Les militaires sont partout au Maroc et c'est devenu dangereux pour les étrangers, insiste des voyageurs revenus d'Afrique samedi soir.

«C’est devenu dangereux de circuler pour les étrangers»

TROIS-RIVIÈRES — À l’instar de Linda Chandonnet et Alain Léger, Jeanne Charbonneau et Christian Avila Tovar, un couple de Shawinigan, étaient à bord de l’avion d’Air Canada qui a ramené plus de 400 Canadiens du Maroc, samedi. Ils ont cependant laissé derrière eux des centaines d’autres de leurs concitoyens qui ne savent toujours pas quand ils pourront à nouveau fouler le sol canadien. Et plus le temps passe, plus leur situation devient critique, prévient Mme Charbonneau.

«Les gens (au Canada) ne sont pas conscients de la gravité de la situation là-bas. Les gens de notre ‘’guesthouse’’ nous ont dit de ne pas leur envoyer de nouveaux clients parce qu’ils ne peuvent plus en accepter. Le quartier est entouré de militaires et c’est devenu dangereux pour les étrangers de circuler. Les locaux paniquent, ils écoutent n’importe quelle rumeur», illustre-t-elle.

Même si elle a pu rentrer à Montréal, samedi, Mme Charbonneau ne peut s’empêcher de penser à ceux qui n’ont pas eu la même chance qu’elle. Parmi ces personnes se trouvent des personnes âgées, des gens à la santé fragile, des mères et leur nourrisson, des gens qui sont au bout de leurs ressources, explique-t-elle.

«Une maman qui attendait à l’aéroport n’avait plus de lait pour son bébé. Elle n’a pas pu embarquer et elle m’envoie des appels à l’aide. Ça me fend le cœur», soutient Mme Charbonneau.

Celle-ci exhorte le gouvernement canadien à rapatrier le plus rapidement possible les Canadiens qui sont encore coincés au Maroc.

«Les gens sont sans nourriture, sans logement, sans médicaments. L’ambassade canadienne les fait courir à travers des zones de danger, les mettant à risque d’être contaminés, pour tenter de réserver un vol et maintenant, les gens font la queue à l’aéroport et il n’y a aucune mesure d’hygiène. Les gens ne dorment pas pour rafraîchir leur boîte courriel en attendant les messages de l’ambassade. C’est complètement désorganisé», critique-t-elle. «Il faut un engagement ferme du gouvernement de rapatrier tout le monde, même ceux qui sont malades. Il faut rassurer les gens qui sont encore là-bas et qui sont au bord de la crise cardiaque», plaide-t-elle.