Les paramédics de La Tuque Danick Filion, Geneviève Adams, Sandra Ouellet, Myriam Frigon, Kevin Bernier et Shane Lynch étaient déçus de ne pas faire partie des annonces du ministre Barrette.

«C’est de l’incompréhension totale»

LA TUQUE — Déception, découragement, incompréhension… Alors qu’on se réjouissait à Sainte-Thècle, Manawan, Plessisville et Manseau, les paramédics de La Tuque eux manquaient de qualificatifs pour démontrer leur frustration d’avoir «encore une autre fois passé en dessous de la table» lors des dernières annonces du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, concernant les services ambulanciers.

«On est découragé, frustré… On trouve que c’est injuste pour nous, mais surtout pour la population de La Tuque. On se demande toujours pourquoi on nous fait passer notre tour. Ça fait trois fois qu’on est ignoré lors des investissements. On se demande ce qu’il se passe au niveau des dirigeants. Il y a des endroits où le service est beaucoup moins utilisé que chez nous, et ils ont eu des horaires à l’heure. On respecte les ratios, mais il faut se battre encore», a lancé Shane Lynch, paramédic et représentant du syndicat à La Tuque.

Rappelons que le ministre de la Santé a annoncé 20,5 M$ pour intensifier la couverture ambulancière dans la province. Trois horaires de faction ont été transformés en horaire à l’heure en Mauricie et Centre-du-Québec, soit deux à Plessisville et une à Sainte-Thècle et Manseau.

«À chaque fois, il y a une excuse, vous n’êtes pas dans les standards, vous n’êtes pas dans les ratios, il n’y a pas d’argent. Ça fait trois fois qu’ils font des investissements et on est dans les ratios, qu’est-ce qu’il faut de plus. On ne comprend plus comment ça fonctionne. Il tire au hasard dans un chapeau?», s’est questionné Shane Lynch.

Une rencontre a eu lieu entre le syndicat et la députée de Laviolette pas plus tard qu’en début de semaine concernant le dossier. Les paramédics assurent qu’ils vont continuer de mettre de la pression et qu’ils vont multiplier les sorties publiques.

«On n’était vraiment pas content d’apprendre ça. C’est de l’incompréhension totale, une claque en pleine face […] Mme Boulet va devoir s’expliquer. On va être là pour montrer notre insatisfaction, et s’il le faut, on va bouger plus. L’inaction de la députée risque d’amener d’autres problématiques pour les gens de La Tuque notamment au niveau des employés. Il va y avoir des actions concrètes qui seront faites prochainement, on va continuer à se battre», a lancé Michel Beaumier, président du Syndicat des paramédics du Cœur du Québec.

«On ne lâchera pas le morceau, ça fait plus de 10 ans qu’on se bat pour ça. On va continuer. On ne demande pas la lune, on demande le minimum», a ajouté Shane Lynch.

Les travailleurs de La Tuque insistent également sur les appuis qu’ils reçoivent depuis les derniers mois, qui selon eux, prouvent que le problème est persistant et qu’il y a urgence d’agir. Les paramédics ont effectué près de 170 sorties lors du mois de février. «Ça fait longtemps que la BTAQ se bat pour les horaires. On est la plus grosse ville au Québec en horaire de faction. Il n’y a pas d’ambulance prête à partir, et c’est la population qui paie pour ça. Il y a des dizaines et des dizaines de situations tristes qui se passent en raison des services», soutient M. Lynch.

À une centaine de kilomètres de La Tuque, la petite municipalité de Sainte-Thècle a pour sa part obtenu ce pour quoi militent les ambulanciers latuquois. Chez Ambulance St-Amand & Fils, on se réjouissait évidemment de l’annonce. Là aussi, on réclamait des horaires à l’heure depuis plus de 10 ans.

«On est très content. Pour une fois, je crois qu’ils sont allés avec de vrais chiffres. Il y avait des dépassements d’horaire, on était au-delà de 100%. C’est un grand soulagement. On va enfin respirer parce que la charge de travail était devenue pesante. On a enfin été entendu. […] On va doubler les employés à temps plein, ce n’est pas rien. Ça amène du travail dans une région où il n’y en a pas beaucoup», a commenté une des propriétaires Chantal St-Amand.

Les paramédics de La Tuque comprennent évidemment leur joie et leur satisfaction, mais ils continuent d’espérer que leur tour arrivera bientôt. «On ne peut pas leur en vouloir. Cet horaire-là n’a aucun bon sens,il devrait être aboli partout […] Comment peuvent-ils laisser ça en place en connaissant les délais et les risques que ça amène. C’est totalement irresponsable pour sauver de l’argent. Ils mettent carrément la vie des citoyens en danger», a lancé l’ambulancière Geneviève Adams.

Ajout d’un service ambulancier à Manawan
La communauté atikamekw de Manawan pour sa part se réjouissait du renforcement de la couverture ambulancière annoncée. Le secteur de Manawan se voit octroyer un service ambulancier sur place et bénéficiera d’un investissement de plus de 1,2 M$.

«Le ministre a pris la décision qui s’imposait, au nom de l’équité et de la justice. Le service à distance qui était offert jusqu’ici ne suffisait tout simplement plus. Ainsi, c’est toute la région qui pourra bénéficier de cette décision alors que l’ambulance déployée pour venir dans la communauté n’était alors plus disponible durant de nombreuses heures pour le reste de la population. En plus d’assurer notre sécurité, la présence d’une ambulance à Manawan permettra assurément d’agir plus tôt dans les moments les plus critiques et pourra potentiellement sauver des vies», a déclaré le chef de Manawan, Jean-Roch Ottawa.