Selon la directrice générale par intérim des Délices d'automne, du Marché de Noël et du Comiqu'art, se sont des irrégularités dans la gestion du Comiqu'art par l'ancienne administration qui ont mené à un déficit de 200 000 $.

«C'est le Comiqu'art qui a généré un énorme déficit»

La directrice générale par intérim des Délices d'automne, du Marché de Noël et du Comiqu'art, Marie-Ève Verlaan, se désole de voir de quelle façon les décisions ont été prises dans le dossier des trois événements. En entrevue au Nouvelliste, mardi matin, Mme Verlaan a tenu à rectifier les faits, et estime que son administration, arrivée en poste il y a moins d'un an, a tout tenté pour redresser la situation financière.
«C'est le Comiqu'art qui a généré un énorme déficit. On a découvert qu'il y avait plus de 200 000 $ de déficit juste pour cet événement. Sauf que présentement, on donne l'impression que les trois événements sont déficitaires et que tout est mal géré», déplore-t-elle.
Marie-Ève Verlaan est arrivée en poste à la fin du mois d'avril dernier. C'est lorsqu'elle a pris connaissance des états financiers des éditions 2012 et antérieures laissés par l'ancienne administration qu'elle a compris l'ampleur de la tâche à accomplir.
«C'est comme si, au lieu d'assumer le déficit du Comiqu'art, l'ancienne administration avait assumé les déficits via le budget des Délices d'automne. On a retrouvé des factures qui n'avaient pas été approuvées par le conseil d'administration, des contrats qui n'avaient pas non plus été approuvés. Le bilan financier qui a été présenté en 2012, ce n'était pas les bons chiffres. Le conseil d'administration a fait confiance et a approuvé des chiffres qui étaient erronés», signale-t-elle.
Mme Verlaan affirme avoir assuré la pérennité des Délices d'automne et du Marché de Noël, deux événements qui, l'an dernier, n'ont pas été déficitaires, et ont même généré un bon profit dans le cas des Délices d'automne.
«On a essayé de se sortir la tête de l'eau, mais à toutes les semaines, on découvrait de nouvelles affaires. Les deux événements ont toujours été en bonne santé financière, mais le Comiqu'art n'allait pas bien et de la manière dont les choses ont été faites, ça nuit aux deux autres événements», explique-t-elle.
Le président par intérim du conseil d'administration, Youri Long, appuie les propos de sa directrice générale, affirmant que l'actuelle administration n'a jamais pu avoir accès à toute la documentation nécessaire pour reprendre le flambeau, au printemps dernier. «L'ordinateur avait été reformaté, tout était mêlé et compliqué, les chiffres n'étaient pas les bons», énumère M. Long.
La directrice générale par intérim n'a pas voulu personnaliser le débat et a préféré parler de l'ancienne administration sans vouloir mettre la faute sur une seule personne en particulier.
Elle déplore toutefois que la Ville n'ait pas avisé son équipe avant que le conseil ne vote, lundi soir, des résolutions disant qu'elle ne se porterait plus garante de nouvelles marges de crédit, et annonçant du même coup la fin du Comiqu'art, l'envoi de la gestion des Délices d'automne à la Corporation de l'amphithéâtre et laissant planer le doute sur l'avenir du Marché de Noël.
«On a travaillé tellement fort. On a à coeur ces événements-là, et on fait tout pour se sortir la tête de l'eau. On s'est même rendus malades avec ça. Et là, on n'a même pas reçu un appel ou une lettre de la Ville pour nous annoncer cette décision. On l'a appris en même temps que tout le monde», a-t-elle confié, très émotive.
En après-midi mardi, elle a rencontré la Ville pour faire le point sur la suite des événements. «Pour le bien de l'événement, il a été décidé qu'il s'en irait sous la gestion de la Corporation de l'amphithéâtre», a-t-elle confirmé plus tard en soirée, ajoutant du même coup qu'elle se joindrait à cette équipe pour continuer de faire rouler l'événement. «Je vais assurer le suivi et l'expertise pour que les Délices d'automne continuent d'être un succès», ajoute Marie-Ève Verlaan.
Le Nouvelliste a joint l'ancien directeur général des trois événements, Pierre Jackson, pour obtenir ses commentaires et quelques éclaircissements, mais M. Jackson a préféré ne pas commenter. Étant présentement en traitement pour un cancer, M. Jackson a affirmé ne pas avoir pu prendre connaissance de toute la documentation depuis son départ en congé de maladie au printemps dernier, et a dit préférer concentrer ses énergies sur sa santé.