même de pouvoir se faire une idée du spectacle désolant qui se trouvait derrière la porte, l’odeur annonçait bien que quelque chose ne tournait pas rond à l’intérieur des murs du logement transformé en véritable dépotoir. Ce sont les locataires aux alentours qui ont sonné l’alarme.

«Les gens au-dessus nous ont dit que ça puait énormément… On est arrivés, il n’y avait plus de poignée de porte, il fallait ouvrir avec un tournevis. Et là, la catastrophe nous attendait… C’est un cauchemar. […] Là, on va le mettre dehors et il va aller faire ça ailleurs, c’est ça qu’on ne veut pas qui arrive», a lancé Mélany Thiffaut.

Les déchets sur le sol sont nombreux.

«Ça va nous coûter 3000 $, 4000 $, 5000 $ tout est à refaire, le plancher, les murs, le plafond, la toilette, tout est fini. C’est nous qui devons payer. Pour eux autres, la vie est belle. Ils sont sur le bien-être, la vie est belle et nous on fait rire de nous autres», déplore la propriétaire.

C’est déjà arrivé par le passé que des locataires aient laissé leur logement dans un état plus ou moins acceptable, mais là, pour les propriétaires ça dépasse les bornes. Comble du malheur, l’appartement était loué meublé.

«J’ai vu des affaires dans ma vie, mais là… Imaginez la scène, la moisissure, des bibittes peut-être? Est-ce qu’on va devoir appeler un exterminateur? Il faut un masque à gaz quasiment pour entrer. C’est inimaginable. On doit tout jeter».

Le locataire du logement situé sur la rue Saint-Louis a fait plusieurs trous dans les murs et les plafonds.

Les propriétaires ont demandé au locataire de quitter les lieux sur-le-champ. Ils étaient incapables de confirmer si l’individu avait quitté ou non au moment d’écrire ces lignes. Dans le cas contraire, des procédures seront entreprises à la Régie du logement.

«Les propriétaires n’ont pas de moyens pour avoir un remboursement pour les travaux. […] Là, on va se présenter à la Régie et ça va prendre des mois et des mois. Pendant ce temps-là, on va encore perdre de l’argent. Resteriez-vous là-dedans? Les gens cherchent des logements en ville. On a de la misère à louer les autres à côté, ça sent le diable.»

«On voulait acheter un autre bloc, il n’y a pas si longtemps. Maintenant, c’est plus vendre celui qu’on a qui nous tente», lance Mme Thiffaut.

Le locataire a fait plusieurs trous dans les murs et les plafonds.

La Ville de La Tuque a confirmé avoir reçu une plainte pour cette adresse via Info-Service en date du 30 avril. Le document a été acheminé au Service incendie.

«Considérant l’état de la situation, considérant les faits qui nous ont été rapportés, ils vont faire une inspection du bâtiment, de concert avec les inspecteurs municipaux», a indiqué le greffier de la Ville, Jean-Sébastien Poirier. «Si ça s’apparente à une personne qui amasse de façon compulsive des nuisances ou des objets à l’intérieur d’un bâtiment, communément appelé un syndrome de Diogène, on a signé une entente avec le CIUSSS pour prendre en charge ces gens-là. […] Il y a différentes actions qui peuvent être posées à ce moment-là avec différents partenaires pour essayer de régler la situation», a-t-il conclu.